: L’homme de la rectification

 
Blaise Compaore                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

                                                                                    

Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a été réélu pour un second mandat le 21 décembre 1998, par suite d’un scrutin populaire. Il est un Leader Pan-Africaniste et un homme d’État pragmatique qui oeuvre sans cesse à démocratiser les institutions de son pays, dans le respect du droit fondamental de la personne. De la même manière, il mène une lutte constante pour la réduction de la pauvreté, le développement des infrastructures et l’intégration économique régionale de son pays. En effet, ce brillant stratège donne au "pays des hommes intègres", de part sa politique d’ouverture, les moyens de s'imposer dans la sous-région comme une plaque tournante de la diplomatie.

 Orateur moyen, Compaoré a hérité des traits caractéristiques de la politique et de la conception du pouvoir des chefs Mossi: Le silence et le goût du secret. Ces déterminants lui confèrent une personnalité qui ne cesse de surprendre  son auditoire. Jean-Pierre Bejot, dans la Dépêche Diplomatique du 20/02/2003, affirme que cet homme quelque peu isolé est capable d’être un rassembleur et un meneur d’hommes, et en mesure d’imposer une vision nouvelle a son peuple. Parallèlement,  avec le sang-froid des grands fauves politiques et des joueurs d'échecs, il ne ménage aucun effort pour rompre de manière définitive avec l’image d’un Burkina Faso "pauvre et fier de l’être".                                                                                                               

I.                Le Burkina Faso : "Pays des Hommes Intègres"

 

 
 


Carte du pays            Superficie : 274 200 km2
            Population (2002) :
12,2 millions
            Densité : 42,30 hab. /km²
            Langue officielle :
Français
            Langues parlées :
Mossi plus de 40%, Dagaari, Dyula, Lobi,

                                        Marka, Bwanu, Senoufo, Bobo, Fulani,

                                        Mande
            Religions : Animisme (40 %), Islam (50 %), Christianisme (10 %)
            Monnaie : Franc CFA
            P.N.B. :
250 $US / hab. (1997)
            Capitale :  Ouagadougou

            Principales villes : Bobo Dioulasso, Koudougou, Ouahigouya,  

                                          Banfora, Kaya
            Pays limitrophes :
Côte d'Ivoire, Mali, Bénin, Togo, Ghana
            Point culminant :
Tena Kourou 749 m.

            État-membre de la CEDEAO et de l'UEMOA

Indice de développement humain de l’ONU (2002) : 169e/173

            Rang mondial (OMS): 153

                Taux de prévalence du VIH/Sida chez les adultes (2001) : 6.5%

                                                                                      Nombre de personnes atteintes du VIH/Sida (2001) : 440 000

                                                                                      Espérance de vie (2001) : Femmes : 46,8 ans (2002);

                                                                                                                              Hommes : 45,5 ans
                                                                                     
Taux d'alphabétisation (2001) : Population totale : 36 %

Statut : Démocratie Populaire

Indépendance : 5 août 1960
Type de gouvernement : République parlementaire  
Législature : Assemblée nationale monocamérale
Dernières élections présidentielles (mandat de  7ans ans) : 15 novembre 1998
Prochaines élections présidentielles : 2005
Dernières élections législatives : 5 mai 2002
Prochaines élections législatives : Mai 2007

Exportations de marchandises (2002) : 250 millions $US
Importations de marchandises (2002) : 525 millions $US
Solde courant (2002) : -290 millions $US
Main-d'œuvre par secteur (2000) : Agriculture 90 %

PIB : 2,7 milliards $US
PIB par habitant : 225 $US
Croiss.du PIB réelle :  4,5 %
Inflation:  2,5 %

Depuis son accession à l’indépendance le 5 août 1960, le Burkina Faso a connu beaucoup de changements de régime dû à plusieurs coups d’État. Cependant, à partir des années 1980, le Burkina Faso a réalise des progrès considérables dans les domaines économiques, politiques et social. En effet, le Président Blaise Compaoré a mis en place une politique d’ouverture qui a largement contribué à la démocratisation de la vie politique et social de son pays. Bien que le pouvoir soit demeuré largement concentré entre les mains du Président et du parti dominant, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), le Burkina Faso connaît une longue période de stabilité, succédant aux tensions sociales qui s'étaient manifestées au cours des régimes précédents.

On ne peut juger un homme politique que par ses actes politiques. L’homme fort "du pays des hommes intègres" a donc à son actif, le regain de la crédibilité du Burkina qui justifie la part croissante qui lui revient dans la gestion des affaires de sa sous région. En effet, la "terre des hommes intègres" a accueilli le Sommet de l'OUA en 1998 et le chef d'État burkinabé fut élu président en exercice de l'organisation pour la période 1998-1999. Grâce à sa politique d’ouverture tout azimut, le Burkina Faso abrite les sièges de l'Union économique et monétaire de l'Afrique de l'Ouest (UEMOA), du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) et de (UIDH) l'Union Interafricaine des Droits de l'Homme.

 

II.  Blaise Compaoré

 

 

A- Un Rectificateur au pays des Hommes Intègres

                Blaise Compaoré, le rectificateur du pays des Hommes Intègres, est né le 3 février 1951 à Ziniaré, un village au nord-est de Ouagadougou. Il a passé beaucoup plus de temps avec son père, Bila Maurice Compaoré, un ancien militaire,  qu’avec sa mère Thérèse Bougouma Tiga, qu’il perd à l’age de 15ans. Le jeune Compaoré a fait ses études primaires à Guiloungou.  Deux ans après le décès de sa mère, Blaise a été admis à l'École Normale de Ouagadougou d’où il ressort instituteur. En 1972, il réussit à se faire engager dans l’armée. "Je suis allé au camp Guillaume Ouédraogo tout seul, et le même jour, j'ai été habillé et envoyé en perfectionnement au camp de Ouaga où j'ai été à la garde du domicile du président Lamizana" a-t-il affirmé.  Puis ce fût au Cameroun à l’École Militaire Inter-armes. De plus, ce jeune officier de l’armée suit des stages d'infanterie à Montpellier, (France), puis de parachutisme  en France et au Maroc. Il est marié à une Franco-Ivoirienne, Chantal Terrasson de Fougères, dont une branche de l’arbre généalogique pousse également à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. En 1981, il est nommé commandant du centre d'entraînement commando de Pô (sud du Burkina). Aujourd'hui, des quatre jeunes officiers  qui avaient hissé l'un des leurs, le capitaine Sankara, à la tête de l'Etat le 4 août 1983, Blaise Compaoré est le seul en vie. Voilà que son parcours le hisse au sommet de l’État. En fait, membre fondateur du Conseil National de la Révolution, il occupa le poste de Ministre d’État chargé de la justice, avant d’être porté, à la faveur des évènements du 15 octobre 1987,  à la tête de l’État, sous la houlette du Mouvement de la Rectification. Un an après, il annonça les nouvelles bases politiques sur lesquelles le Burkina devait vivre dorénavant. Il s’agit de la démocratisation de la vie politique, de l’établissement de la nouvelle constitution et des élections libres. C’est ainsi que Le 1er décembre 1991, il est élu pour son premier mandat comme Président de la quatrième République.

 

B- De la Révolution à la Rectification

 

            Grâce à son intégrité et à son pragmatisme, Blaise Compaoré a conduit le Burkina vers l’abandon de l’image d’un pays qui souffre du syndrome de coups d’États; mais Surtout et aussi, vers l’abandon de l’image d’un pays pauvre et isolé du reste du monde par une révolution mal orientée. Aujourd’hui, la "patrie des Hommes Intègres" se porte mieux et cette "Terre des Hommes" retrouve peu à peu sa place dans les affaires du monde. En effet, Les institutions incarnées par Blaise Compaoré jouissent d'une légitimité démocratique et oeuvrent pour une transparence pertinente du système gouvernemental.

            Le 04 août 1983, un groupe de quatre officiers de l’armée prit le pouvoir en faisant triompher une Révolution applaudi au départ  par le peuple. Ce dernier ayant constaté son isolement croissant du reste du monde et son enfermement  dans une pauvreté grandissante, a rejeté cette Révolution qui évoluait avec beaucoup d’erreurs.

S’étant rendu compte de la nouvelle donne des enjeux de la politique internationale, Blaise Compaoré a compris que "Rien ne sert de courir, il faut partir à point". Il décide alors de sauver son peuple en prenant des mesures concrètes qui ont sonné le glas de la "Rectification". Marc Aicardi de Saint-Paul (1993), constate que « le nouveau président avait depuis longtemps pris conscience des déviations subies par la Révolution ». Pour corriger ces errements, il prend le pouvoir le 15 octobre 1987. Blaise Compaoré est pour cela soutenu par son peuple constitué en majorité de bons révolutionnaires. Car comme l’a dit son prédécesseur Thomas Sankara, "les bons révolutionnaires sont ceux qui sont capables de s’adapter à toutes les évolutions, à toutes les nouvelles situations qui peuvent surgir". Notons que cet enfant Ziniaré continue à incarner l’ascétisme, le dévouement et la modestie qui constituent les trois vertus cardinales de la révolution burkinabé du 04 août 1983. Par voie de conséquence, il a opté pour la continuité dans le changement et pour la stabilité dans le progrès. La "Rectification" fut donc conduite dans tous les secteurs de la vie politique, économique, sociale et culturelle du Burkina Faso.

Sur le plan politique et social :

·        Interne: Le Président Compaoré fait approuver par voie référendaire une constitution qui symbolise l’établissement d’un État de droit. Le 2 juin 1991, les Hommes Intègres ont accepté la mise en place d’un environnement institutionnel légalisé  qui a  favorisé le multipartisme, les libertés d’association, d’expression, et de la presse, tout en codifiant le régime de la propriété privée".

·        Externe: Le leader burkinabé prône une ouverture régionale, le rétablissement des relations avec ses voisins et la reconnection avec l’Occident. Contrairement à son prédécesseur, il a substitué la normalisation et l’ouverture à l’affrontement. Cela lui a valu les appréciations de la communauté internationale et des résultats économiques positifs dont jouit le Burkina Faso aujourd’hui.

Sur le plan économique:

            La nouvelle orientation du Leader Burkinabé s’acharne à restituer l’outil économique cassé par les quatre ans de spontanéité de la révolution de 1983. Le Burkina Faso bénéficie aujourd’hui du soutien des bailleurs de fonds internationaux.

Sur le plan diplomatique :

            Le Burkina a renoué avec ce qu'on peut nommer diplomatie de la promotion de la paix. Une diplomatie active et sans commune mesure avec son poids économique.

 

           

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

 

Zone de Texte: Portrait réalisé par Louis C. Banag dans le cadre du cours GIE 64375 "Relations humaines dans les affaires internationales", Programme de MBA en gestion internationale de l'Université Laval, Professeur Gérard Verna

                                                                                            

 

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Bibliographie :

 

 

Aicardi De Saint Paul (1993) De la Haute Volta au Burkina Faso. Éditions Albatros

 

Basile Guissou (1995) Burkina Faso, un espoir en Afrique

 

Ernest Harsch(1998). Burkina Faso in the winds of liberalizations. Review of African Political Economy; 25, 78

 

Simon Batterbury (1996). Burkina Faso: New life for the Sahel. African Affairs, 381; International Module.

 

www.dfait-maeci.gc.ca

 

http://www.africa-onweb.com

 

http://www.presse-francophone.org/agence/archivesmois/politique/polmai02.htm

 

http://www.quid.fr/continents/afrique.html

 

http://www.afrik.com