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Idi Amin est né à Arua, zone excentrée de l'Ouganda, dans une famille de paysans appartenant à
la communauté musulmane des Kakwas. L'année exacte de sa naissance reste
inconnue mais les sources s'accordent pour dire qu'elle se situerait
entre 1923 et 1928 et qu'il célébrerait son anniversaire le 1er
janvier.
Son père, Andreas Nyabire, est né en 1889 dans la
tribu des Kakwas. Il a été longtemps soldat au Soudan et il est
retourné en Ouganda après s'être converti à l'Islam en 1910,
devenant ainsi Amin Dada. Il est mort en 1976.
Sa mère, Assa Aatte, est née en 1904 dans la tribu
Lugbara. Elle était reconnue pour son utilisation
de la sorcellerie. Peu de temps après la naissance d'Amin Dada, ses
parents se sont séparés et c'est auprès de sa mère qu’il a grandi à
Jinja. Elle est décédée en 1970.
Durant son enfance, Amin Dada reçoit peu
d'éducation formelle mais il excelle dans le sport. Il n'est pas
particulièrement intelligent mais il est très malin.
Sa carrière
En 1946, il entre dans l'armée coloniale
britannique comme soldat dans les «King's African Rifles». Quelques
années plus tard, il participe avec eux à l'écrasement de la révolte
des Mau-Mau au Kenya (1952-1956). Il se fait remarquer
pour sa cruauté. Il devient également champion de boxe poids lourds
de l'Ouganda en 1951, titre qu'il conservera jusqu'en 1960.
Les années 50 signifiant l'approche des
indépendances pour les colonies africaines et du même coup, de
l'africanisation. Ainsi, les officiers britanniques et français,
dans une pensée colonialiste, font grader des caporaux ou des
sergents pas trop malins aux rangs de colonel ou bien de généraux.
Amin Dada devient ainsi lieutenant en 1961. C'est l'un des premiers
ougandais à accéder à ce poste. Il a déjà la réputation d'être un
soldat obéissant et est réputé pour son utilisation excessive de la
violence et de sa brutalité lors d'interrogations. Il aime
commander, dominer et utiliser la peur.
En 1962, l'Ouganda fête son indépendance et Amin
Dada est promu au poste de général et de vice-commandant en chef des
armées. Cette promotion est orchestrée par les britanniques qui
désiraient conserver un certain contrôle dans le pays.
Amin Dada grimpe rapidement les échelons de la
hiérarchie militaire ougandaise. En 1966, il se voit nommer chef
d'état-major par le Premier ministre ougandais: Milton Obote. Amin Dada renforce son pouvoir au
sein de l'armée en recrutant des membres de sa tribu et en
développant des liens avec des officiers étrangers. Cependant, ses
relations avec Obote se détériorent et Obote le soupçonne de
détourner des fonds de l'armée.
Sa prise de pouvoir
Prenant connaissance de la volonté d'Obote de
l'écarter pour sa tendance à la corruption et à la brutalité, Amin
Dada organise un coup d'état surprise et meurtrier, en 1971, pour
renverser le gouvernement d'Obote. Il accède ainsi au pouvoir alors
qu'Obote participait à une rencontre du Commonwealth à Singapour et
instaure son régime dictatorial. Il se déclare alors lui-même: « His
Excellency President for Life, Field Marshal Al Hadji Doctor Idi
Amin, VC, DSO, MC, Lord of All the Beasts of the Earth and Fishes of
the Sea, and Conqueror of the British Empire in Africa in General
and Uganda in Particular. »[1]
La population ougandaise et la communauté
internationale reconnaissent immédiatement son pouvoir.

Son règne
Obote se réfugie en Tanzanie d'où il essayera de
regagner, sans succès, le pouvoir de son pays par un coup d'État, en
1972. Il se fera aidé par des leaders militaires alliés de l'armée
ougandaise faisant principalement partie des groupes ethniques
Acholi et Lango. Amin Dada riposte alors en bombardant la Tanzanie
et en éliminant de l'armée les officiers Acholi et Lango. À la suite
de ces événements, Amin Dada augmente son degré de paranoïa et la
violence ethnique monte dramatiquement.
En 1972, Amin Dada déclare la guerre économique à
la population asiatique résidant en Ouganda car elle domine alors le
commerce, le secteur manufacturier et une bonne proportion des
services civils. Il affirme que Dieu lui a demandé de les chasser.
Ayant une fascination pour Adolf Hitler, il expulse du pays, en
moins de trois mois, environ 70 000 indo-pakistanais résidant en
Ouganda ainsi que de nombreux juifs. Amin Dada nationalise plusieurs
entreprises. Il s'en suivra une grave crise économique.

Amin Dada est alors considéré par la presse
internationale comme un leader charismatique et un chef de file
concernant l'indépendance africaine. En 1975, il devient président
de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA).
«En 1976, Israël l'accuse de soutenir les pirates
de l'air palestiniens responsables à l'aéroport d'Entebbe, dans le
centre du pays, du détournement d'un Airbus d'Air France avec à bord
plus de 100 passagers, juifs pour la plupart.»[2]
Israël envoi un raid militaire sur Entebbe et, par le fait même,
inflige une sévère correction à Amin Dada qui se sent humilié par
cette intervention. Son pouvoir s'essouffle peu à peu.
En octobre 1978, Amin Dada envoi des troupes
envahir la Tanzanie. En janvier 1979, Milton Obote, l'ancien
président ougandais renversé par Amin Dada et exilé en Tanzanie,
appelle à l'insurrection. Trois mois plus tard, Idi Amin Dada est
renversé par le Front national de libération de l'Ouganda (FNLO) et
l'armée tanzanienne.

Son exil
Idi Amin Dada prend la fuite, en 1979, avec ses
quatre femmes et ses enfants pour se réfugier d'abord en Lybie puis
en Arabie Saoudite en tant que réfugié politique. L'Arabie Saoudite
le remercie d'avoir contribué à la propagation de l'Islam en lui
fournissant une villa et lui assurant une vie confortable.
Idi Amin Dada est décédé le 16 août 2003 à Djedda,
en Arabie Saoudite, à l'âge de 78 ans.
Les réactions face à sa mort
La nouvelle de sa mort a été ressentie de manière
partagée en Ouganda. Certains conservent l'image d'un dictateur
cinglé et sanguinaire, réprimant toute opposition politique,
intellectuelle ou tribale. D'autres, le considère comme étant le
père de l'africanisation de l'économie ougandaise.
Le nombre exact d'Ougandais ayant trouvé la mort ou
ayant été portés disparus durant son régime ne pourra jamais être
exactement déterminé. Par contre, selon les sources, les estimations
varient entre 80 000 et 500 000 victimes. Idi Amin Dada
n'aura jamais eu à rendre compte devant un tribunal international
pour ses supposés abus commis envers les droits de l'Homme.
Quoi que l'on pense de cet homme, il semble
posséder une espèce de puissance primitive, un magnétisme naturel.
Il est très difficile de décrire le personnage. Comme le mentionne
Eric Wiedeman: «Énorme dans le burlesque, dans la vantardise et dans
la cruauté, Idi Amin Dada intrigue, déclenche l'hilarité, irrite,
inquiète, terrorise. ».

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« Je n'agis que sur ordre de Dieu. Ce n'est
pas moi qui parle, mais la vérité.» |
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- Idi Amin Dada |
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Bibliographie
Livres
MELADY, Thomas et Margaret (1977). Idi Amin Dada: Hitler in
Africa, Éditions Sheed Andrews and McMeel, Kansas City.
MERLE, Pierre (1978). Amin Dada ou les sombres exploits d'un
sergent de l'armée britannique, Éditions Régine Desforges,
Paris.
PRUNIER, Gérard (1990). L'Ouganda et la question indienne
(1896-1972), Éditions Recherche sur les Civilisations, Paris.
ROPA, Denis L. (1995). Qui est Idi Amin Dada?, Éditions
l'Harmattan, Paris.
WIEDEMANN, Eric (1977). Amin Dada, Éditions Presses Select,
Montréal.
Sites Internet
[1]
http://www.africanhistory.about.com/library/biographies/blbio-amin.htm
, consulté le 2004-02-24.
http://www.monitor.co.ug/specialincludes/ugprsd/amin/articles/index.php
, consulté le 2004-03-01.
http://www.cyber-flag.net/Html/Ouganda.htm ,
consulté le 2004-02-24.
[2] http://www.ufctogo.com/article.php3?id_article=84
, consulté le 2004-02-26.
http://fr.encyclopedia.yahoo.com/, consulté le
2004-03-01.
Photos et images
http://www.cyber-flag.net/Html/Ouganda.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Idi_Amin
http://www.wehaitians.com/idi%20amin%20dada%20a%20sadistic%20dictator.html
http://www.moreorless.au.com/killers/amin.htm
Portrait réalisé par Mireille
Ouellet dans le cadre du cours GIE-64375 "Relations humaines dans les affaires
internationales", Programme de MBA en gestion internationale de l'Université Laval,
Professeur Gérard Verna.
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