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La
pauvreté - Poverty
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La pobreza
© Gérard Verna. Pour tous commentaires ou
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Pauvreté
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Article
premier de la Déclaration universelle des
droits de l'homme : « Tous les êtres
humains naissent libres et égaux en
dignité et en droits. Ils sont doués
de raison et de conscience et doivent agir les uns
envers les autres dans un esprit de
fraternité. »
Article
25 (i) de la Déclaration universelle des
droits de l'homme : « Toute personne a
droit à un niveau de vie suffisant pour
assurer sa santé, son bien-être et
ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation,
l'habillement, le logement, les soins
médicaux ainsi que pour les services sociaux
nécessaires ; elle a droit à la
sécurité en cas de chômage, de
maladie, d'invalidité, de veuvage, de
vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses
moyens de subsistance par suite de circonstances
indépendantes de sa volonté.
»
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L'hostilité
d'un environnement est, avant tout, directement
proportionnelle à sa pauvreté. :
Si
l'environnement ne nous offre plus tout ce à
quoi nous sommes habitués, ce peut être
tout simplement parce qu'il ne l'a pas! Les raisons de
cette pauvreté, pour une immense
majorité des pays de notre planète, se
nomment : sous-développement, endettement,
détérioration des termes de
l'échange. Sur l'endettement du Tiers-Monde,
beaucoup a déjà été dit.
Précisons simplement que certains états
en sont aujourd'hui réduits à encore
emprunter, uniquement pour pouvoir payer les
intérêts de leur dette!
Source
G. Verna (1994)
McLiam Wilson Robert : Les
Dépossédés (Christian Bourgois, 2005) :
"La pauvreté est une chose étrange. Elle est
a-temporelle, internationale et apparemment permanente. Elle
est tolérée, ignorée et
supportée. C'est un fructueux terrain de chasse pour
les sociologues, les économistes et les moralistes
doctrinaires... Nous avons faim du verbiage prolixe des
docteurs en pauvreté. Ils nous intéressent.
Les journaux publient leurs articles, la
télévision en parle, la fiction la distord
(mais pas autant que les gouvernements). On écrit des
livres sur la pauvreté, puis on les lit."
2008
La pauvreté était asiatique au
XIXe siècle, elle sera africaine au XXIe.:
La division par deux de l'extrême pauvreté sur
la planète depuis vingt ans fait chaud au cur.
La chute est saisissante : de 1981 à 2001, la
part de la population des pays en développement
vivant avec moins de 1 dollar par jour est passée de
40 % à 21 %, selon les dernières
statistiques de la Banque mondiale. L'évolution
s'observe aussi en nombre absolu : la misère ne
touche plus que 1,1 milliard d'individus, contre
1,5 milliard en 1981. Ce chiffre est, à
l'examen, très décevant. La réduction
de la pauvreté mondiale va moins vite que la
croissance, signe que le monde est de plus en plus
inégalitaire. On pourrait s'en accommoder si
l'évolution n'était pas, en fait,
complètement disparate.
LA
CROISSANCE NE SUFFIT PAS
La
baisse mondiale est entièrement due au succès
asiatique, qui s'explique lui-même, en très
grande partie, par la Chine. Si l'on exclut cette
dernière des statistiques, l'évolution globale
mondiale est légèrement négative, le
gain obtenu dans les autres pays asiatiques (notamment en
Inde) étant compensé par la forte
remontée de la pauvreté en Afrique
(+ 150 millions), tandis que les chiffres stagnent
en Amérique latine. Comme il n'y a qu'une Chine, la
poursuite de la lutte contre la pauvreté
apparaît compromise et les craintes de la
communauté internationale sont fortes de ne pas
atteindre l'objectif du Millénaire de l'ONU, qui est
de la diviser, à nouveau, par deux de 1990 à
2015. Est-ce possible ? Comment ? Les
réflexions des économistes du
développement se sont enrichies ces derniers mois
sous le feu critique des mouvements antimondialisation. Le
modèle libéral dit du "consensus de
Washington" (ouverture commerciale, rigueur
budgétaire, privatisations...) est en partie remis en
cause, au moins au sein de la Banque mondiale, pour laisser
la place à plus de prudence idéologique,
d'abord, et à des considérations sociales et
politiques pour chaque pays, ensuite.
Essayons
de résumer:
1)
Du succès asiatique dans les années
passées demeure un constat : la cause principale
du recul de la pauvreté est la croissance
économique. Seule la croissance permet, de
surcroît, d'améliorer les autres indicateurs
sociaux comme la mortalité infantile ou la
scolarisation.
2)
La croissance, condition nécessaire, n'est pourtant
pas suffisante. L'Inde, dont le décollage
récent est remarquable, obtient des résultats
décevants contre la pauvreté. La part de la
population disposant de moins de 1 dollar par jour n'est
passée que de 36 % il y a dix ans à
28 % aujourd'hui (contre une réduction de
35 % à 16 % en Chine pendant la même
période). La raison en est que la richesse nouvelle a
été absorbée par les classes
aisées de la "shining India" ("l'Inde qui
brille"). Autrement dit, la réduction de la
pauvreté impose d'accompagner la croissance par une
politique redistributive, faute de quoi elle se transforme
en accroissement des inégalités. La
persistance de la malnutrition enfantine en Asie,
malgré le boom économique, confirme que les
Etats ne peuvent pas laisser la croissance jouer
seule.
3)
La meilleure façon de promouvoir la croissance reste
l'insertion dans le commerce mondial. La pauvreté
d'un pays ne s'explique pas par la mondialisation mais par
sa non-participation à la mondialisation.
Précision : nous parlons ici du commerce des
biens et pas de la mondialisation financière, qui,
difficile à maîtriser par les Etats du
tiers-monde, a provoqué des crises monétaires
désastreuses en Argentine, par
exemple.
LA
NÉGLIGENCE DU NORD
4)
Comme 70 % des habitants des pays en
développement vivent de l'agriculture, les enjeux se
concentrent sur ce secteur. L'Asie a profité de la
libéralisation des produits industriels,
l'Amérique du Sud et l'Afrique attendent les fruits
d'une libéralisation agricole. La poursuite de la
lutte contre la pauvreté passe par la fin des
subventions du blé, du sucre, du coton, du riz, aux
Etats-Unis, en Europe et au Japon. Mais, s'il faut que cesse
l'égoïsme des pays développés, il
faudra aussi que les marchés ouverts ne soient pas
captés au seul profit des "grands" du Sud comme le
Brésil ou l'Afrique du Sud. L'analyse des ouvertures
devrait se faire plus fine, par filière et par pays,
ce qui ne semble pas devoir être le cas au sein de
l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
5)
Les pays les plus pauvres pensez à
l'Ethiopie manquent d'"avantages comparatifs"
commerciaux. Pour eux, l'aide financière
extérieure est indispensable. Or comme le crie James
Wolfensohn, le directeur général de la Banque
mondiale, l'attention du Nord s'est détournée
de la pauvreté, et cette négligence s'est
encore aggravée depuis les attentats du
11 Septembre. Les montants des crédits publics
ont fondu à 58 milliards de dollars en 2002,
dont seulement 38 milliards d'argent frais. "Pour
les pays les plus pauvres, l'aide représente à
peine 3 % de leur PIB", somme bien insuffisante
pour les dynamiser.
L'INITIATIVE
BROWN
Pour
sortir l'aide publique au développement de cette
impasse, Gordon Brown, le chancelier de l'Echiquier
britannique (ministre des finances), propose d'emprunter
pour grouper plusieurs années d'aides en un seul gros
paquet, les remboursements venant, plus tard, de la
croissance retrouvée. La poursuite du recul de la
pauvreté dépend du Nord, de ses aides, de ses
marchés. Elle dépend d'abord des pays du Sud,
de leur capacité à organiser leur Etat,
à lutter contre la corruption, à concentrer
leur effort sur l'éducation et sur
l'amélioration du sort des femmes. C'est en cours
dans de nombreux pays, et l'examen général ne
rend pas forcément pessimiste. Sauf pour l'Afrique.
En 1980, un pauvre de la planète sur dix était
africain ; aujourd'hui, un sur trois ; en 2015, un
sur deux. La pauvreté était au
XIXe siècle associée à l'Asie,
elle devient au XXIe siècle un problème
africain.
Eric
Le Boucher : Le Monde, 15 mai 2004

Carte des pays
sous-alimentés dans le monde, chiffres sur la
pauvreté depuis 1981 (2004).
Communiqué d'Amnistie internationale, 21 octobre 2003
: La persistance de la pauvreté, le fait, en
particulier, que plus d'un milliard de personnes vivent dans
des conditions d'extrême pauvreté, constitue la
plus grave crise des droits humains de notre époque.
La Déclaration universelle des droits de l'homme et
les engagements internationaux ultérieurs relatifs
aux droits humains contiennent la promesse d'une vie dans la
dignité, où toute personne a droit à un
niveau de vie suffisant[1] et accès aux
choses essentielles pour donner un sens concret à
cette promesse l'alimentation, l'eau, le logement,
l'éducation, le travail et les soins médicaux.
La persistance de la pauvreté constitue un
déni de ces droits et, par conséquent, un
déni de la dignité inhérente à
tout être humain. Les personnes vivant dans des
conditions d'extrême pauvreté souffrent par
ailleurs de violations de leurs droits fondamentaux,
conséquence de la marginalisation et de l'exclusion
caractéristiques de la pauvreté dans tous les
pays. La relative impuissance des pauvres perpétue
les échecs systématiques des gouvernements
pour améliorer leur situation. Elle les laisse
également à la merci de l'exercice arbitraire
du pouvoir de l'État, ce qui conduit à des
atteintes à toute une série de droits humains
fondamentaux. Pour défendre leurs droits, les
personnes doivent avoir accès aux tribunaux, à
la police ainsi qu'aux administrations chargées des
différents services et y être traitées
à égalité. Trop souvent, les pauvres se
voient refuser l'accès à ces institutions et,
dans de trop nombreux cas, sont traités de
façon discriminatoire par elles. La pauvreté
constitue une violation des droits humains fondamentaux ; sa
persistance génère de nouvelles violations, la
marginalisation augmentant la vulnérabilité
aux atteintes aux droits humains et sapant les efforts
entrepris pour établir et défendre ces droits.
Un autre débat sur la question des droits humains
apparaît de façon sous-jacente dans les
statistiques sur la pauvreté. La Déclaration
universelle des droits de l'homme précise que tous
les êtres humains « ...naissent libres et
égaux en dignité et en droits. » Dans un
monde globalisé, le fait qu'un nombre important de
gens vivent dans des conditions qui les privent de leur
dignité, alors même que le fossé entre
riches et pauvres s'élargit, à la fois entre
pays mais également à l'intérieur d'un
même pays, est une contradiction directe
apportée à cette notion de dignité et
d'égalité de tous.
Amnesty
International a grandi en tant qu'organisation en se donnant
pour but de dénoncer les injustices. Nous pensons que
la défense des droits humains peut et doit passer par
la lutte contre les injustices sociales qu'il faut
dénoncer avec la même rigueur que les
injustices portant sur les droits civils et politiques des
personnes. C'est ce que compte faire Amnesty International,
en mettant en lumière le déni des droits
fondamentaux des personnes qui se cachent dans les
statistiques sur la pauvreté, en veillant à ce
que les communautés marginalisées et exclues
aient un plus grand accès aux institutions pouvant
leur permettre de faire valoir leurs droits et en
dénonçant la discrimination dont ces
institutions font preuve à leur endroit en
insistant aussi pour qu'au niveau mondial tous les
gouvernements reconnaissent et remplissent leurs obligations
en matière d'éradication de l'extrême
pauvreté.
Selon
le PNUD, chaque vache de l'UE reçoit 3 dollars de
subvention par jour, alors que 40% des Africains vivent avec
moins de 1 dollar par jour. (Le Monde, 9 aout
2003)
Las
armas cada vez mas sofisticadas que se acumulan en los
arsenales de los mas poderosos y ricos podrán matar a
los analfabetos, los enfermos, los pobres y los hambrientos,
pero no podrán matar la ignorancia, las enfermedades,
la pobreza y el hambre. (Fidel Castro)
De
toutes les maladies, la plus grave et la plus
répandue est, dans la classification de
l'Organisation mondiale de la santé (OMS),
dénommée pudiquement «Z 59.5». Cette
maladie est la pauvreté extrême. Elle frappe
plus d'un milliard d'êtres humains. La gravité
a conduit le Programme des Nations unies pour le
développement (Pnud) à fixer pour objectif
prioritaire l'éradication de la pauvreté,
comme un impératif éthique, social, politique
et économique. Il n'y a là aucune
fatalité, et c'est moins la pauvreté que la
désorganisation sociale et politique qui fait
l'urgence de la situation... Si nous pensons que la
santé des peuples est un bien universel, capable de
transcender les cultures, les religions comme une aspiration
commune des peuples, alors il nous faut définir
quelle santé nous semble être une vraie forme
de vie. Laissons les concepts utopiques du complet
bien-être physique et mental (car qui, conscient du
monde où nous vivons, peut être en pareil
état ?), pour affirmer que la vie,
c'est-à-dire la santé, ne peut se
définir qu'à travers un état permanent
de résistance. (Gilles
Brucker, Libération, 2 mai 2003)

Dessin Xavier
Gorce, Le Monde, 17.12.02

Dossier
Libération, 09 septembre 2002
Chine : La
Chine veut décourager les voleurs de couvercles de
bouches d'égout en fer en les remplaçant par
des matériaux recyclés. : Des trous
béants sur les trottoirs et les chaussées sont
en effet responsables de plusieurs centaines de morts et de
blessés par an, a rapporté vendredi l'agence
Chine Nouvelle. Shanghai a déjà
remplacé la totalité de ses 22 000 couvercles
par un nouveau matériau à faible teneur en
fer, mais d'un coût deux à trois fois plus
élevé. L'espoir de voir les bouches
d'égout durablement bouchées en Chine vient
surtout de Changchun, une ville du nord-est du pays
où ont été mis au point des couvercles
formés d'un mélange de poussière de
charbon et de plastiques de recyclage. Ce matériau
serait de 10 à 20 fois moins coûteux que son
concurrent métallique prisé des voleurs. Il
s'agit le plus souvent de chômeurs ou de ruraux venus
en ville chercher du travail. La revente des plaques
d'égout au poids leur permet de survivre. De
même, il est courant de voir dans les campagnes les
paysans sans le sou arracher les lignes électriques
pour les revendre au poids. Les démunis s'attaquent
parfois à d'autres biens collectifs, tels les rails
de chemin de fer, en partant du principe qu'il s'agit de la
propriété «du peuple».
(Libération, le 26 janvier 2002)
Une
personne meurt de faim dans le monde toutes les quatre
secondes : 815 millions de personnes souffrent de la
faim dans le monde. Ce chiffre diminue en moyenne de 6
millions par an. Mais il faudrait que cette baisse passe
à 28 millions pour réduire de moitié le
nombre de personnes mal nourries d'ici à 2015,
objectif fixé par l'Onu.
30
pays d'Afrique subsaharienne souffrent de sous-alimentation,
soit plus de la moitié des 50 pays recensés
par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et
l'agriculture (FAO). La Somalie détient le triste
record de malnutrition de la planète: 75% de sa
population en souffre.
24.000
personnes meurent de faim chaque jour dans le monde, soit
une toutes les quatre secondes.
3
600 calories avalées en moyenne quotidiennement par
un Américain: 67% de plus qu'un
Africain
350
milliards d'euros, c'est la somme que les pays de l'OCDE
(les nations les plus riches) consacrent chaque année
aux subventions agricoles. Dans le même temps, ils
versent 8 milliards d'euros pour soutenir l'agriculture des
pays en développement.
Quatre
multinationales se partagent 90% du commerce mondial des
céréales.
3,7
kg de riz doré (Golden rice), un riz
transgénique vanté pour ses qualités en
vitamine A propres à lutter contre la
cécité: c'est le total qu'un adulte devrait
consommer chaque jour pour couvrir ses besoins en vitamine
A.
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