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L'intelligence économique  -
La inteligencia económica -  Economic Intelligence


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Dernière mise à jour: 2009.10.20 (Québec)

 

 JORF Décret n° 2009-1122 du 17 septembre 2009 relatif au délégué interministériel à l'intelligence économique

Rapport Carrayon : Quelques définitions de l’intelligence économique...

La tribune : Le blog intelligence économique de Pascal Junghans,

 Dossiers spécialisés
  • Manifeste pour la promotion de l'intelligence économique d'entreprise 2008
  • Washington se méfie des ordinateurs de l'industriel chinois Lenovo mai 2006
  • L'intelligence économique à l'Intérieur dec. 2004
  • Guerre économique : Naissance d'un concept nov. 2004
  • Entretien avec M. Moinet : "La France vit une révolution silencieuse dans l'intelligence économique" avril 2004
  • Alain Juillet futur "M. Intelligence économique" à Matignon, dec. 2003
  • Bernard Besson et Jean-Claude Possin : Du renseignement à l'intelligence économique, Paris, Dunod, 1996

IDEE (Institut pour le Développement de l'Entreprise dans son Environnement) : Manifeste poiur la promotion de l'intelligence économique d'entreprise

1 L'intelligence économique est une manière de penser et d'agir au sein comme au-dehors de l'entreprise. Cette démarche ne peut se concevoir que dans un cadre éthique et déontologique respectueux de la loi, des contrats et de la propriété intellectuelle.

2 Les bonnes pratiques et les productions de l'Intelligence Economique d'Entreprise sont mesurables en quantité et en qualité. Elles peuvent faire l'objet d’évaluations, de diagnostics ou d'audits et de formations.

3 L'intelligence Economique d'Entreprise est une activité quotidienne et un investissement intellectuel dont les coûts sont vérifiables et le budget parfaitement lisible.

4 L'Intelligence Economique d'Entreprise contribue à l'amélioration de la performance et concourt à la satisfaction des partenaires, des personnels, des clients et des actionnaires.

5 Pour atteindre ces objectifs, elle mobilise la mémoire, les réseaux, les talents et les capacités d'analyse de l'entreprise en maîtrisant les sources et flux d'informations.

6 L'Intelligence Economique d'Entreprise produit les connaissances utilisables dans les actions de lobbying et d'influence locales, régionales, nationales, ou internationales.

7 L'Intelligence Economique d'Entreprise rend compte de l'image de l'entreprise et permet d'en redresser les faiblesses. Avec la veille technologique, elle ouvre à la Recherche les opportunités susceptibles de déboucher sur des innovations, des conquêtes de marché, des gains de productivité, des partenariats.

8 L'Intelligence Economique d'Entreprise est aussi un outil de sécurité, de sûreté, de prévention des risques entrepreneuriaux, technologiques ou naturels.

9 L'Intelligence Economique d'Entreprise protège et accroît le patrimoine immatériel de l'entreprise. Elle permet a celle-ci d'agir efficacement et à bon escient sur le marché de l'intelligence économique.

10 L'Intelligence Economique d'Entreprise éclaire les projets et les décisions de toute nature. Elle est un facteur de performance et un instrument de pilotage de toute l'organisation. Elle est un acte de management qui englobe à la fois la maîtrise des technologies de l'information et leur utilisation au service de la stratégie de l'entreprise.

Washington se méfie des ordinateurs de l'industriel chinois Lenovo :

Le président du conseil d'administration du groupe chinois a qualifié d'injuste la décision du département d'Etat de ne pas installer d'ordinateurs Lenovo sur son réseau sécurisé. YANG YUANQING crie à l'injustice. Le président du conseil d'administration de Lenovo estime que ses produits sont victimes d'une discrimination de la part du gouvernement américain. Le Département d'État vient en effet d'écarter l'utilisation sur son réseau sécurisé de quelque 16 000 ordinateurs personnels de la marque chinoise récemment achetés. Dans une lettre adressée au Congrès, le ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis précise que ses experts en sécurité informatique recommandent l'usage des PC Lenovo pour le seul traitement de documents non confidentiels. Initialement, il avait été prévu que 900 d'entre eux seraient connectés au réseau du Département d'État, à Washington, et dans des ambassades et consulats du monde entier. L'affaire crée un précédent dans la mesure où le Département d'État promet désormais de modifier ses méthodes d'achat «au vu du changement de propriétaire des fournisseurs d'équipements technologiques». Les machines concernées sont en fait assemblées en Caroline du Nord et au Mexique avec des circuits intégrés provenant de Taïwan. Lenovo a hérité de ces usines en rachetant l'an dernier les activités d'ordinateurs personnels d'IBM pour 1,75 milliard de dollars. 

La vente par IBM mal digérée par des élus américains Cette transaction voulue par IBM pour se débarrasser d'un pôle déficitaire a propulsé Lenovo au rang de numéro trois mondial de la micro-informatique, derrière Dell et Hewlett-Packard. Bien qu'approuvée par le comité interministériel américain chargé de surveiller les investissements étrangers, l'acquisition par Lenovo continue d'être mal vue par certains élus américains. Une commission créée par le Congrès pour surveiller les relations sino-américaines estime que la Chine a fait des Etats-Unis sa priorité en matière d'espionnage. Le risque d'incorporation dans des ordinateurs personnels chinois de composants ou de logiciels qui pourraient être activés pour donner à Pékin un accès à des secrets d'État, est jugé crédible par le président de cette commission, un ancien militaire, spécialiste de la Chine et des affaires de renseignement. Et puis certains élus invoquent les violations de droits de l'homme en Chine pour critiquer le principe même de l'obtention de contrats publics par une firme contrôlée par le gouvernement chinois. Les dirigeants de Lenovo y voient une «mentalité de guerre froide» et affirment que leurs usines présentent toutes les garanties de sécurité prévues par la loi américaine. Lenovo vise avant tout le marché des entreprises aux Etats-Unis. La société n'entend pas s'attaquer au marché grand public avant 2007. Dans ce contexte, la controverse sur la ségrégation de ses machines par le Département d'État n'est pas bienvenue

Pierre-Yves Dugua Le Figaro 26 mai 2006

 

L'intelligence économique à l'Intérieur :

Après Bercy et Matignon, le ministère de l'Intérieur se dote d'une agence spécialisée dans l'intelligence économique. Dominique de Villepin a annoncé la création d'une «cellule de sécurité économique nationale», rattachée à son cabinet. Son objectif sera de venir en aide aux entreprises «sensibles», potentiellement victimes d'attaques étrangères, a-t-il expliqué aux préfets, à l'Ecole militaire de Paris. Ces derniers seront chargés d'instaurer un «dialogue» avec «les services de la surveillance du territoire ou avec les réseaux français à l'étranger». «Il s'agit là d'un nouvel enjeu de souveraineté pour notre pays», a conclu le ministre. Liberation 10 décembre 2004

 

 Guerre économique : Naissance d'un concept :

L'intelligence économique (IE) remonte au début des années 90. L'économiste Jean-Louis Levet réunit un groupe de travail autour de l'ex-patron de l'Aérospatiale Henri Martre au Commissariat général au plan. Aux côtés de certains adeptes d'une politique industrielle forte, on retrouve Christian Harbulot, ex-maoïste de la Gauche prolétarienne, qui transpose ses idées sur la guérilla au monde économique. Il en sort en 1994 le rapport Martre, qui popularise le terme d'IE. Le concept épaissit alors le competitive intelligence (renseignements économiques) anglo-saxon d'une vision volontariste de la politique industrielle fondée sur la «maîtrise de l'information». Dix ans plus tard, l'IE est devenue un marché, avec ses cabinets, ses stars, et ses courants. Il y a des fractions dures, comme celle d'Harbulot. Martre a fait un passage comme conseiller du groupe américain Carlyle, expert en competitive intelligence. Levet plaide plutôt pour la coopération économique, sans naïveté. Toujours au Plan, il alimente François Hollande en réflexions sur la politique industrielle à l'heure d'une mondialisation ouverte. Florent Latrive : Libération, 24 novembre 2004

 

Entretien avec M. Moinet : "La France vit une révolution silencieuse dans l'intelligence économique"

Jean-Pierre Raffarin a nommé le 6 janvier un "M. intelligence économique". Que recouvre ce terme ? L'intelligence économique, c'est la maîtrise de l'information stratégique, tant pour les Etats que pour les entreprises. Depuis un rapport publié en 1994 par Henri Martre -ancien président d'Aerospatiale-, les grands groupes ont compris l'importance de cette activité. L'Etat aussi, en particulier le ministère des finances, s'y intéressait. Il fallait coordonner toutes ces actions, d'où la nomination d'Alain Juillet auprès de Jean-Pierre Raffarin comme "haut responsable de l'intelligence économique". Cette nomination intervenue en conseil des ministres, émanant d'un décret de Jacques Chirac, a symboliquement son importance.

Il s'agit de faire de la veille ? Pas seulement. Il y a d'abord eu de la veille technologique puis de la veille concurrentielle. Les grands groupes savent qui sont leurs concurrents et apprennent peu à peu à les surveiller. Ensuite, se développe la concurrence sur les normes. Le droit est devenu un champ de bataille. Mais la veille est insuffisante. Il y a maintenant une action à mener sur l'environnement des entreprises. Cela peut donner lieu à une guerre de l'information, particulièrement visible quand il y a une offre publique d'achat (OPA) d'un groupe sur un autre.

Où en est la France ? En matière d'intelligence économique, la France tente de rattraper son retard. Elle vit même une révolution silencieuse. Le rapport du député -UMP- Bernard Carayon -sur l'intelligence économique- remis à l'été 2003 au premier ministre, puis la nomination d'Alain Juillet ainsi que plusieurs décisions prises par la suite le prouvent.

Comment expliquer cette prise de conscience ? Le détonateur a sans doute été Gemplus. Cette entreprise française était leader mondial de la carte à puce. Cette technologie n'intéressait pas les Américains. Du coup, les trois leaders étaient français : Schlumberger-Sema, Oberthur Card Systems et Gemplus. Mais Schlumberger s'est américanisé, Oberthur a perdu du terrain, il reste donc Gemplus. Or le secteur devient stratégique, car il intervient dans la sécurisation des données et la biométrie. Et le fonds américain TPG est entré dans le capital de Gemplus en 2000 puis a pris le contrôle en 2002 de cette société dont le siège est désormais au Luxembourg.

On dit que TPG travaille pour la CIA, les services de renseignement américains. Qu'en pensez-vous ? Je suis persuadé que TPG a racheté Gemplus pour des raisons financières et industrielles. Mais ses dirigeants savaient que, en en prenant le contrôle, cela permettait d'avoir accès aux marchés de la sécurité américaine. De plus, TPG a nommé Alex Mandl à la tête de Gemplus. Or cet Américain a eu des liens avec la CIA. Non seulement parce qu'il était auparavant numéro deux de l'opérateur téléphonique AT & T, mais surtout parce qu'il était membre du Business Executives for National Securities (BENS), un organisme composé de dirigeants et de militaires qui conseille la CIA et le Pentagone sur les technologies et qui a rédigé un rapport sur l'importance stratégique de la carte à puce. Donc il n'y a pas eu de complot mais, comme souvent aux Etats-Unis, d'étroites synergies entre le secteur public et le privé.

Que peuvent les Etats pour se protéger ? Aux Etats-Unis, une loi précise qu'un investisseur qui rachète une entreprise stratégique n'est qu'un investisseur. Il n'a pas accès aux laboratoires et ne peut pas changer la direction. Par ailleurs, il existe un comité des investissements étrangers, le CFIUS, dirigé par le secrétaire au Trésor. Il peut peser sur les intervenants. Prenez l'échec de la fusion entre le français Alcatel et l'américain Lucent. Le CFIUS a influencé différents acteurs pour que l'échange d'actions n'aboutisse pas car Lucent détient une grande partie du savoir-faire américain en matière de cryptologie. Idem dans le domaine des satellites. L'opérateur américain est à vendre. Son concurrent européen, Eutelsat, voulait le racheter. Le CFIUS s'est montré défavorable et Eutelsat aurait retiré sa candidature. Mais, comme par hasard, entre-temps, TPG est entré dans le capital d'Eutelsat.

Qu'est-ce qu'une entreprise stratégique ? La France a longtemps privilégié la nationalité de l'entreprise mais c'est un paramètre complexe. Les Etats-Unis, eux, cherchent à définir les technologies qui leur paraissent essentielles pour l'intérêt national. Des clubs de réflexion dressent des listes ; et, comme les fonds d'investissement recherchent les créneaux porteurs, ils utilisent ces listes. Donc, par nature, le système innove. De plus, la CIA a créé un fonds In-Q-Tel, chargé d'investir dans les technologies de l'information. Alex Mandl travaillait pour ce fonds. La France doit donc avoir une bonne vision des technologies de souveraineté. Le problème est qu'il n'y a pas toujours d'investisseur privé intéressé même s'il s'agit souvent de PME. On l'a vu récemment avec Arisem. Voilà une petite entreprise travaillant pour le ministère de la défense pour aller chercher et traiter l'information stratégique. Elle se développe si bien que, à la fin de 2003, un fonds canadien veut l'acheter et la transférer à Calgary. Le gouvernement s'en est ému et a imposé à Thales de racheter Arisem. Le gouvernement peut aussi faire jouer l'article L151-3 du code monétaire et financier qui permet à Bercy de mettre son veto à un rachat qui concerne la défense nationale, la sécurité publique et la santé publique. C'est cet article que le gouvernement pourrait éventuellement mettre en œuvre pour protéger Aventis. Mais son utilisation est délicate.

A-t-il déjà servi ? Oui, récemment dans le cas de la Saft. Alcatel voulait se séparer de cette filiale qui est le numéro deux mondial, derrière un américain, dans la production de batteries qui ont des applications stratégiques pour les sous-marins, les satellites, les missiles. Or le repreneur le plus crédible était un fonds américain, Doughty Hanson. Dans un premier temps, Bercy a mis son veto, puis a proposé un compromis original : si les activités stratégiques sont délocalisées, le repreneur doit verser des pénalités très élevées et le directeur peut être tenu responsable pénalement. La nomination d'Alain Juillet a précédé de peu les affaires Saft et Arisem, je ne crois pas au hasard.

Propos recueillis par Frédéric Lemaître , Le Monde 20.04.04

 

Alain Juillet futur "M. Intelligence économique" à Matignon :

C'est Alain Juillet, l'actuel directeur du renseignement à la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui devrait prendre le nouveau poste de "M. Intelligence économique" à Matignon, dont la création avait été annoncée le 2 décembre par Jean-Pierre Raffarin. Cette création reprend l'une des 38 propositions du rapport "Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale", commandé début janvier par le premier ministre au député UMP du Tarn, Bernard Carayon, et publié début juillet. La mission confiée à M. Juillet sera d'impulser et de coordonner l'action gouvernementale en matière de renseignement économique. Son double profil de spécialiste du renseignement et d'ancien manager de sociétés en fait l'homme idoine pour ce poste. Agé de 61 ans, M. Juillet, neveu de Pierre Juillet, l'ancien conseiller spécial de Georges Pompidou à l'Elysée, a en effet mené de front, durant de nombreuses années, deux carrières : l'une, longtemps secrète, d'agent de la direction des opérations au sein des services spéciaux, et l'autre, officielle, de dirigeant de sociétés privées. Depuis 1970, M. Juillet, diplômé de l'université américaine de Stanford et de l'Institut des hautes études de la défense nationale (Ihedn), a longtemps œuvré dans l'industrie alimentaire, successivement chez Pernod-Ricard, Jacobs Suchard France, à l'Union laitière normande - où il lancera le camembert Cœur de lion -, dans le groupe Andros (il s'y occupe des produits frais de Mamie Nova), puis à France-Champignon, dont il prend la présidence en 1998. En 2001, M. Juillet est appelé à la tête de Marks & Spencer France pour y mener à bien la fermeture des magasins décidée par la maison mère britannique. Cette mission achevée, il est appelé, en novembre 2002, par Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, à la direction du renseignement extérieur de la DGSE, devenant ainsi le numéro trois de cette institution. C'est la consécration d'une longue carrière d'agent secret, menée au sein du service "action" puis de la direction des opérations des services spéciaux. Colonel de réserve, M. Juillet a mis à profit ses fréquents voyages à l'étranger dans le cadre de ses activités professionnelles pour mener en parallèle ses missions de renseignement. Mais à la DGSE, M. Juillet, fort de son expérience passée, a eu du mal à s'entendre avec le directeur général des services spéciaux, Pierre Brochand, un diplomate de métier nommé à ce poste en juillet 2002, qui l'accusait de prendre des initiatives personnelles et de ne pas assez lui rendre compte. L'éclat majeur entre les deux hommes se produisit à l'occasion de l'opération ratée de récupération d'Ingrid Betancourt, enlevée par les rebelles des FARC en Colombie (Le Monde du 23 juillet). A Matignon, où M. Raffarin avait fait savoir qu'il souhaitait "un responsable de haut niveau auprès de -lui-", M. Juillet sera chargé d'élaborer une version française de "l'intelligence économique". Cette discipline, apparue à la fin des années 1980 aux Etats-Unis, est tournée vers la prise de conscience des enjeux économiques et industriels qui opposent les pays et les entreprises. Un nouveau "marché" qui a suscité l'émergence de sociétés privées spécialisées, et dont les services de renseignement officiels n'entendent pas rester à l'écart. Depuis la fin de la guerre froide, la quête d'informations à caractère industriel, commercial ou bancaire, est devenue stratégique, notamment dans les secteurs d'activités "sensibles", comme les industries de défense, l'aéronautique ou l'informatique. Jacques Isnard, Le Monde 11.12.03

 Rapport Carrayon : Quelques définitions de l’intelligence économique...

 

Bernard Besson et Jean-Claude Possin : Du renseignement à l'intelligence économique, Dunod, 1996

"L'intelligence économique est un outil capable de détecter des menaces et des opportunités de toute nature dans un contexte de concurrence exacerbée. Les lois ordinaires du marché ne permettent plus à elles seules d'expliquer les succès ou les échecs de l'entreprise. "Veille environnementale illimitée, l'intelligence économique ajoute à la veille scientifique et technologique une dimension nouvelle rendue nécessaire par la variété des agressions et des mutations de toutes sortes. Face à l'espionnage industriel et commercial dont elle est l'adversaire déterminé, l'intelligence économique met en œuvre des procédés licites et légaux. Au service des entreprises, elle concourt à la prise de décisions par le jeu organisé des questions et des réponses pertinentes.

"Polyvalente et globale, l'intelligence économique a pour vocation de prévoir tout ce qui concerne l'environnement proche ou lointain de l'entreprise. Cycle de l'information, elle établit des liens, des "intelligences" entre des informations éclatées dans le temps et dans l'espace. À l'intérieur de l'entreprise, elle découvre et met en relations des compétences méconnues ou délaissées. Elle concourt au patriotisme économique de l'entreprise et participe à sa culture en fédérant sur des projets ou des hypothèses des talents qui s'ignoraient. Elle est un travail d'équipe.

"Grâce à la "mémoire" dont elle fait sa première fonction, l'intelligence économique découvre pour chaque question qu'on lui pose les "réseaux" qui compléteront le traitement de l'information ouverte. "Instrument d'analyse adapté à tous les problèmes, elle valide l'information utile et anticipe sur toutes les stratégies possibles. Elle combat la désinformation et tire de chaque échec des "intelligences" qui permettent de préparer l'avenir en repérant des erreurs ou des dysfonctionnements. À l'occasion, elle permet de découvrir des trahisons.

"Adaptable à toutes les activités grâce au respect des règles qui en fondent la maîtrise, l'intelligence économique n'est pas le monopole de l'entreprise. En dehors de celle-ci, elle est devenue un marché obéissant aux lois de l'offre et de la demande. Discipline autonome, elle justifie la création d'entreprises multinationales ou de cabinets voués à sa mise en œuvre pour le compte de clients au rang desquels figurent les États. "Instrument politique et stratégique, l'intelligence économique est mise en œuvre par des nations et fonde partout dans le monde des systèmes de recueil et de diffusion de l'information stratégique. C'est ainsi qu'existent depuis longtemps des intelligences économiques japonaises, suédoises, allemandes, américaines..."