Human resource development, social capital, emotional
intelligence
Any
link to productivity?
Kit
Brooks, University of Arkansas, Fayetteville, Arkansas, USA
Fredrick Muyia Nafukho, University
of Arkansas, Fayetteville, Arkansas, USA
Journal of European Industrial Training Volume 30
Number 2 2006 pp. 117-128
Copyright © Emerald Group Publishing Limited ISSN
0309-0590
Compte-rendu de lecture par Jérôme Fritz dans
le cadre du cours GIE
64375 « Relations humaines dans les affaires internationales », Hiver 2007,
programme de MBA
en gestion internationale de l’Université Laval, professeur Gérard Verna.
Cet article de Kit Brooks et de Frederick Muyia
Nafukho a pour but de provoquer un débat au
sujet des liens entre le Développement des Ressources Humaines, l’Intelligence
Emotionnelle et le Capital Social et d’inciter les spécialistes à étudier ces
relations et à développer des instruments pour les mesurer.
Méthodologie : recherche et synthèse de textes
de références à partir de plusieurs bases de données informatiques.
Le Développement des Ressources Humaines
Le Développement des Ressources Humaines (DRH) est présenté
ici comme le système par lequel une organisation développe les individus qui la
composent par le biais de formations –training
development-, développements de carrières et développements
organisationnels. Gilley et Maycunich (2000) définissent
le DRH de la manière suivante :
“ [The HRD is] the process of facilitating
organizational learning, performance, and change through organized
interventions and initiatives and management actions for the enhancing an
organization's performance capacity, capability, competitive readiness, and
renewal (p. 6).”
Il existe cependant un grand nombre de définitions
différentes de cette notion, au point qu’il est illusoire de vouloir apporter
une définition universelle. Trois points clés pour définir le DRH sont l’apprentissage,
la performance et le changement. D’après Mankin (2001), les professionnels du DRH doivent avant tout
savoir gérer les changements et voir le DRH comme un ensemble de procédés et
non pas comme une fonction.
Les trois disciplines liées au DRH sont l’économie,
la psychologie et la théorie des systèmes. L’aspect économique est focalisé sur
la productivité, tandis que l’aspect psychologique se penche sur le rôle des émotions
dans la performance de l’entreprise. Enfin, la théorie des systèmes met en
lumière les rapports entre performances organisationnelles et réseau social.
Le Capital Social
Les théories économiques ont beaucoup évolué au
cours des dernières décennies. La notion de capital ne se limite plus à des éléments
purement tangibles comme les bâtiments ou la machinerie mais inclut désormais le
capital humain, le capital intellectuel ou encore le capital relationnel. Ainsi,
les organisations reconnaissent le capital humain et investissent en formations
depuis les années 50 et 60.
La notion de capital social (CS) est plus récente
et suscite actuellement un grand intérêt auprès des théoriciens organisationnels.
Il existe un grand nombre de définitions de ce terme et de nombreuses divergences
entre ces définitions. L’une des plus fréquemment citées est celle de Lin (2001, p. 25) : “the resources embedded
in social networks accessed and used by actors […] and can also be envisioned
as investment by individuals in interpersonal relationships useful in the
markets”. La
plupart des théoriciens voient le CS comme les ressources suscitées par le
réseau interpersonnel interne à l’organisation. D’autres auteurs associent
cette notion à la culture ou à la confiance, ainsi Cohen
et Pursak (2001a, b), définissent le CS comme la
confiance, la compréhension mutuelle et les valeurs et comportements partagés,
tandis que pour Lin, ces éléments favorisent les relations mais ne sont pas à
inclure dans le CS. Dans tous les cas, le CS est perçu comme quelque chose de
positif pour le collectif d’une organisation et pour les individus qui composent
ce collectif. Il permet de faciliter la coopération et la coordination interne
et ainsi, de diminuer les coûts de transaction ou de réduire la bureaucratie.
Qu’elle soit considérée comme un élément du CS ou comme
un simple stimulant, la confiance est reconnue comme un facteur influençant la productivité.
Les travaux de Fukuyama
(1995) suggèrent ainsi que toutes les organisations qui fonctionnent efficacement
sont caractérisées par des relations de confiance à l’interne et par la
mobilisation autour d’un but commun. Ainsi, pour être efficace et bénéficier
pleinement des investissements en DRH, une organisation doit savoir créer un
cadre social efficace.
L’Intelligence Emotionnelle
L’Intelligence
Emotionnelle (IE) est définie par Salovey et Mayer (1990) comme les procédés
intellectuels mis en œuvre dans la reconnaissance, l’usage, la compréhension et
le traitement de ses émotions et de celles des autres, ainsi que l’habileté à
les utiliser en management notamment. Les approches théoriques de l’intelligence
émotionnelle varient beaucoup selon les auteurs. Les ouvrages les plus récents
suggèrent néanmoins que les émotions jouent un grand rôle dans la motivation, l’organisation
et la gestion d’activités collectives. Nombre d’organisations ont aujourd'hui intégré
la notion d’IE et le nouveau leader doit dorénavant
présenter des qualités émotionnelles.
Ainsi d’après Hawley (1996) les ‘futurs’ leaders seront ceux qui
feront preuve d’empathie et de sollicitude plutôt que d’ambition. Goleman (2000) démontre que les leaders les plus
efficaces sont ceux qui possèdent des habilités liées à l’IE,
d’autres ouvrages suggèrent que les émotions ont un impact sur les performances
d’une entreprise et peuvent déterminer le succès ou l’échec d’un projet. Enfin,
développer l’IE dans une organisation permet de créer
un cadre stimulant et d’améliorer son Capital Social.
Modèle d’Intégration, liens entre DRH, IE, CS et Productivité
Le CS peut être considéré comme un processus
intangible qui génère un avantage compétitif et un gain de productivité, s’il
se base sur l’IE des employés ainsi que sur leurs
compétences –acquises via des
programmes de DRH. Enfin, l’environnement extérieur affecte également l’efficacité
de l’entreprise.
Figure 1: Integrating HRD,

A l’ère de l’idée, la clé de la compétitivité
réside dans les personnes d’après Appleby et Mavin (2000). En effet,
comme la plupart des avantages compétitifs peuvent être copiées ou dépassés par
la concurrence, la différenciation doit provenir des idées et de l’innovation, donc
des ressources humaines. Ce type de constat renforce l’importance du DRH. Par ailleurs,
les organisations sont sensibles aux émotions de ceux qui les composent ;
les émotions ‘négatives’ (inquiétude, animosité,…) peuvent ainsi réduire la
cohésion d’une équipe de travail, tandis qu’un climat positif est favorable à
la collaboration et à l’échange. Développer l’IE au
sein de l’entreprise permet de créer un environnement stable et propice au développement
d’un Capital Social et ainsi, de stimuler les performances organisationnelles.
Critique
Cet article offre une approche intéressante en faisant le rapprochement entre le CS, le DRH et l’IE. Il s’agit d’un travail purement théorique et basé uniquement sur des lectures. L’exercice de synthèse de textes est intéressant, mais le nombre de définitions différentes complique davantage les choses qu’il les clarifie.