Rita Bennett, Anne Aston,
and Tracy Colquhoun
"
Cross-cultural training: A critical step in
ensuring the success of international assignments"
Human Resource Management, Summer/Fall
2000, Vol. 39, Nos. 2&3, Pp.239-250
Compte-rendu de lecture par François Noël de Tilly
dans le cadre du cours de Relations
humaines dans les affaires internationales, hiver 2002,
programme de maîtrise en gestion internationale, Faculté des sciences de
l'administration de l'Université Laval,
Professeur Gérard Verna
Le
but des auteurs de l’article intitulé Cross-Cultural
Training est d’analyser si la formation interculturelle peut augmenter le taux
de succès des missions à l’étranger et l’efficacité des expatriés dans leurs
fonctions à l’étranger. Les thèmes
suivants sont examinés : les motifs poussant l’entreprise à faire de la
formation interculturelle, l’analyse des candidats potentiels à une formation,
l’analyse des différentes composantes d’un programme de formation et l’analyse
des limites de tels programmes de formation.
Les
motifs poussant une compagnie à faire de la formation interculturelle sont
d’augmenter les chances de succès et de réduire les risques d’échec de la
mission. Le succès est défini par
l’entreprise comme étant d’avoir les bonnes personnes au bon endroit et au bon
moment. Cependant, dépendamment de la
compagnie et du contexte dans lequel elle œuvre, il est essentiel de préciser s’il s’agit de
succès pour une mission tactique à court terme ou une mission stratégique à
long terme. Les moyens mis en œuvre pour
maximiser les chances de succès consistent à sélectionner les candidats
adéquatement, les préparer à s’ajuster au nouvel environnement, les aider
à atteindre un style de vie satisfaisant et les aider à réaliser les objectifs
de l’entreprise. Aux fils des ans, les
entreprises ont tenté de maximiser leur retour sur investissement en augmentant
les responsabilités des expatriés car ils sont passés de gens qui transféraient
les connaissances d’un pays à un autre à des agents de changement qui vont
s’enrichir et augmenter leurs connaissances des différents marchés. De nos jours, l’emphase de la formation est
mise sur l’ajustement à la nouvelle localisation sans nécessairement s’assurer qu’il
y aura une adaptation à la culture locale.
Cependant, les firmes voulant augmenter leurs chances de succès doivent
mettre l’emphase de la formation sur la création de relations durables basées
sur la confiance avec les gens locaux.
Dans un second temps, il est faux de croire que le retour prématuré est
le seul élément à considérer lorsque l’on veut diminuer le risque d’échec car
il est présent dans seulement 6% des cas.
De plus, retarder la production, envenimer les relations avec les
partenaires locaux et entacher la réputation de la compagnie sont des éléments
moins apparents mais tout aussi coûteux car ils affectent la performance de la
compagnie à long terme.
En
ce qui concerne l’analyse des candidats potentiels, les recherches effectuées sur le
sujet démontrent que trois expatriés sur quatre sont mariés et qu’environ
soixante pourcent de ces couples possèdent chacun leur propre carrière. Conséquemment, il est essentiel pour
l’entreprise d’offrir le programme de formation aux autres membres de la
famille et de s’assurer que tous acceptent le départ car lorsqu’ils arriveront
dans le nouvel environnement, ils devront former une équipe se supportant
mutuellement. Cependant, seulement 47%
des compagnies s’assurent que les conjoints sont considérés comme partenaires
plutôt que victimes ce qui explique la plupart des
retours anticipés. Finalement, une
formation approfondie doit être offerte aux enfants quittant pour une
localisation isolée car ils devront forcément être inscrits à l’école locale
plutôt qu’à l’école internationale.
Un bon programme de
formation devrait inclure une évaluation verbale et écrite des besoins de
l’employé, de la famille et lorsque possible, du gestionnaire immédiat. En ce qui a trait au contenu, il devrait être
adapté aux besoins des individus préalablement mentionnés tout en s’assurant de
couvrir les aspects suivants : compréhension de la culture locale, de
l’histoire et de la politique, adaptation de l’expatrié aux coutumes locales et
gestion de l’anxiété à l’approche d’une mission internationale. Malgré le fait que le temps soit limité, ce
programme devrait commencer de trois à cinq semaines avant le départ alors que
la plupart des compagnies offrent deux sessions de trois jours quelques jours
seulement avant le départ. Un débat
existe en ce moment à savoir si les formateurs devraient partager leur savoir
avant le départ de l’employé ou à son arrivée dans le pays d’accueil.
La formation en
soit peut contribuer énormément aux chances de succès et réduire les risques d’échecs;
cependant plusieurs autres facteurs complémentaires doivent s’y ajouter
comme : la communication entre les membres de la famille, l’acceptation du
projet par la famille, l’apprentissage de la langue locale et la participation
à un programme de tutorat.
En conclusion,
d’après l’auteur, une formation effectuée au moment opportun et bien exécutée
devrait augmenter le retour sur l’investissement de toutes les parties
impliquées. Cependant, il est essentiel
de rappeler que même si la formation atteint son objectif de diminuer les
retours anticipés et d’améliorer le succès de la mission, l’expatriation risque
de causer des problèmes à moyen terme pour l’entreprise car l’expatrié
habituellement révise son système de valeurs.
Conséquemment, un expatrié sur deux décidera de quitter l’entreprise
alors que l’autre risque de subir le phénomène de l’enterrement ou une
réintégration difficile. Il serait donc
important de comprendre comment la formation interculturelle en plus
d’augmenter l’efficacité de la mission pourrait aider l’expatrié à se
réintégrer dans son milieu d’origine.
Une réintégration réussie devrait faire partie des facteurs clés à
considérer pour atteindre la réussite car les coûts et les conséquences
engendrées à la suite du départ de l’expatrié peuvent être plus importants que
les bénéfices se rattachant à la mission effectuée à l’étranger.