IDI AMIN DADA
192X-2003

Ses origines

Sa carrière

Sa prise de pouvoir

Son règne

Son exil

Les réactions face à sa mort

Bibliographie

Ses origines

Idi Amin est né à Arua, zone excentrée de l'Ouganda, dans une famille de paysans appartenant à la communauté musulmane des Kakwas. L'année exacte de sa naissance reste inconnue mais les sources s'accordent pour dire qu'elle se situerait entre 1923 et 1928 et qu'il célébrerait son anniversaire le 1er janvier.

Son père, Andreas Nyabire, est né en 1889 dans la tribu des Kakwas. Il a été longtemps soldat au Soudan et il est retourné en Ouganda après s'être converti à l'Islam en 1910, devenant ainsi Amin Dada. Il est mort en 1976.

Sa mère, Assa Aatte, est née en 1904 dans la tribu Lugbara. Elle était reconnue pour son utilisation de la sorcellerie. Peu de temps après la naissance d'Amin Dada, ses parents se sont séparés et c'est auprès de sa mère qu’il a grandi à Jinja. Elle est décédée en 1970.

Durant son enfance, Amin Dada reçoit peu d'éducation formelle mais il excelle dans le sport. Il n'est pas particulièrement intelligent mais il est très malin.


Sa carrière

En 1946, il entre dans l'armée coloniale britannique comme soldat dans les «King's African Rifles». Quelques années plus tard, il participe avec eux à l'écrasement de la révolte des Mau-Mau au Kenya (1952-1956). Il se fait remarquer pour sa cruauté. Il devient également champion de boxe poids lourds de l'Ouganda en 1951, titre qu'il conservera jusqu'en 1960.

Les années 50 signifiant l'approche des indépendances pour les colonies africaines et du même coup, de l'africanisation. Ainsi, les officiers britanniques et français, dans une pensée colonialiste, font grader des caporaux ou des sergents pas trop malins aux rangs de colonel ou bien de généraux. Amin Dada devient ainsi lieutenant en 1961. C'est l'un des premiers ougandais à accéder à ce poste. Il a déjà la réputation d'être un soldat obéissant et est réputé pour son utilisation excessive de la violence et de sa brutalité lors d'interrogations. Il aime commander, dominer et utiliser la peur.

En 1962, l'Ouganda fête son indépendance et Amin Dada est promu au poste de général et de vice-commandant en chef des armées. Cette promotion est orchestrée par les britanniques qui désiraient conserver un certain contrôle dans le pays.

Amin Dada grimpe rapidement les échelons de la hiérarchie militaire ougandaise. En 1966, il se voit nommer chef d'état-major par le Premier ministre ougandais: Milton Obote. Amin Dada renforce son pouvoir au sein de l'armée en recrutant des membres de sa tribu et en développant des liens avec des officiers étrangers. Cependant, ses relations avec Obote se détériorent et Obote le soupçonne de détourner des fonds de l'armée.

Sa prise de pouvoir

Prenant connaissance de la volonté d'Obote de l'écarter pour sa tendance à la corruption et à la brutalité, Amin Dada organise un coup d'état surprise et meurtrier, en 1971, pour renverser le gouvernement d'Obote. Il accède ainsi au pouvoir alors qu'Obote participait à une rencontre du Commonwealth à Singapour et instaure son régime dictatorial. Il se déclare alors lui-même: « His Excellency President for Life, Field Marshal Al Hadji Doctor Idi Amin, VC, DSO, MC, Lord of All the Beasts of the Earth and Fishes of the Sea, and Conqueror of the British Empire in Africa in General and Uganda in Particular. »[1]

La population ougandaise et la communauté internationale reconnaissent immédiatement son pouvoir.

Son règne

Obote se réfugie en Tanzanie d'où il essayera de regagner, sans succès, le pouvoir de son pays par un coup d'État, en 1972. Il se fera aidé par des leaders militaires alliés de l'armée ougandaise faisant principalement partie des groupes ethniques Acholi et Lango. Amin Dada riposte alors en bombardant la Tanzanie et en éliminant de l'armée les officiers Acholi et Lango. À la suite de ces événements, Amin Dada augmente son degré de paranoïa et la violence ethnique monte dramatiquement.

En 1972, Amin Dada déclare la guerre économique à la population asiatique résidant en Ouganda car elle domine alors le commerce, le secteur manufacturier et une bonne proportion des services civils. Il affirme que Dieu lui a demandé de les chasser. Ayant une fascination pour Adolf Hitler, il expulse du pays, en moins de trois mois, environ 70 000 indo-pakistanais résidant en Ouganda ainsi que de nombreux juifs. Amin Dada nationalise plusieurs entreprises. Il s'en suivra une grave crise économique.

 

Amin Dada est alors considéré par la presse internationale comme un leader charismatique et un chef de file concernant l'indépendance africaine. En 1975, il devient président de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA).

«En 1976, Israël l'accuse de soutenir les pirates de l'air palestiniens responsables à l'aéroport d'Entebbe, dans le centre du pays, du détournement d'un Airbus d'Air France avec à bord plus de 100 passagers, juifs pour la plupart.»[2] Israël envoi un raid militaire sur Entebbe et, par le fait même, inflige une sévère correction à Amin Dada qui se sent humilié par cette intervention. Son pouvoir s'essouffle peu à peu.

En octobre 1978, Amin Dada envoi des troupes envahir la Tanzanie. En janvier 1979, Milton Obote, l'ancien président ougandais renversé par Amin Dada et exilé en Tanzanie, appelle à l'insurrection. Trois mois plus tard, Idi Amin Dada est renversé par le Front national de libération de l'Ouganda (FNLO) et l'armée tanzanienne.

Son exil

Idi Amin Dada prend la fuite, en 1979, avec ses quatre femmes et ses enfants pour se réfugier d'abord en Lybie puis en Arabie Saoudite en tant que réfugié politique. L'Arabie Saoudite le remercie d'avoir contribué à la propagation de l'Islam en lui fournissant une villa et lui assurant une vie confortable.

Idi Amin Dada est décédé le 16 août 2003 à Djedda, en Arabie Saoudite, à l'âge de 78 ans.

Les réactions face à sa mort

La nouvelle de sa mort a été ressentie de manière partagée en Ouganda. Certains conservent l'image d'un dictateur cinglé et sanguinaire, réprimant toute opposition politique, intellectuelle ou tribale. D'autres, le considère comme étant le père de l'africanisation de l'économie ougandaise.

Le nombre exact d'Ougandais ayant trouvé la mort ou ayant été portés disparus durant son régime ne pourra jamais être exactement déterminé. Par contre, selon les sources, les estimations varient entre   80 000 et 500 000 victimes. Idi Amin Dada n'aura jamais eu à rendre compte devant un tribunal international pour ses supposés abus commis envers les droits de l'Homme.

Quoi que l'on pense de cet homme, il semble posséder une espèce de puissance primitive, un magnétisme naturel. Il est très difficile de décrire le personnage. Comme le mentionne Eric Wiedeman: «Énorme dans le burlesque, dans la vantardise et dans la cruauté, Idi Amin Dada intrigue, déclenche l'hilarité, irrite, inquiète, terrorise. ».

 
« Je n'agis que sur ordre de Dieu. Ce n'est pas moi qui parle, mais la vérité.»
 
 
- Idi Amin Dada
 


Bibliographie

Livres

MELADY, Thomas et Margaret (1977). Idi Amin Dada: Hitler in Africa, Éditions Sheed Andrews and McMeel, Kansas City.

MERLE, Pierre (1978). Amin Dada ou les sombres exploits d'un sergent de l'armée britannique, Éditions Régine Desforges, Paris.

PRUNIER, Gérard (1990). L'Ouganda et la question indienne (1896-1972), Éditions Recherche sur les Civilisations, Paris.

ROPA, Denis L. (1995). Qui est Idi Amin Dada?, Éditions l'Harmattan, Paris.

WIEDEMANN, Eric (1977). Amin Dada, Éditions Presses Select, Montréal.

Sites Internet

[1] http://www.africanhistory.about.com/library/biographies/blbio-amin.htm , consulté le 2004-02-24.

http://www.monitor.co.ug/specialincludes/ugprsd/amin/articles/index.php , consulté le 2004-03-01.

http://www.cyber-flag.net/Html/Ouganda.htm , consulté le 2004-02-24.

[2] http://www.ufctogo.com/article.php3?id_article=84 , consulté le 2004-02-26.

http://fr.encyclopedia.yahoo.com/, consulté le 2004-03-01.

Photos et images

http://www.cyber-flag.net/Html/Ouganda.htm

http://en.wikipedia.org/wiki/Idi_Amin

http://www.wehaitians.com/idi%20amin%20dada%20a%20sadistic%20dictator.html

http://www.moreorless.au.com/killers/amin.htm

 

Portrait réalisé par Mireille Ouellet dans le cadre du cours GIE-64375 "Relations humaines dans les affaires internationales", Programme de MBA en gestion internationale de l'Université Laval, Professeur Gérard Verna.