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La corruption - Bribery
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La corrupción
©
Gérard Verna. Pour tous commentaires ou
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Dernière
mise à jour
2009.05.25
(Grenoble)
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Être
corrompu, c'est accepter de faire ce qu'on ne
devrait pas - ou de ne pas faire ce qu'on devrait -
sous prétexte d'une compensation,
monétaire ou autre, qui nous aidera à
oublier qu'on a mal agi.
Il
y a des personnes qui ont plus de mal que les
autres à oublier leur mauvaise action et
ceci peut les rendre presque incorruptibles car
elles seraient trop exigeantes en termes de
compensation.
Mais,
si on parle beaucoup des conséquences
économiques de la corruption, on ne souligne
pas assez les effets corrupteurs de
l'économie. À trop considérer
combien certains agissements de personnes
corrompues coûtent à l'économie
d'un pays, on occulte combien une économie
trop libérale, prospérant sur un
système social fondamentalement
inégalitaire, discriminatoire et injuste
coûte à l'ensemble de la population
qui le subit.
G.
Verna. 1er janvier 2005
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La
Belette entrée dans un
grenier
Damoiselle
Belette, au corps long et flouet,
Entra dans un grenier par un trou fort
étroit;
Elle sortait de maladie.
Là, vivant à discrétion,
La galande fit chère lie,
Mangea, rongea : Dieu sait la vie.
Et le lard qui périt en cette occasion!
Là voilà, pour conclusion,
Grasse, maflue et rebondie.
Au bout de la semaine, ayant dîné son
soûl,
Elle entend quelque bruit, veut sortir par le
trou,
Ne peut plus repasser et croit s'être
méprise.
Après avoir fait quelques tours,
"C'est, dit-elle, l'endroit; me voilà bien
surprise;
"J'ai passé par ici depuis cinq ou six
jours."
Un rat qui la voyait en peine,
Lui dit : "Vous aviez lors la panse un peu moins
pleine;
Vous êtes maigre entrée, il faut
maigre sortir.
Ce que je vous dis là, l'on le dit à
bien d'autres ;
Mais ne confondons point, par trop approfondir,
Leurs affaires avec les
vôtres."
La
Fontaine, (1621, 1695)
"Fables", Livre III, XVII.
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Il
n'existe pas vraiment de lois internationales. Les
prescriptions légales s'arrêtent en
général aux frontières des Etats. Le
monde des affaires internationales bénéficie
donc de degrés de libertés
supplémentaires. Ceci d'autant plus que les
législations nationales ne sont pas toujours
marquées par le plus grand réalisme : ainsi
des taxes très élevées sur les
cigarettes sont une incitation directe à la
contrebande, cependant que des peines tellement
sévères pour les corrompus qu'elles en
deviennent inapplicables, ne permettent plus d'endiguer les
tentations.
Les
victimes de la corruption sont souvent dans l'ignorance de
ce qui leur est retiré. Lorsqu'un marché de
travaux publics donne lieu à bakchich, il peuvent
être lésés en tant que contribuables ou
en tant qu'automobilistes. Dans les deux cas, il leur est
impossible d'apprécier clairement le surcroît
d'impôts ou l'excès de péage qu'ils ont
à acquitter. Lorsque les victimes sont nombreuses et
peu conscientes, la triche est d'autant plus facile. En
revanche lorsque les victimes potentielles sont beaucoup
mieux identifiées, il convient de ne pas adopter une
attitude passive. Les grandes catastrophes industrielles,
comme Tchernobyl et Bhopal, sont liées non pas
à la corruption, en tant qu'attitude active, mais
plutôt à la triche par la passivité. Les
risques objectifs de certaines usines sont très
grands, mais une série de collusions engendrent la
passivité des différents acteurs.
Nous
essayons de montrer comment fraudeurs et autorités,
corrupteurs et corrompus, entrepreneurs négligents ou
indélicats et leurs victimes, sont liés dans
des situations où il y a eu, à un moment au
moins, convergence d'intérêt. Un bon exemple
historique, de très grande dimension, est celui de la
prohibition de l'alcool aux Etats-Unis dans les
années trente. Au lieu d'aboutir à une
société tempérante, cette mesure
parfaitement radicale eut pour effet d'offrir un
extraordinaire terrain de développement pour les
activités de la pègre. De plus en plus
l'idée s'impose que les mesures réglementaires
doivent avoir un caractère raisonnable par rapport
à la nature humaine, aux motivations et aux
capacités morales réelles des individus. Les
contrebandes sont pour beaucoup l'histoire de ces zones
floues où la réglementation crée
l'opportunité de triche, sans pour autant que le
contrebandier fasse l'objet d'une forte
désapprobation des honnêtes citoyens... qui
d'ailleurs lui achètent parfois ses
marchandises.
Parfois
les triches vont loin. Lorsqu'elles se parent de la
respectabilité et de la dimension d'une grande banque
internationale. Un bon exemple de fruit terriblement
empoisonné est celui de la BCCI, la Bank of Credit
and Commerce International, fermée en juillet 1991.
Des centaines de milliers de déposants ont
été partiellement ou totalement ruinés
par la faillite de cette banque. Liée aux services
secrets, contribuant directement aux trafics d'armes et de
drogue, elle a pratiqué le détournement de
fonds de sa clientèle à grande échelle.
Ce qui est étonnant dans l'affaire de la BCCI, c'est
la respectabilité qu'elle a su maintenir pendant tant
d'années alors même qu'elle était
engagée dans des opérations clairement
criminelles. Là aussi, le mot-clé est
"opportunisme". Cette respectabilité n'a pas
été mise en cause parce qu'elle arrangeait
trop d'acteurs. L'affaire BCCI a une grande vertu
démonstrative : elle montre les liens
systémiques qui existent entre services secrets,
paradis fiscaux et sociétés écrans,
trafics d'armes et circuits financiers parallèles. Le
malheur dans cette affaire est que plus de cent mille petit
déposants se sont retrouvés pris au
piège lorsque la banque a été
fermée.
Un
comportement légal peut être illégitime
et vice versa. Les visions de ce qui fait le
caractère légal et/ou légitime varient
suivant les pays et les époques. Le moins que l'on
puisse dire est que, dans une époque où les
changement technologiques sont très rapides, les
doutes sur l'adaptation des réglementations sont
fréquents. Pour relativiser, éviter la
moralisation trop rapide et les "n'y a qu'à" il faut
d'abord classer les actions en termes de
légalité et
légitimité.
L'argument
de base est que les systèmes sociaux doivent tenter
de ne pas créer de biais structurels vers la
déviance. Il faut à tout prix que les
structures de réglementation évitent les
injonctions paradoxales.
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