Alan Fish and jack Wood

 

« A Challenge to Career Management Practice»

 

 The International Journal of Career Management; Hong Kong; Vol: 5 Iss: 2, 1993

 

Compte rendu de lecture réalisé par Hannatou Hassane Ousmane

 

Dans le cadre du cours de Relations humaines dans les affaires internationales, hiver 2007,

programme de maîtrise en gestion internationale, Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval,

Professeur Gérard Verna

 

 

Même si le domaine de la gestion de carrière est un aspect important dans la gestion des ressources humaines, il est souvent ignoré. Pourtant, on assiste à une mobilité du personnel tant au niveau des entreprises qu’à l’international. En effet, des études faites au Royaume-Uni, en Australie et aux Etats-Unis n’ont pas réussi à faire ressortir l’importance d’une bonne gestion de carrière. A titre d’exemple, dans les cinq dernières années, seulement 12  textes sur trente cinq traitant des sujets du personnel et de la gestion des ressources humaines, ont consacré un chapitre sur la gestion de carrière.

Ainsi, et la théorie et la littérature manquent de souligner l’importance d’une bonne gestion de carrière tant au niveau individuel qu’organisationnel.

Pour pouvoir bien informer les gestionnaires des réalités de la mobilité internationale, on doit bien identifier et évaluer les facteurs inhérents à la pratique de gestion de carrière.

La pratique traditionnelle

Selon les tenants de la pratique traditionnelle de gestion de carrière, chaque type d’entreprise et sa culture organisationnelle requièrent un type spécifique de gestionnaire pour une bonne réussite. Pourtant selon certains auteurs, on n’a pas nécessairement besoin de personnes spécifiques pour chaque environnement différent car les gestionnaires sont capables de s’adapter à de nouvelles fonctions. Klein et Posey ont effectué des recherches concluantes là-dessus en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Selon ces auteurs, pour une bonne pratique de gestion de carrière, il est important de pouvoir identifier les habiletés diverses et les  capacités d’adaptation individuelles. Par ailleurs, vu que le nouveau contexte international exige une plus grande mobilité pour une meilleure réussite des entreprises, on voit dès lors l’importance de promouvoir le développement des compétences des gestionnaires dans des environnements variés tout en valorisant aussi la direction stratégique de l’entreprise.

La gestion de carrière

Selon Schein, il est difficile de décrire avec exactitude à travers des concepts, les expériences que peut vivre un gestionnaire dans sa profession.

Même si l’importance d’une planification efficace et  le développement de la carrière chez l’individu et dans l’organisation sont largement reconnus, il n’en demeure pas moins que la littérature et son application n’offrent pas le cadre pour réaliser ce potentiel. En effet, la gestion spécifique de carrière  ne donne pas nécessairement les résultats escomptés car il surgit parfois un conflit entre les intérêts individuels et ceux de l’organisation. Selon Gunz, le phénomène d’analyse de gestion de carrière au plan individuel et organisationnel, quoique formant une dualité, représentent deux faits qualitatifs distincts. Ainsi, tandis que l’individu cherche des aspirations qui lui sont convenables, l’entreprise elle, accorde une grande importance au processus de son renouvellement. Selon Gunz, il est important d’identifier les efforts nécessaires tant au niveau individuel qu’organisationnel pour permettre à l’individu de progresser, même dans un nouvel environnement.

 Toujours selon Gunz, la carrière d’un individu s’articule de trois façons : bâtir, rechercher ou subsister. Beaucoup de recherches ont été effectuées sur « bâtir » contrairement aux deux autres. En effet, « bâtir » consiste à opérer à l’intérieur d’un modèle directeur en progressant soit verticalement ou horizontalement dans l’organisation. Par contre, dès qu’il survient des contraintes soit au niveau individuel ou organisationnel, l’individu se met à la recherche d’un nouvel emploi. Quant au mode « subsistance », il peut s’expliquer par l’effondrement de l’entreprise, le licenciement par elle, ou simplement le manque d’intérêt de la part du gestionnaire. Selon les travaux de Luis et Nicholson, la compréhension du processus de transition permettrait de mieux faciliter l’intégration dans une nouvelle organisation.

 

 

Selon Gutteridge, la gestion de carrière future fera face à une plus grande mobilité, donc nécessitera plus de flexibilité. Par ailleurs, les progrès technologiques remettront en cause les méthodes traditionnelles de gestion de carrière car ils nécessiteront de nouvelles compétences. D’où l’importance de promouvoir l’opportunité pour la mobilité interne et externe, horizontale et multifonctionnelle.

Enfin, pour une meilleure performance de l’individu et une meilleure productivité pour l’entreprise, combiner les besoins de l’individu et ceux de l’organisation profitera au deux.

 

Les auteurs de ce texte ont bien souligné un aspect qui demeure toujours important dans la vie professionnelle et organisationnelle: avoir la compatibilité entre les intérêts individuels et ceux de l’organisation. Par ailleurs, les défis de la gestion de carrière qu’on observe aujourd’hui ont bien été identifiés.

Par contre, vu que ce texte a été écrit en 1993, on a désormais davantage pris conscience de la réalité de la mobilité internationale avec l’avènement de la mondialisation. Dans la majorité des cas, de la définition d’une bonne gestion de carrière, dépendra  la réussite de la vie professionnelle. Néanmoins, pour les débutants, il est difficile de se mettre des barrières au départ en ayant un plan de carrière déterminé. Dans la plupart des cas les gestionnaires qui peuvent se permettre un plan de carrière bien défini « ont les moyens de leurs ambitions ».