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Trafics de personnes et d'organes humains - People and Human Organs Trafficking - Tráficos de personas y organos humanos

 

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Boris Gavrilov

Russie - Etats-Unis Prévention du trafic d'êtres humains

RIA Novosti 2004-05-20


Source : Agence d'Information "Novosti" http://fr.rian.ru/rian/index.cfm?prd_id=427&do_alert=0&date=2004-05-20&msg_id=4338772

Les organes judiciaires américains ont arrêté à New York le citoyen américain Gregory C. Kapordelis impliqué dans des crimes particulièrement graves commis contre des mineurs sur le territoire de la Russie où il se rendait en missions. L'opération a été effectuée par les services d'immigration et des douanes en coopération avec les services secrets de la Fédération de Russie.

Les exemples de la coopération russo-américaine fructueuse dans ce domaine sont nombreux. La découverte d'un trafic illégal de femmes en provenance de Saint-Pétersbourg pour les Etats-Unis en est un. Le Bureau fédéral d'investigation a réussi à persuader un Américain qui avait déjà été condamné pour ce crime à collaborer avec lui. Par son intermédiaire, les schémas utilisés pour entraîner des femmes à des fins d'exploitation sexuelle et pour vendre des enfants sous prétexte de leur adoption ont pu être mis au jour. Ensuite leurs organes ont été utilisés pour des greffes. Les éléments de cette affaire ont été remis à la Russie par Tom Firestone, représentant permanent du ministère de la Justice des Etats-Unis à Moscou.

Au cours des sept dernières années, des dizaines de groupes criminels organisés qui se livraient au recrutement de citoyens russes pour l'industrie du sexe aux Etats-Unis, en Europe, en Asie et au Proche-Orient ont été démantelés en Russie. Ces groupes étaient basés à Ekaterinbourg, Volgograd, Saint-Pétersbourg, Kaliningrad. L'un d'entre eux mis au jour par les services secrets russes et américains a gagné, dans un bref laps de temps, 700 000 dollars. Selon les estimations des experts, les revenus criminels provenant du trafic d'êtres humains occupent aujourd'hui la troisième place au monde, après le trafic d'armes et de drogue.

Cette année, l'Assemblée russe sur les problèmes de la lutte contre le trafic d'êtres humains s'est tenue pour la première fois à Moscou. Les représentants des organisations non gouvernementales et du pouvoir exécutif, y compris le Secrétaire d'Etat américain Colin Powell qui a assisté au forum, ont tenté de rechercher ensemble les moyens de lutter contre la traite d'esclaves. Les clients de ce trafic se trouvent, pour l'essentiel, en Europe et aux Etats-Unis. D'après les données de l'Organisation internationale pour les migrations, environ 50 000 femmes et enfants sont transférés tous les ans de l'Europe centrale et de l'Est aux Etats-Unis. Selon Colin Powell qui a pris la parole devant les participants à l'Assemblée russe, "le trafic d'êtres humains est amoral et inadmissible". Il a invité à conjuguer les efforts de toute la communauté internationale en vue d'y mettre fin.

Dans le cadre de la lutte commune contre la traite d'esclaves, le Congrès et le Bureau fédéral d'investigation ont invité aux Etats-Unis une délégation de représentants des organes judiciaires de la Fédération de Russie et de parlementaires russes. La délégation a été reçue dans les structures du pouvoir législatif et aux parquets de plusieurs Etats américains, au ministère de la Justice et dans les services spécialisés. L'expérience américaine mérite toute attention car les Etats-Unis ont déjà une loi sur la lutte contre le trafic d'êtres humains. En Russie, pour l'instant, il n'y a qu'un projet de loi à ce sujet. La législation américaine sur la défense des témoins est également très utile. 17 000 personnes bénéficient actuellement de sa protection sûre. Ce n'est pas un hasard si les témoins dans des affaires particulièrement importantes ne manquent pas aux Etats-Unis. En Russie, cette loi fait également défaut. Les députés à la Douma (chambre basse du parlement russe) devront s'en préoccuper.

La Russie a récemment ratifié la Convention de Palerme sur la lutte contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants. Cela a offert aux organes judiciaires russes de nouvelles possibilités pour rendre plus efficace la lutte contre la traite d'esclaves.

 

Boris Gavrilov, chef adjoint du Comité d'instruction du ministère russe de l'Intérieur