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Guillaume de Rouville
Le 11 septembre en questions...
Indymedia/IMC Paris
30 janvier 2004
Pourquoi aucun avion de chasse n'est parvenu à intercepter l'un des avions détournés ? Pourquoi les avions de chasse lancés vers Washington à la poursuite des deux derniers avions détournés encore présents dans le ciel américain, sont-ils partis de la base de Langley, située à 130 miles de Washington, et non de la base d'Andrews située à 10 miles seulement ? Pourquoi ces avions de chasse sont-ils partis si tard, plus d'une heure après que les deux premiers avions de ligne aient percuté le World Trade Center ? Pourquoi la procédure habituelle d'interception des avions détournés, ou n'émettant plus de signal radar, n'a pas été suivie par le FFA et le NORAD, les deux organismes chargés de la sécurité aérienne américaine, alors que cette procédure est régulièrement mise en uvre sans problème (plusieurs dizaines de fois par an) et dans un laps de temps record qui ne dépasse pas les quelques minutes ? (Le Chef d'Etat-Major Interarmées, le général Richard Myers, interrogé le 13 septembre 2001, par la Commission sénatoriale des Forces armées, reconnaît ne pas savoir à quel moment les chasseurs ont été lancés à la poursuite des avions détournés. Il lui semble, dans un premier temps, que c'est seulement après le crash sur le Pentagone que l'ordre fut donné).
Pourquoi aucun des noms des présumés terroristes ne figurait sur la liste des passagers fournis par les compagnies aériennes au lendemain du 11 septembre ? Comment les terroristes ont-ils été identifiés deux jours après les attentats ? D'où viennent les photos d'identité de ces preneurs d'otages ? Comment se fait-il que 6 des 19 preneurs d'otages prétendent être toujours en vie ? (Insight Magazine - 11 juin 2003, 'FBI Denies Mix-Up Of 9/11 Terrorists', by Timothy Maier).
Pourquoi a-t-il été impossible de retrouver les boites noires des avions ? Comment a-t-on pu, en revanche, retrouver le passeport d'un des terroristes dans les décombres du World Trade Center ? Pourquoi aucune image de l'avion qui s'est écrasé sur le Pentagone n'a été rendue publique ?
Ben Laden a-t-il été soigné à l'Hopital Américain de Dubai en juillet 2001 comme l'ont affirmé Le Figaro, le Guardian et Radio France International (Le Figaro - 31 octobre 2001 ; The Guardian - 1 November 2001 ; United Press International - 1 Novembre 2001) ? Ben Laden a-t-il rencontré le représentant local de la CIA, Larry Mitchell, lors de son hospitalisation (United Press International - 1 Novembre 2001) ? Pourquoi les Etats-Unis ont-ils refusé l'offre faite en mars 1996 par le Soudan, de leur livrer Ben Laden, alors que celui-ci figurait déjà sur la liste des terroristes les plus recherchés par les Etats-Unis (The Observer - 30 septembre 2001) ?
Pourquoi Mahmoud Ahmad, président des services secrets pakistanais au moment des attentats, et soupçonné d'avoir transféré 100 000 $ au chef présumé des attentats du 11 septembre, Mohammed Atta, n'a-t-il pas fait l'objet de poursuites de la part du Pakistan ou des Etats-Unis qui n'ont pas demandé son extradition ? Pourquoi les Etats-Unis n'ont-ils pas réclamé l'ouverture d'une enquête sur les liens supposés entre Mahmoud Ahmad et l'un des responsables des attentats du 11 septembre (Voir l'Article de L'Idiot du Village intitulé 'Le 11 septembre et les services secrets pakistanais') ?
Pourquoi, presque deux ans après les attentats, la Securities Exchange Commission (l'organe de régulation et de surveillance de la Bourse américaine) n'a-t-elle toujours pas rendu de rapport sur les mouvements suspects, observés plusieurs jours avant le 11 septembre, ayant porté sur les titres des compagnies aériennes (ainsi que sur ceux de leurs assureurs) touchées directement par les attentats ?
Pourquoi les membres de la famille Ben Laden, résidant aux Etats-Unis au moment des attentats, ont-ils été exfiltrés discrètement vers l'Arabie Saoudite quelques jours après les attentats, alors qu'ils auraient dû être interrogés ? Pourquoi, en revanche, près de 2000 personnes n'ayant, peut-être, aucun lien avec les attentats du 11 septembre, ont-elles été arrêtées est mises en détention pour des durées indéfinies, sans qu'elles aient eu droit de voir un avocat, de connaître les charges retenues contre elles, ni de prévenir leurs proches ? Deux ans après les attentats, combien d'entre elles sont encore en détention ?
La plupart des spécialistes du Moyen-Orient ont-t-ils raison de dire qu'Osama Ben Laden entretient toujours des liens très étroits avec sa famille et d'éminents membres du régime saoudien (notamment avec le Prince Turki al Faisal, frère du roi Fahd, qui dirigeait les services secrets saoudien jusqu'en août 2001 ; voir le Los Angeles Times - 18 novembre 2001) ? Existe-t-il toujours des liens d'affaire étroits entre la famille Bush et Ben Laden ? Combien de fois le père de Bush a-t-il rencontré le père de Ben Laden, d'autres membres de sa famille ou leurs représentants au cours des années 80 et 90 ? Quels sont les liens financiers unissant les deux familles ? Ben Laden a-t-il cessé d'être un agent de la CIA ? (voir sur ces questions l`ouvrage de Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié, 'Ben Laden, La Vérité Interdite', Denoël, 2001).
Est-il vrai, comme l'a rapporté le journal britannique, The Guardian (7 novembre 2001 - 'FBI claims Bin Laden inquiry was frustrated' - by Greg Palast and David Pallister), que les services secrets américains se sont plaints d'avoir été empêchés d'enquêter sur les membres de la famille Ben Laden avant les attentats, ainsi que sur la possible implication de certains membres de la famille royale saoudienne et du gouvernement saoudien dans le développement du programme nucléaire pakistanais ?
Est-il vrai, comme il l'affirme lui-même, que le juge américain, David Philip Schippers, ait prévenu de nombreux sénateurs et représentants américains, ainsi que John Ashcroft, ministre de la justice, un mois et demi avant le 11 septembre, de l'imminence d'attentats sur Manhattan et Washington, orchestrés par des terroristes liés à Ben Laden à l'aide d'avions suicides ? (voir dans New American, 28 janvier 2002, by William Jaspers, l'article intitulé 'OKC Bombing : Precursor to 9-11 ?' ; sur le site Infowars, 10 octobre 2001, l'interview de Schippers, intitulé 'Government Had Prior Knowledge' ; sur WorldNet Daily, 21 octobre 2001, l'article intitulé 'David Schippers Tells Metcalf Feds ignored warnings of WTC attacks'). De qui David Philip Schippers tenait-il ses informations ?
Pourquoi John Ashcroft a-t-il cessé de prendre des avions de ligne en juillet 2001 arguant de menaces non identifiées ?
Pourquoi George Bush a-t-il demandé au leader de la majorité sénatoriale, Tom Daschle, de limiter l'enquête sur les événements du 11 septembre à une enquête sur les failles des services de renseignements ? Pourquoi George Bush a-t-il refusé, jusqu'en décembre 2002 et jusqu'à ce que les familles des victimes le menacent de porter l'affaire en justice, qu'une véritable commission d'enquête soit désignée, préférant laisser les comités de surveillance du Sénat et de la Chambre des Représentants mener l'enquête ? (voir CNN, 20 janvier 2002, 'Bush asks Daschle to limit Sept. 11 probes' ; Newsweek, 4 février 2002, 'The Battle Back Home'). Pourquoi Bush s'est-il opposé à la publication intégrale du rapport conjoint des comités de surveillance du Sénat et de la Chambre des Représentants ? Pourquoi Bush refuse-t-il d'augmenter le budget déjà épuisé de la commission d'enquête nommée en décembre 2002, alors que ses travaux viennent de commencer ?
Est-il vrai que l'association des avocats américains ait menacé de radiation les avocats qui défendraient de manière trop agressive les familles des victimes souhaitant se retourner contre l'Etat Fédéral, New York, les compagnies aériennes, etc ?
Pourquoi personne n'a été sanctionné, ni au FBI, ni à la CIA, ni dans aucune administration chargée de la sécurité des citoyens américains, alors même que l'incompétence des services de sécurité a été mise en avant pour expliquer leur inaction et leur impuissance avant et au moment des attentats ?
Pourquoi 17 000 soldats américains ont-ils rejoint 23 000 soldats de l'OTAN en Egypte au début de septembre 2001 ? Pourquoi 25 000 soldats anglais s'entraînaient-ils dans l'Emirat d'Oman quelques jours avant le 11 septembre ? La Guerre contre l'Afghanistan n'avait-elle pas été planifiée depuis au moins décembre 2000 par les néo-conservateurs américains (voir à ce sujet l'article du journaliste canadien, Eric Margolis, dans le Toronto Sun, en date du 4 décembre 2000) ? L'armée américaine et l'armée anglaise n'étaient-elles pas prêtes à attaquer l'Afghanistan dès septembre 2001 (début des opérations militaires d'envergure le 7 octobre) ?
Pourquoi Salman Rushdie a-t-il reçu l'ordre de l'Administration Aérienne Américaine (FFA) de ne pas prendre d'avion de ligne effectuant des trajets à l'intérieur des Etats-Unis et du Canada, une semaine avant les attentats (The Times - 27 septembre) ? Pourquoi, 8 heures avant les premiers détournements d'avions, le maire de San Francisco, Willie Brown, a-t-il reçu de son personnel de sécurité, le conseil de ne pas prendre d'avion de ligne ce matin là, alors qu'il avait prévu de s'embarquer pour New York (San Francisco Chronicle - 12 septembre 2001 ; Counterpunch - 14 septembre 2001) ?
Le maître à penser des néo-conservateurs, le philosophe Léo Strauss, n'a-t-il pas émis l'idée que l'ordre politique ne pouvait demeurer stable que s'il était unifié par une menace extérieure, et qu'en l'absence d'une telle menace, les élites dirigeantes, autorisées à manipuler le peuple et à lui mentir, devait la créer de toute pièce (Voir le livre intitulé 'Leo Strauss and The American Right', de Shadia Drury ; voir aussi l'article de James Zogby dans Media Monitors Network, en date du 1 juillet 2003, 'How The Neo-Cons Operate') ? Cette philosophie ne permet-elle pas d'éclairer d'un jour particulier certains passages troublants du rapport remis par Donald Rumsfeld en janvier 2001 sur la sécurité spatiale américaine : « L'histoire est pleine de ces situations dans lesquelles on a ignoré les avertissements et on a résisté aux changements jusqu'à ce qu'un événement extérieur, jugé jusque là improbable, vienne forcer la main des administrations réticentes. La question qui se pose est donc de savoir si les Etats-Unis auront la sagesse d'agir de manière responsable et de réduire au plus vite leur vulnérabilité spatiale, ou si, comme cela a déjà été le cas dans le passé, le seul événement capable de souder les énergies de la nation et de forcer le gouvernement des Etats-Unis à agir, soit une attaque dévastatrice contre le pays et sa population, un Pearl Harbor spatial » (Report of The Commission to Assess US National Security Space Management and Organization, le 11 janvier 2001, www.dod.mil/pubs/space20010111.html) ?
Pourquoi aucun média occidental, à l'exception du Toronto Star, ne s'est-il fait l'écho de la troublante affaire Vreeland ? Le lieutenant Delmart Edward Vreeland, prétendant travailler pour les services secrets de la marine américaine, a-t-il remis aux autorités canadiennes, le 12 août 2001, une enveloppe sous scellées (qui ne sera ouverte par les autorités canadiennes que le 14 septembre 2001) contenant la description détaillée des attentats de Manhattan ? Pourquoi Edward Vreeland a-t-il été arrêté par les autorités canadiennes et mis en prison pour fraude à la carte bancaire ? Est-il toujours en prison ? (Voir les quatre articles de Nick Pron du Toronto Star : Did This Man Predict Sept. 11 ? - 23 octobre 2001 ; US Looks Into Inmate'story, Jail Man Said He Tried To Warn About Attacks - 25 octobre 2001 ; Plot To Murder Judge May Never Have Existed - 31 octobre 2001 ; Was Ambassy Worker Poisoned - 21 janvier 2002).
Quelles étaient les informations contenues dans le rapport de la CIA remis à George Bush le 6 août 2001, rapport intitulé « Ben Laden déterminé à frapper aux Etats-Unis » ('Bin Laden Determined to Strike in US') ? Pourquoi l'administration Bush refuse-t-elle de déclassifier le document, si, comme elle le prétend, il ne contenait aucune information d'importance ? (Newsweek - 27 mai 2002 ; The New York Times - 15 mai 2002).
Quelle crédibilité accorder aux propos de Condoleezza Rice d'après lesquels il n'était pas imaginable, avant les attentats du 11 septembre, de penser que des terroristes puissent avoir l'idée d'utiliser des avions de ligne comme des bombes ? (White House - 16 mai 2002 : "I don't think anybody could have predicted that these people would take an airplaine and slam it into the Worl Trade Center, take another one and slam it into the Pentagon, that they would try to use an airplaine as a missile"). En 1994, des terroristes du GIA n'avaient-ils pas tenté de détourner un avion de ligne pour l'écraser sur la Tour Eiffel ? Condoleezza Rice pouvait-elle ignorer les détails du Projet Bojinka qui n'avait plus de secrets pour le FBI et la CIA ? (en 1995, des terroristes islamiques, appartenant au réseau Al-Quaïda, sont arrêtés par la police Philippine. On retrouve dans leurs affaires les détails d'un plan d'attaque contre les Etats-Unis prévoyant le détournement d'avions de ligne américains afin de les écraser sur le World Trade Center, le Pentagone et le siège de la CIA. (Agence France Press, 'Western Intelligence knew of Laden plan since 1995', 7 décembre 2001, dans l'Hindustan Times ; Newsbreak Weekly, 15 novembre 2001, de Raphael Garcia, 'Decoding Bojinka' ; de John Cooley, 'Unholy Wars : Afghanistan, American and International Terrorism', Pluto Press, London, 1999, page 247 ; The Washington Post, le 23 septembre 2001 citant un enquêteur Philippin : 'We told the Americans everything about Bojinka. Why didn't they pay attention ?').
Est-il vrai que cinq des présumés terroristes du 11 septembre ont reçu une formation de pilotage sur des bases militaires américaines dans les années 1990 ? (Newsweek, 15 septembre 2001, 'Alleged Hijackers May Have trained at US Bases').
Pourquoi la sécurité aérienne des Etats-Unis n'a-t-elle pas été renforcée dans les semaines précédent les attentats, alors que les services secrets de très nombreux pays (dont ceux de la France, de l'Allemagne, d'Israël et de l'Egypte) avaient informé leurs homologues américains de l'imminence d'attaques terroristes sur leur territoire ?
Pourquoi Bush a-t-il autorisé, au lendemain du 11 septembre, tout président des Etats-Unis, présent, ancien ou à venir, à bloquer l'accès à tous les documents émanant de la Maison Blanche ? (The Guardian - 2 novembre 2001, 'Bush Block Public Access to White House Papers'). Pourquoi la Maison Blanche refuse-t-elle de rendre public ou de communiquer au Congrès américain les documents qui permettraient de savoir ce que George Bush lui-même savait avant le 11 septembre sur la préparation des attentats ? (Newsweek - 22 septembre 2002).
Donald Rumsfeld, ne cherchait-il pas, sans succès jusqu'au 11 septembre, à convaincre le Congrès américain de la nécessité de débloquer des sommes considérables pour son projet controversé de développement d`armes spatiales ?
Le Président des Etats-Unis Eisenhower n'avait-il pas raison de mettre en garde les Américains contre les dangers d'une mainmise du complexe militaro-industriel sur la politique américaine ? (Voir son discours d'adieu du 17 janvier 1961) Le procureur Jim Garrison, à l'issue de son enquête sur l'assassinat de Kennedy, n'avait-il pas déclaré être terrifié par sa découverte que la CIA et le Pentagone dirigeant, de fait, les USA ? ('In a very real and terrifying sense, our Government is the CIA and The Pentagon, with Congress reduced to a debating society'. Octobre 1967).
George Bush n'est-il pas le fils d'un ancien Président des Etats-Unis, lui-même ancien dirigeant de la CIA ? Bush, père et fils, n'ont-ils pas des intérêts personnels dans l'industrie pétrolière texane, ainsi que dans celle de l'armement (à travers le groupe Carlyle) ? N'est-ce pas aussi le cas de la plupart des membres de l'administration Bush et des néoconservateurs ? (le vie-président, Dick Cheney, a été président de la société Halliburton, leader mondial des services pétroliers et principal bénéficiaire des contrats pétroliers Irakiens ; Condoleezza Rice a été neuf années au service de la société de prospection pétrolière Chevron ; le secrétaire au Commerce, Donald Evans a accompli presque toute sa carrière professionnelle au sein du secteur pétrolier ainsi que Spencer Abraham, le secrétaire à l'Energie et Kathleen Cooper, sous-secrétaire au Commerce. Voir, pour plus de détails, le livre 'Ben Laden, La vérité interdite', de Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié -Denoël, 2001- page 71).
Dans le livre de Zbigniew Brzezinski, Le Grand Echiquier, considéré comme la bible de la géostratégie américaine par les néoconservateurs qui semblent en suivre les lignes directrices à la lettre, ne lit-on pas : 'With warnings signs on the horizon across Europe and Asia, any successful American policy must focus on Eurasia as a whole and be guided by a geostrategic design [...] That puts a premium on maneuver and manipulation in order to prevent the emergence of a hostile coalition that could eventually seek to challenge America's primacy [...] The most immediate task is to make certain that no state or combination of states gains the capacity to expel the Unites States from Eurasia or even to diminish significantly its decisive arbitration role [...] Moreover, as America becomes an increasingly multi-cultural society, it may find it more difficult to fashion a consensus on foreign policy issues, except in the circumstance of a truly massive and widely perceived direct external threat [...] The attitude of the American public toward the external projection of American power has been much more ambivalent. The public supported America's engagement in World War II largely because of the shock effect of the Japanese attack on Pearl Harbor' (The Gran Chessboard : American Primacy and the Geostrategic Imperatives - 1997) ?
L'obsession des faucons et des néoconservateurs américains n'est-elle pas d'empêcher l'émergence d'une puissance capable de rivaliser avec les Etats-Unis ? (Voir les documents du Pentagone attribués à Paul Wolfowitz et Lewis Libby, mentionnés par le New York Times dans son édition du 8 mars 1992 et d'après lesquels les Etats-Unis 'must maintain the mechanisms for deterring potential competitors from even aspiring to a larger regional or global role' ; voir aussi le Washington Post, 22 mars 1992, The Times, 25 mai 1992, The Observer, 7 avril 2002). L'une des clefs de la puissance mondiale ne réside-t-elle pas dans le contrôle des espaces territoriaux et des richesses énergétiques de l'Eurasie comme l'affirme Zbigniew Brzezinski ? Ce dernier, ne considère-t-il pas l'Afghanistan comme l'un des pivots géostratégiques majeurs de l'Eurasie ?
Les attentats du 11 septembre n'ont-ils pas permis aux faucons américains de mettre en oeuvre leur agenda géostratégique en justifiant, auprès du public américain, la militarisation de la politique étrangère des USA, l'invasion de l'Afghanistan et celle de l'Irak ? (concernant l'agenda des néoconservateurs à propos de l'Irak il faut citer : le document intitulé 'A clean Break : A new Strategy for Securing the Realm' rédigé par Richard Perle en 1996 afin soutenir la politique du Likoud et prônant ouvertement une intervention militaire contre l'Irak -The Guardian, 3 septembre 2002 ; une lettre du cercle de réflexion néoconservateur, The Project for The New American Century (PNAC), demandant à Bill Clinton d'engager rapidement un conflit armé contre l'Irak afin de renverser Saddam Hussein, sans demander l'avis de l'ONU. 10 des 18 signataires de la lettre sont aujourd'hui membres de l'administration Bush. Voir le Sunday Herald, 16 mars 2003 ; The New York Times, le 22 mars 2003). Les attentats du 11 septembre n'ont-ils pas permis aux Etats-Unis d'installer des bases militaires en Asie Centrale (Uzbekistan et Kirgystan) au détriment de l'influence traditionnelle de la Russie (et d'offrir une assistance policière et militaire à d'autres pays d'Asie Centrale, notamment au régime totalitaire du Turkménistan), d'étendre leur coopération militaire avec l'Indonésie et les Philippines, d'opérer un spectaculaire rapprochement avec les pays de l'ancien bloc de l'Est au détriment de l'Union Européenne (ces pays étant peu à peu intégrés à l'OTAN), de s'installer militairement en Afrique (Golf de Guinée, Tchad et certainement bientôt en Afrique du Nord) au détriment de la France (qualifiée « d'ennemi stratégique des Etats-Unis » par Michael Ledeen, l'un des principaux conseillers de Karl Rove, la tête pensante de George Bush en matière de politique étrangère ; voir l'article de Jim Lobe dans Asia Times, 26 juin 2003, 'Veteran neo-con advisor moves on Iran'), de s'ouvrir de nouveaux marchés pour l'exportation d'armes, de s'octroyer de nombreux chantiers industriels et/ou pétroliers dans les pays occupés, de diversifier leur sources d'importation énergétique au détriment à la fois de l'Arabie Saoudite, jugée peu fiable et instable, et de l'OPEP ?
Les attentats du 11 septembre n'ont-ils pas été une formidable aubaine pour la société pétrolière et gazière américaine Unocal qui négociait, sans succès, depuis de nombreuses années avec les Talibans la création d'un pipeline gazier devant traverser l'Afghanistan ? L'envoyé spécial, Zalmay Khalilzad, détaché par l'administration Bush auprès du gouvernement afghan pour représenter Washington, n'est-il pas un ancien cadre d'Unocal ? Le Président afghan, Hamid Karzaï, nommé par Washington à l'issue de la guerre, n'était-il pas lui aussi un ancien employé d'Unocal ? (l'Afghanistan, le Turkmenistan et le Pakistan ont signé en décembre 2002 un accord de coopération prévoyant la construction du pipeline tant espéré. La société Unocal prétend aujourd`hui ne plus être intéressée par le projet. Voir PakNews, 28 December 2002, 'Agreement on 3.2 billion gas pipeline project signed').
Henry Kissinger, choisi par Bush pour présider la commission d'enquête du Congrès américain sur les attentats du 11 septembre, n'était-il pas l'un des consultants choisis par la société Unocal pour lui permettre de faire avancer le projet de pipeline en Afghanistan ? (devant le tollé que suscita sa nomination, Henry Kissinger dû décliner l'offre de présider la commision d'enquête) (Voir l'article de P. Stobdan, 'The Afghan Conflict and Regional Security' dans Strategic Analysis [ISDA], août 1999).
Qui a commandité l'assassinat du Commandant Massoud, tué deux jours avant les attentats du 11 septembre ? Le commandant Massoud n'était-il pas un opposant déclaré de la présence américaine dans son pays ?
Pourquoi l'administration américaine a-t-elle soutenu le régime Taliban, au moins jusqu'en 2000, en lui fournissant, à travers le canal des services secrets pakistanais (l'ISI), financement et armes pour lutter, notamment, contre l'Alliance du Nord du Commandant Massoud ? ('It's all about oil', dans The San Francisco Chronicle, 2 novembre 2001, par Ted Rall ; 'US Taliban Policy Influenced by Oil', Inter Press Service, 16 novembre 2001, par Julio Godoy). N'était-ce pas, notamment, parce que l'administration américaine voyait dans le régime Taliban, le seul mouvement politique structuré capable de stabiliser la région et de permettre la réalisation du projet pétrolier d'Unocal ?
Quel était l'objet de la dernière rencontre entre les Talibans et les USA en août 2001 ? L'analyste français, Jean-Charles Brisard, a-t-il raison de dire que durant cette rencontre les Américains auraient menacé les Talibans d'un tapis de bombes s'ils refusaient leur offre d'un tapis d'or ? Ce tapis d'or aurait-il été offert aux Talibans contre l'assurance d'obtenir de leur part la constitution d'un gouvernement d'unité nationale plus large, avec lequel les Etats-Unis auraient pu négocier [la construction du pipeline], sans encourir la réprobation internationale, comme l'a affirmé Niaz Naik, le ministre des affaires étrangères pakistanais, en novembre 2001 ? (Voir 'US Taliban Policy Influenced by Oil', Inter Press Service, 16 novembre 2001, par Julio Godoy).
N'est-il pas troublant que la porte-parole/chargée de communication des Talibans auprès de Washington ait été Leili Helms, la nièce de Richard Helms, un ancien dirigeant de la CIA ? ('US Taliban Policy Influenced by Oil', Inter Press Service, 16 novembre 2001, par Julio Godoy). Est-elle toujours au service de certains Talibans ? Quand a-t-elle cessé de travailler pour les Talibans ?
N'est-il pas troublant d'apprendre que les Etats-Unis continuent, aujourd'hui encore, de négocier avec les Talibans chassés de Kaboul ? (Asia Times, 'US turns to the Taliban' by Syed Saleem Shahzad - 14 juin 2003 ; voir l'Idiot du Village, Quinzaine Asie/Pacifique du 21 mai au 18 juin 2003).
Les attentats du 11 septembre n'ont-ils pas été une formidable nouvelle pour les vendeurs d'armes américains qui ont vu le budget militaire des Etats-Unis augmenter de 40%, les fonds nécessaires au développement des armes spatiales débloqués sans discussion par le Congrès américain et la conclusion d'innombrables contrats militaires dans le cadre des deux guerres lancées par l'administration Bush ?
Les attentats du 11 septembre n'ont-ils pas été une formidable nouvelle pour George Bush, mal élu et empêtré dans les affaires au moment des attentats (notamment l'affaire Enron) ?
La technologie Global Hawk (drone), développée par le Pentagone, permet-elle la prise de contrôle en plein vol d`un avion de ligne qui en serait équipé et permet-elle de le diriger vers une balise radar ?
Certains membres du Pentagone n'ont-ils pas, dans le passé, imaginé de perpétrer des attentats sur le sol américain afin de mobiliser l'opinion publique en faveur d'objectifs géopolitiques américains ? (en 1962, le Pentagone présentait à Kennedy et au ministre de la défense, Robert MacNamara, un projet d'invasion de Cuba dénommé Opération Northwoods. Afin de justifier cette invasion, le rapport détaillant le projet, préconisait, notamment, de faire exploser un navire américain à Guantanamo Bay et d'attribuer l'attentat aux Cubains, de faire couler un bateau de réfugiés Cubains en route vers la Floride (soit réellement soit facticement), ou encore de créer un incident qui ferait croire qu'un avion cubain à abattu un avion de ligne américain. (Executive Intelligence Review, 12 Octobre 2001, l'article d'Edward Spannaus intitulé 'When US Joint Chiefs Planned Terror Attacks on America).
Pourquoi ceux qui remettent en cause la version officielle des attentats du 11 septembre sont-ils qualifiés de révisionnistes par de grands médias occidentaux (accusations portées notamment contre le journaliste Thierry Meyssan par Le Monde et Le Nouvel Observateur) ? Pourquoi George Bush a-t-il qualifié de révisionnistes les personnes qui osaient mettre en doute sa politique étrangère (notamment à propos de l'Irak) ? S'agit-il de disqualifier tout propos critique de la politique étrangère américaine et de jeter de manière indirecte sur ses opposants l'anathème infamant d'antisémitisme ?
Qu'est-ce qu'un complot ? N'est-ce pas un plan concerté mis en oeuvre par plusieurs personnes visant un objectif commun par des moyens illégaux ? N'y a-t-il eu aucun complot dans l'histoire des Etats-Unis ? L'assassinat de Kennedy n'était-il donc que l'acte d'un tireur isolé ? Le directeur de la CIA Richard Helms, n`avait-il pas reçu l`ordre direct de Nixon d`éliminer Allende, Président démocratiquement élu et de renverser son régime ? Est-il vraiment inimaginable que certains membres de l'administration américaine ait participé à l'organisation du complot islamique ou ait laissé faire un événement dont ils connaissaient, peut-être, l'essentiel des détails ? Ces hypothèses sont-elles farfelues ? Ne doit-on pas essayer de s'interroger au vu des éléments exposés ci-dessus ? Est-ce criminel de se poser ces questions ? Faisons-nous le jeu des islamiques en nous posant ces questions ? Ne défend-on pas, au contraire, nos systèmes démocratiques en nous posant ces mêmes questions à l'air libre des polémiques ?
Pourquoi aucun grand média occidental n'a-t-il mené une enquête critique sur le 11 septembre qui constitue pourtant un événement majeur dans les relations internationales ? (il faut toutefois mentionner deux exceptions : la première est une longue analyse mettant en cause la version officielle, publiée dans The Observer qui a reproduit l'opinion de l'intellectuel américain indépendant Gore Vidal -The Observer, le 27 Octobre 2002, The Enemy Within by Gore Vidal ; la seconde est un article du Toronto Star en date du 17 novembre 2002 qui ose poser le problème en termes polémiques : 'Getting the truth about 9/11 has seemed impossible. The evasion, the obfuscations, the contradictions and let's not put too fine a point on it, the lies have been overwhelming...The questions are endless. But most are not being asked -still- by most of the media most of the time...there are many people, and more by the minute, persuaded that, if the Bushies didn't cause 9/11, they did nothing to stop it'.).
Les journalistes américains sont-ils libres de mener une enquête sur le 11 septembre ? (le journaliste vedette de CBS, Dan Rather, a déclaré à la BBC : 'There was a time in South Africa that people would put flaming tires around people's necks if they dissented. And in some ways the fear is that you will be necklaced here, you will have a flaming tire of lack of patriotism put around your neck. Now it is that fear that keeps journalists from asking the toughest of the tough questions'. The Guardian, le 17 mai 2002). (On notera que la plupart des opinions critiques sur le 11 septembre ont été publiées dans des journaux anglo-saxons non américains).
Est-on nécessairement anti-américain lorsque l'on se pose l'une des questions mentionnées ci-dessus ? Est-on donc nécessairement anti-français si l'on dénonce le rôle de la France dans le génocide rwandais ou le rôle de l'armée dans le complot ourdi contre Dreyfus ou le rôle d'un ancien Ministre de l'Intérieur dans le massacre d'Algériens en plein cur de Paris ? Les Américains qui osent se poser ces questions sont-ils donc des traîtres à leur pays dignes du peloton d'exécution ?
La démocratie américaine est-elle mieux défendue par ceux qui se posent des questions sur les actions de leurs dirigeants ou par ceux qui les suivent avec un aveuglement patriotique ? Qui est plus digne de la république américaine, ceux qui considèrent les citoyens américains inaptes à affronter la vérité ou ceux qui veulent mettre les informations dont ils disposent, même les plus controversées, au centre du débat public ? Faut-il prendre le risque de couvrir des crimes, peut-être sans précédent, pour ne pas donner d'argument à ses ennemis ? Ces ennemis ont-ils besoins de ce genre d'arguments pour mener leur combat contre les démocraties ? Faut-il s'autocensurer pour ne pas risquer d'affaiblir nos démocraties ? La force de nos démocraties ne réside-t-elle pas dans leur capacité à surmonter pacifiquement leurs crises politiques ?
Est-ce une faute de se poser ces questions ou est-ce un devoir ?
Les citoyens doivent-ils être cyniques ou sceptiques ?
Nous prend-on pour des idiots ?
A cette dernière question nous répondrons sans hésiter : 'Oui'.
Guillaume de Rouville Août 2003