« Quand on vieillit, la beauté se réfugie à l'intérieur » (Anonyme).

 

 

            Les résultats de ma recherche en laboratoire peuvent avoir une portée sur certains stéréotypes dont sont encore victimes, bien que moins qu’auparavant, les femmes sur le marché du travail. Ma recherche suggère que ces stéréotypes, nuisant aux femmes, sont moins importants qu’auparavant. En effet, les femmes de cette étude ont une rémunération et des chances d’embauche comparables à celles des hommes, à compétences équivalentes. Ces résultats sont peut-être obtenus grâce à l’évolution des mentalités et aux nombreuses politiques de discrimination positive en vigueur. Toutefois, il faut ajouter un bémol, dans la mesure où le poste à combler en était un de gestionnaire de projets, les résultats auraient peut-être été différents dans le cas d’un poste de cadre supérieur.

            D’un autre point de vue, cette recherche met en évidence un constat positif, c’est-à-dire que les belles personnes ne sont pas automatiquement avantagées sur le marché du travail. En fait, le contenu de la demande d’emploi (intéressant ou non par rapport aux exigences du poste) est beaucoup plus important, lors de la décision d’embauche et de rémunération, que l’apparence physique telle que révélée par la photo, la taille et le poids du sujet fictif. Ces résultats suggèrent que les évaluateurs font preuve d’un minimum de rigueur dans leurs décisions et que la beauté physique a possiblement plus d’impact lorsque les candidatures sont équivalentes et que l’évaluateur ne possède pas d’autres informations pour départager les candidats.

Par ailleurs, des analyses supplémentaires ne montrent qu’une seule condition –rémunération d’une femme dont la candidature est peu intéressante – où les participants peu expérimentés avantagent, significativement, la belle personne par rapport à la laide. Alors, contrairement à certaines idées préconçues, les évaluateurs avec moins d’expérience ne sont pas nécessairement plus susceptibles d’être biaisés par la beauté physique. Plus encore, certains résultats de mon étude laissent sous-entendre que les évaluateurs avec plus d’expérience sont également susceptibles d’être biaisés mais en faveur des candidats dont l’information sur l’apparence physique n’est pas disponible. Effectivement, dans deux conditions spécifiques (hommes dont la candidature est intéressante et femmes dont la candidature est peu intéressante) les évaluateurs expérimentés embauchent plus, de manière significative, la personne n’ayant pas inclus de photo que la personne attirante, de la première condition, ou que la personne peu attirante, de la deuxième condition, bien qu’elles aient la même candidature. Ceci suggère également qu’avec l’expérience les évaluateurs se méfient davantage des stéréotypes et c’est pourquoi ils préfèrent, par acquit de conscience, embaucher une personne « neutre » dont l’apparence physique n’aura pas biaisé leur jugement.