
Voyage dans
l’espace et le temps, servi par des images exceptionnelles, ce documentaire
propose de vivre aux spectateurs un
moment d’histoire retracé comme un conte…
En 259 avant J.-C, un garçon est né
à Handan,
une ville antique en Chine nordique. Ses premiers cris
n’étaient aucunement différents de ceux d’aucun autre bébé, pourtant, trois
décennies se sont écoulées, il est devenu l’homme qui a crée un nouveau monde
et a gravé son nom, pour toujours, sur les pages de l’histoire. De son vrai nom
Zheng Ying, le premier empereur chinois est resté dans l'Histoire sous le nom
de Qin Shi Huang, qui signifie «Premier empereur Qin» en chinois. Le nom de sa dynastie Qin, qui se prononce "Tchin",
a donné naissance au nom de la Chine.
Naissance d’une nation
Qin Shi
Huang accéda au trône du royaume Qin à l'âge de 13 ans, en 247 avant J.-C et à 25 ans, il parvint à
conquérir les différentes principautés, créant un empire qui dura plus de 2000
ans.
Le pays de Qin fait partie des
multiples principautés qui se déchirent à l’époque. Chaque gouverneur s'étant
créé de véritables petits royaumes, ils finiront par entrer dans une longue
période de guerre à partir du 5ième siècle. Cette période sera
appelée "les royaumes
combattants". Ces guerres se termineront en 221 avant J-C. En
effet, le royaume de Qin s'est finalement imposé. Il a réalisé l'unité des sept
royaumes en les annexant après avoir lancé ses guerriers, pour lesquels il a
généralisé l'emploi de l'arbalète, à l'assaut des États voisins (de Han, de
Zhao, de Wei, de Chu, de Yan et de Qi). Naît alors l'empire de Qin, unifié et
centralisé, marquant remarquablement l'histoire et la civilisation cinq fois
millénaire de ce pays. Cet empire est immense, grand comme l'Europe et il s'étend de l'Asie centrale à la mer
de Chine méridionale
Un bâtisseur infatigable
L’unification
territoriale de la Chine fut suivie d’un travail d’unification politique et
sociale, intellectuelle aussi, qui n’est pas la partie la moins remarquable de
l’œuvre de Qin Shi Huang. Personnalité hors paire, Qin Shi Huang ne fut pas
seulement un conquérant, mais aussi un administrateur de génie.
Considéré comme un réformateur
radical et tyrannique, il imposera un certain nombre de réformes comme le
découpage administratif des territoires autour d'un pouvoir centralisé.
Jusqu’au 20ième siècle, la Chine
n’a jamais pu se débarrasser de ses douanes intérieures. Seul Qin Shi Huang
aura eu l’idée de détruire ces barrières. Il a rendu les communications
possibles entre provinces et remplace les anciennes subdivisions par 36
gouvernements sous l'autorité d'un gouverneur civil, d'un gouverneur militaire
et d'un intendant.
Dans
d’autres domaines, il a réalisé quatre grandes unifications, dont
- La monnaie ![]()
- Les systèmes de mesure
- L'écartement des essieux
- L'écriture (en Chine,
où l'on parle encore aujourd'hui de multiples langues,les
idéogrammes restent le principal facteur d'unité)
Qin Shi Huang est aussi un administrateur génial assurant la
puissance de l'empire par une économie florissante, une culture brillante et un
essor de la science. Il privilégie l'agriculture et lance par ailleurs de gigantesques travaux de génie civil et
multiplie les canaux d'irrigation pour prévenir sécheresses et famines, 2000
kilomètres de voies d’eau navigables pour les transferts militaire et
commercial. Beaucoup de ces canaux sont encore en service dans la Chine moderne.
Tant sur les plans militaire et
artistique qu'avec des objets du quotidien, tels ces vases en bronze qui à l'instar des
armes de même alliage mises au jour, brillent comme au temps des Qin. Les
scientifiques chinois de l'époque avaient découvert des techniques
anticorrosion utilisées à la surface du bronze. Ils employaient un sel de
chrome fabriqué par oxydation pour protéger de la corrosion. " Un
procédé redécouvert seulement en 1937 par les Allemands ", relève
Jean-Paul Desroches.

Contre la menace permanente
d'invasions mongoles, il entreprend de réunir en une ligne continue les
fortifications éparses des confins septentrionaux de la Chine. C’est ainsi
qu’au prix d’efforts immenses, la Chine achève cette merveille
titanesque : La Grande muraille, le plus long monument crée de main
d’homme.
La Grande muraille a aidé Qin Shi Huang
à protéger le pays et ses habitants. De plus, elle a permis d’avoir une grande
force défensive à la frontière et de préserver les richesses comme
l’agriculture. Elle était aussi une route de commerce et jouait un rôle
important dans les échanges culturels, le transport à l’ouest et le
développement des frontières.

À la recherche
de l’immortalité
Obsédé par la quête de
l'immortalité, Qin Shi Huang consulte en vain mages et médecins. Il envoie même
une puissante expédition navale à la recherche d'un légendaire pays de
l'immortalité. On n'aura jamais de nouvelles des milliers de personnes
engagées dans l'expédition.
Le flair politique et la capacité
incroyable de Qin Shi Huang étaient légendaires, tout comme sa peur de la mort : il ne couchait jamais deux
fois dans la même pièce de peur que les esprits du mal ne le tuent durant son
sommeil. C'est cette peur morbide qui serait à l'origine de la conception du
grand mausolée. Qin Shi Huang mourut en
210 avant J.-C. Il fut enterré, conformément à sa volonté, près de la ville de
Xi’an. Ce ne fut qu’après 22 siècles que le tombeau de Qin Shi Huang émerge de
l’ombre. Les archéologues trouvent un trésor extraordinaire : une armée de
7000 guerriers et de chevaux de terre cuite, grandeur nature dans un
gigantesque fossé d’environ 500 mètres de côté et d’une profondeur de plus de 30
mètres fut creusé en terrasse. Les dimensions du palais souterrains sont
l'équivalent de 40 terrains de basket-ball réunis.
La dynastie de Qin qui devait durer
<<pendant 10000 générations>> prend fin 4 ans seulement après le
mort de l’empereur. En revanche, le régime impérial qu’il a crée a survécu
pendant plus de 2000 ans, ce qui en fait le système politique le
plus durable au monde. Toute sa vie, l’empereur Qin Shi Huang était occupé à
créer des merveilles et a été décrit comme ‘’l’empereur le plus exceptionnel
pendant mille années’’. << Il a réuni pour la première fois le
monde>>, dit magnifiquement l’inscription de Tai shan. << Il a
renversé et détruit les remparts intérieurs>>, dit l’inscription de Kie
che. << Il a réglé et égalisé les lois, les mesures et les étalons qui
servent à tous les êtres, dit la stèle de Lang ya; il a mis l’ordre dans la
terre orientale, il a supprimé les batailles>>--formule d’une Pax Sinica équivalente, pour
l’Extrême-Asie, à ce que la Pax Romana
pour le monde méditerranéen. Au chef aspirant, il sert de modèle d’un homme qui
n’avait pas peur de visualiser et se permettre de grands rêves et travailler
inlassablement toute sa vie pour réaliser ses rêves, pas seulement pour son
propre avantage, mais au profit de sa nation entière.
Références et liens
intéressants :
En français :
René Grousset. Histoire de la Chine Éditions Payot & Rivages. 1994
www.humanite.presse.fr/journal/2001/2001-08/2001-08-04/2001-08-04-029.html
http://citequizz.free.fr/muraille.htm
En anglais :
www.the-personal-development-workshop.com/halloffame/qin_shi_huang.htm
En chinois :
http://home.pchome.com.tw/life/wjzpw/firstking/firstking.htm
Portrait réalisé par Ying Lin
dans le cadre du cours GIE-64375 ‘‘ Relations humaines dans les
affaires internationales’’, programme de MBA gestion internationale de
l’Université Laval, professeur Gérard Verna