Portrait d'un leader - France Prešeren (1800-1849)

 

"Our hope now, our tomorrow - 

    Our youth - 

        we toast and toast with joy."

 

 

(1) La Slovénie, le "pays dont le prince est un poète..."

Tapie entre forêts et rivières, la Slovénie semble coincée dans une crevasse des Alpes oubliées par les géographes et traversée depuis peu par l’histoire. République de l’ancienne Yougoslavie,  elle  fut la  première à  proclamer  son indépendance en juin 1991,  après huit jours de combats symboliques. Ce petit pays, fier de ses 20000 km² et de ses deux millions d’habitants, se distingue par son admiration sans borne pour la culture nationale et pour la langue slovène. Là-bas, chaque gribouille est lu avec ferveur et chaque gratte-papier est une vedette des médias. Le plus grand de ces versificateurs trône au cœur de la capitale, Ljubljana, France Prešeren, le symbole de l’éveil national slovène…

Carte de la Slovénie

Superficie : 20273 km²

Population : 1935677, dont 83% sont Slovènes

Densité : 98 habitants par km²

Langue officielle : Slovène

Devise : tolar

Proclamation de l’indépendance : 25 juin 1991

Capitale : Ljubljana

PIB : 37,06 milliards US$

Religion : ~ 60% sont catholiques romains

Structure politique : république parlementaire

Emblèmes : Mont Triglav, tilleul, chamois

Pays limitrophes : Italie, Hongrie, Croatie et Autriche

 

 

 

(2) France Prešeren

 

Sa vie...    "I work seven hours, so I can then drink for two."

 

 

France Prešeren est né le 3 décembre, 1800 à Vrba, en Slovénie. Issu d’une vieille famille paysanne de la Slovénie alpine, il étudia la philosophie au lycée de Ljubljana. Il amorça par la  suite  son  seul  long  séjour  hors  de  sa  patrie  tant  aimée.  Après  six  années  d’études universitaires à Vienne, il fut promu, en 1828, docteur en droit. Durant son séjour scolaire, son goût pour la prose s’intensifia; en 1825, il rédigea son premier poème, intitulé « la Vierge rouillée ». Précepteur au collège de Klinkowström à Vienne, il écrivit plusieurs œuvres qu’il brûla par la suite en raison de la critique sévère de Kopitar. En 1827, Prešeren publia son premier poème, intitulé Dekletom (Aux Filles) dans un journal illyrien. Définitivement retourné dans sa patrie, Preseren travailla la plupart du temps à l’étude d’un avocat de Ljubljana. Ses tentatives de s’établir comme avocat lui-même furent pendant de longues années entravées par les autorités, en raison de ses idées libérales et patriotiques.

 

En 1830, il se lia à d’autres jeunes poètes autour de l’Almanach de l’Abeille, une compilation de travaux poétiques qui contribuèrent à la création d’une littérature nationale. Ce groupe de jeunes établirent ainsi une opposition résolue à l’hégémonie allemande et à la fusion de l’ensemble slave du Sud, proposé par les Illyriens de Zagred.

 

Reconnu pour ses alexandrins improvisés lors de fêtes bien arrosées, le destin personnel et poétique de Prešeren fut, lors des années qui suivirent, marqué par un amour passionné et inassouvi et la mort tragique d’un ami. Son quotidien se divisait en deux parties : sept heures de travail acharné et deux heures pour boire. Son unique recueil de poésies parut en décembre 1846 (daté de 1847).

 

Prešeren eut trois enfants hors du mariage et il mourut, le 8 février 1849, seul et pauvre, d’une cirrhose du foie.

Sa ligne du temps...

1800:Sa naissance, le 3 décembre à Vrba, Gorenjsko.

1810-13:Études primaires aux écoles de Ribnica (2ans) et de Ljubljana (1ans).

1813-19:Études secondaires à Ljubljana.

1819-20:Il étudie la philosophie au lycée de Ljubljana.

1821:Il termine sa dernière année de philosophie à Vienne.

1822:Il débute ses études en droit à l’université de Vienne.

 

1825:Il écrit sa 1ère poésie, la Vierge rouillée.

1825-26:Il écrit plus, mais brûle ses œuvres en raison de la critique sévère de Kopitar.

1827:Il termine son droit. -Première publication, intitulée « Dekletom », dans un journal Illyrien. -Le retour de son mentor, Matija Čop, à Ljubljana.

 

1828:Promu Dr en droit, il est stagiaire pour l’avocat Dr Baumgarten jusqu'en 1834.

1829-31:En plus de son stage, il est apprenti au bureau d’impôts de Ljubljana.

1830:1ère parution de l’Almanach l’Abeille, il publie une traduction de « Leonora », sa ballade « The River Man » et son poème « A Farewell to My Youth ».

1831:2ième  Almanach l’Abeille, avec  « Love Sonnets, The New Writing, The Daughter’s Advice ».

1832:Soumission et rejet de sa 1ère demande de pratique légale indépendante. -Almanach #3.

 

1833:Il rencontre l’amour en Julija Primic.

1834:Publication de « A Wreath of Sonnets » dédié à Julija. -Prešeren est engagé par Dr Blaž Crobath, pour qui il travaillera jusqu’en 1846. -Publication de la 4ième brochure de l’Almanach de l’Abeille. -Requête et rejet de la 2ième demande de pratique légale indépendante.

1835:Mort tragique de son ami Matija Čop, et de son oncle favori Jožef. -Prešeren publie par lui-même « The Baptism by the Savica ».

 

1837:Rencontre Ana Jelovšek, avec qui plus tard il aura 3 enfants hors du mariage.

1838:Décès de son père. -Participe à l'écriture de chansons folkloriques slovènes avec son ami Korytko.

1839:Décès de son ami Korytko. -« I work seven hours, so I can then drink for two ». -Naissance de sa première fille, Rezika, qui mourra en 1840. -Il socialise souvent avec son vieux camarade de classe Andrej Smole, avec qui il partage de grands rêves slovènes.

1840:Son grand camarade Smole meurt dans ses bras. -Rejet de sa 3ième demande de pratique.

1841:Il est frappé par l’amour  pour une seconde fois, un amour qui encore une fois n’est pas réciproque. Il écrivit beaucoup suite à cet échec.

1842:Décès de sa mère. -Naissance de sa 2ième fille, Ernestina Jelovšek.

1843:Rédaction de « The Unmarried Mother ». -Autre refus de pratique légale, sa 4ième requête.

1844:Il écrit « A Toast ».

1846:Sa 5ième application pour pratiquer le droit est aussi refusée. -Remise du manuscrits « Poezije ». -Soumet sa 6ième requête de pratique, mais cette fois pour Kranj ou Postojna. -Approbation de la publication de son manuscrit. -Il obtient sa licence de pratique à Kranj. -Décembre, son manuscrit Poésies est imprimé (1200 copies).

1848:Révolution à Vienne, Prešeren s’implique  dans la défense nationale de Kranj.

1849:France Prešeren meurt à Kranj, d’une cirrhose du foie, le 8 février.

 

 

Quelques reconnaissances…

1849:Un comité est fondé pour ériger un monument en sa mémoire.

1944:Le 8 février est proclamé la journée nationale de la culture slovène.

1947:Remise du premier  prix Prešeren pour accomplissements culturels et artistiques.

1992:Un portrait du Dr Prešeren apparaît sur le billet de banque de 1000 tolar.

1994:« A Toast » devient l’hymne national slovène officiel.

 

 

Son héritage...

Si l’Autriche a valsé avec Mozart, si l’Allemagne a apprécié les sonates de Bach et si l’Italie a admiré les œuvres de MichelAnge, la Slovénie elle, se laisse toujours charmer par Prešeren. Hier et encore aujourd’hui, Preseren est considéré le premier et le plus grand poète de la poésie slovène. Sa renommée s’étend bien au-delà de sa nation, alors que tout l’Europe a frissonné sous les murmures de ses vers.

 

Homme doté d’une large culture humaniste, son plus grand héritage est d’avoir convaincu le peuple slovène qu’ils avaient une belle langue. Armes aux coffres, il a braqué le crayon et s’est exprimé dans ses vers à travers son drame personnel et le triste destin historique de son peuple. Il fut le premier à faire de la langue slovène un outil apte à exprimer les mouvements les plus subtiles de l’âme et de la pensée.

Ennemi de l’absolutisme, son pays a constitué sa plus grande passion. Il exprime ses sentiments de vie à travers une prose qui, fidèle au romantisme européen, se distingue quand même par son sens de la mesure et son côté classique. Il semble maître de la versification. Il est parfois le poète de l’amour passionné et inassouvi, parfois le poète seul, déchu par la mort tragique d’un ami cher et parfois, le poète révolté des slovènes étouffés sous le régime de Metternich. Il est aussi le poète de la liberté, celui des idées démocratiques et de la fraternité. Il semble être chaque chose et tout à la fois. Il est le poète slovène.

Dr France Prešeren est aujourd’hui la figure centrale de la littérature slovène et le parc central de la capitale le démontre bien en lui donnant toute la place. Il a guidé et justifié l'envol de la langue littéraire slovène, parlé jadis par à peine un million de gens. Il a été une véritable inspiration pour un petit pays trop longtemps divisé et dominé du dehors.

On célèbre la littérature slovène et Prešeren par un congé national le 8 février de chaque année, jour de son décès. On y remet aussi le prix Prešeren pour accomplissements culturels et artistiques. De plus, suite à l’accession à l’indépendance du pays, son poème « A Toast » a été choisi comme hymne national officiel et son portrait apparaît sur le billet de banque de 1000 tolar.

 

Ses thèmes...

Son seul recueil, intitulé Poésies, révèle un poète expert dans l’art de la versification. Tendrement lié au romantisme, il traite surtout dans ses écrits de la spécificité slovène. Il demeure aussi ouvert aux thèmes traditionnels du lyrisme classique, tel :

Une liste complète des œuvres de Prešeren est disponible à l’adresse suivante : http://www.preseren.net/ang/3-1_poezije.asp

 

(3) Bibliographie

Encyclopaedia Britannica

The New Encyclopaedia Britannica, Volume 14, Macropaedia, Knowledge in Depth, Chigaco/Londres, Encyclopaedia Britannica Inc., 2003 (15e édition), 1221 pages. (chap. sur les Balkans: p.591-684, et chap. sur la Slovénie: P.661-666)

 

The New Encyclopaedia Britannica, Volume 9, Micropaedia, Ready Reference, 1048 pages. (sur Prešeren: p.683)

 

The New Encyclopaedia Britannica, Volume 9, Micropaedia, Ready Reference, 954 pages. (p.884-885)

 

Que sais-je?

Canapa, Marie-Paule, La Yougoslavie, Paris, Presses universitaires de France, collection Que sais-je?, 1980, 127 pages.

 

Microsoft Encarta Deluxe Encyclopaedia 2003, Microsoft Corporation, 3 CDs.

 

Page Internet

http://www.preseren.net/ang/
http://www.slovenia-tourism.si/intro.asp

 

 

 

Portrait réalisé par Sébastien Simard (sebastien.simard.1@ulaval.ca) dans le cadre du cours GIE 64375 "Relations humaines dans les affaires internationales", programme de MBA en gestion internationale de l'Université Laval, professeur Gérard Verna.