Paul A. L. Evans

 

" Management Development as Glue Technology"

 

HR. Human Resource Planning; Tempe; 1992

 

Compte-rendu de lecture par Joey P. Boudreau

 

dans le cadre du cours de Relations humaines dans les affaires internationales, hiver 2002,
programme de maîtrise en gestion internationale, Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval,

Professeur Gérard Verna


Résumé

Dans l'entreprise globale d’aujourd’hui, une tâche importante de la gestion managérialle est de fournir une colle organisationnelle, c’est-à-dire intégrer des filiales et d'autres unités qui exigent leur propre autonomie. Les limites auxquelles une compagnie peut manipuler la différentiation et la décentralisation sont fixées par sa capacité de manipuler le défi complémentaire de l'intégration. 3 éléments constituent le défi de l’intégration - direction (buts, visions, et cibles), commande, et coordination. Les capacités d'intégration sont progressivement accumulées par l'application de la colle aux points de liaison où elle est nécessaire. La gestion de carrière peut être une colle technologique très puissante. La mobilité permet entre autres : 1. développement de la gestion individuel, 2. compétences culturelles, 3. perspectives et rapports élargis, et 4.  transfert de l'étude.  La vision doit être enracinée dans la réalité, et les valeurs doivent mobiliser l'énergie et les actions.  Ainsi, le résultat de ce processus doit être général et spécifique.

 

Introduction

Le rôle de la gestion managérialle change dans la nouvelle réalité économique. Depuis longtemps, un de ses objectifs était d’embaucher au moment propice et dans les bons endroits des personnes compétents par le recrutement, la gestion de succession, la formation, et d'autres formes de développement. Alors que les "endroits" ont changé des cadres statiques sur un organigramme en des buts stratégiques et d'affaires, ainsi le rôle est venu pour entourer la mise en place de ces nouveaux stratégies et plans. Dans les entreprises multinationales, la gestion managérialle subit des profonds changements. La gestion managérialle est devenu un outil pour la gestion organisationnelle. Cela dit, les outils formels de l'organisation (structure et systèmes hiérarchiques) ne peuvent plus résoudre les dilemmes organisationnelles tels que les enjeux de la centralisation et de la décentralisation des pouvoirs décisionnelles de la filiale de la multinationale.

 

Centralisation versus décentralisation

Dans les premières phases de l'internationalisation, jusqu'à la fin des années 1960, la plupart des sociétés étaient centralisées. Ce principe organisationnel était logique puisque les sièges sociaux avaient les ressources humaines et techniques, le savoir-faire de fabrication, et l'accès au capital (Doz et Prahalad, 1981). Avec l’amplitude et le développement de l’internationalisation dans les années 1970, ce principe organisationnel tend à changer. Dans un marché plus compétitif, les initiatives locales deviennent des facteurs compétitives de succès : clientèle locale, adaptation des produits aux besoins locaux, et l’intéressement des firmes locales à travailler avec les firmes étrangères. Avec cette nouvelle réalité, la question qui se pose aux gestionnaires est de savoir comment décentraliser les divisions de la multinationale pour répondre aux nouvelles opportunités des marchés internationaux. Alors que certaines entreprises redéfinissent leur structure organisationnelle, d’autres entreprises procèdent aux changements directement dans les divisions techniques.  

Avec l’avènement de la globalisation dans les années 1980, on remarque une nouvelle pensée organisationnelle mettant l’emphase sur la centralisation. Les clients globaux recherchent une coordination centrale de leurs besoins, ils veulent des économies d’échelles avec un service général. Ainsi, le milieu des années 80 était que les forces de la centralisation et de la décentralisation ont simultanément atteint le sommet, aggravée par le fait que les solutions doivent maintenant ajouter la valeur organisationnelle au plus bas coût possible. 

 

Nouvelle intégration

Les limites auxquelles une organisation peut manipuler la différentiation et la décentralisation sont fixées par sa capacité de manipuler le défi complémentaire de l'intégration. Trois éléments constituent le défi de l’intégration:  direction (buts, visions, cibles), commande, et coordination. Cela dit, les centres d’excellences ne doivent plus seulement venir de la société mère, mais des divisions qui peuvent développer les meilleures compétences. Avec cette nouvelle philosophie organisationnelle, les gestionnaires doivent être en mesure de déterminer qui va travailler avec qui. Ces nouveaux liaisons constituent un processus formel, mais qui fait partie de la stratégie future de la firme.

 

Application de la colle technologique

Les capacités d'intégration entre la filiale et la société-mère sont progressivement développées par l'application de la colle technologique aux points de liaison où elle est nécessaire. La colle technologique peut être conceptualisée en termes de hiérarchie inversée des mécanismes. Les bases sont fournies par les mécanismes simples qui sont relativement peu coûteux et facile à utiliser. L'utilisation des mécanismes plus sophistiqués suppose que ces bases ont été créées. Sinon, des tentatives d'utiliser une puissante colle technologique sont susceptibles d'être contrecarrées. Afin de s’assurer une réussite quant à l’application de la colle technologique entre les filiales et la société-mère, la haute direction encourage le contact personnel entre les membres des différents divisions. Que ce soit par des conférences, des ateliers de formation, ou des rencontres purement sociales, le réseautage entre les employés est encourager afin de maximiser la colle technologique. Une autre méthode de solidifier la colle technologique est par la gérance de projets dans les filiales. Étant donnée que certaines nouvelles opportunités sont développées sur le terrain, les employés travaillant dans les marchés étrangers vont bénéficier d’un meilleur encadrement s’ils sentent l’appui de la haute direction de la société-mère. Ainsi, le rôle de ces derniers ne sera plus de trouver uniquement des solutions aux problèmes sur le terrain mais de développer des méthodes de travail en collaboration avec les filiales. La formation et la mobilité du personnel sont deux éléments qui peuvent solidifier les liens entre les filiales et la société-mère. Si l’employé ressent un appui face à ses ambitions de carrière, l’employé dans la filiale sera plus enclin à collaborer avec les centres techniques à la société-mère. De plus, si les employés peuvent changer de marchés/filiales afin de parfaire leurs connaissances professionnelles, la relation entre les différents organisations sortira gagnante.

Conclusion

Pour le département des ressources humaines de la multinationale, l’aspect centralisation-décentralisation de la société-mère devra toujours recevoir une attention particulière. Si les dirigeants optent pour une plus grande décentralisation vis-à-vis des filiales, la notion de colle technologique prendra toute son importance. Ainsi, les liens développés entre les intervenants des différents organisations dicteront le succès ou l’échec sur une opportunité donnée.