國父 孫中山先生
|
Le Père de la Chine moderne |
![]() |
![]() |
![]() |
| Dr. Sun Yat-Sen et ses oeuvres de calligraphie.
Source: Office of the President, Republic of China. |
Un leader qui
inspire deux peuples
Un héros peu commun
Une
philosophie
Un héros
aux yeux des taïwanais
Sources
Un leader qui inspire deux peuples
Sun Yat-Sen est connu comme le fondateur de la Chine moderne. Pourtant peu de leaders peuvent s'enorgueillir d'avoir l'admiration du peuple de deux pays opposés. Dans la République populaire de Chine, on l'appelle «celui qui avance». À Taïwan il est le «Père de la Nation». Pour bien des gens, chinois ou sinophiles, ce personnage, même mort, est le plus capable de réunir les deux chines.
Sun Yat-sen, un leader peu commun
Sun Yat-Sen est né à Cuiheng dans le comté de Xiangshan de
la province du Guangdong, le 12 novembre 1866. Alors qu'il est encore très
jeune, son frère aîné immigre à Hawaï et devient un marchand prospère. À 13 ans,
Sun le rejoint et étudie à Honolulu au Iolani School, une école anglicane. Plus
tard, il étudie à Hong Kong, se convertit au christianisme et atteint le grade
de docteur en médecine en 1892. Il pratique la médecine à Hong Kong mais il a
d'autres aspirations. Il décrit lui-même ses
jeunes années en ces mots:
«Dans ma jeunesse, j’ai fait des études à l’étranger. Je me suis familiarisé avec les langues et les littératures de l’Occident, avec ses usages politiques et sociaux, son astronomie, sa géographie, sa physique et sa chimie, et j’ai particulièrement réfléchi à la façon d’assurer la prospérité et la puissance militaire de notre pays, d’éduquer ses habitants et de réformer leurs moeurs ; en outre, j’ai longuement médité sur les causes de l’instabilité politique et les principes des relations de bon voisinage». (Zhang Lanxing, voir note 3)
Sun Yat-Sen, contrairement à certains de ses contemporains chinois ayant fait des études en occident, ne souhaite pas uniquement son avancement professionnel à l'intérieur d'un système colonialiste. Il souhaite également l'avancement de la société chinoise et de sa nation. Le régime en place, issu de la dynastie Qing, ne satisfait pas Sun Yat-Sen. Sa famille impériale est mandchoue, et non chinoise, et son règne est empreint de corruption. Dès 1894, ce régime est affaibli et semble peu capable de gouverner, alors que la Japon gagne une guerre brève et humiliante pour les chinois. C'est à ce moment que la Chine perd l'île de Taiwan, qui devient une colonie japonaise.
C'est dans ces circonstances que Sun Yat-Sen passe à l'action. Il passe de médecin à révolutionnaire. Il retourne à Hawaï, renoue avec la diaspora chinoise et utilise ses amis à Hong Kong pour former une société secrète dont le but est la réforme de la Chine. En octobre 1894, la société Xing Zhong voit le jour. Rapidement, la société s'organise et tente de prendre le pouvoir. Le coup d'état de 1895 échoue et Sun s'enfuit en Europe. Son exile dure seize ans et il voyage aux États-Unis, au Canada et au Japon dans le but d'amasser des fonds pour ses activités révolutionnaires. Il rejoint des groupes de dissidents chinois exilés au Japon et devient leur chef. Tant et si bien qu'il est expulsé du Japon vers les États-Unis. Durant cette période, Sun Yat-sen et ses alliés ont monté non moins de dix tentatives pour saisir le pouvoir. Ce n'est que le 11 octobre 1911 que ses supporters réussissent à se saisir de Wuchang, la capitale de la province du Hupei et provoquent le soulèvement du peuple de Chine contre le gouvernement impérial, mettant ainsi fin à cinq mille ans de règne impérial. Pour le Kuomintang, le parti à la tête de la République de Chine c'est le leadership de Sun Yat-sen qui a guidé la rébellion. Toutefois, Sun Yat-sen ne se trouvait pas en Chine à cette époque. Son leadership est plus d'ordre philosophique que militaire.
Le 25 décembre 1911, Sun Yat-sen est élu président provisoire de la nouvelle république à Nanking. Son alliance révolutionnaire contrôle 16 des 22 provinces chinoises. Le 1er janvier 1912, la première démocratie d'Asie voit le jour sous sa présidence. Son premier acte est de demander à toutes les provinces de déléguer ses sénateurs à l'Assemblée nationale de la République de Chine Cette chambre élabore une constitution provisoire ainsi que diverses lois pour la nouvelle république.
Toutefois, le gouvernement de Sun Yat-Sen est dans une position précaire. Les provinces du nord ne se sont pas rebellées en même temps que les provinces du sud et le contrôle du gouvernement sur les forces armées n'est que très limité. C'est pourquoi le nouveau gouvernement cherche à s'allier Yuan Shikai. Cet homme contrôle les militaires du nord de la Chine. Pour obtenir sa collaboration, le gouvernement est contraint de lui offrir la présidence de la République de Chine. Un accord est conclu, et Yuan Shikai force l'empereur à abdiquer.
Les méthodes de Yuan Shikai et son nouveau pouvoir ne font pas que des heureux et une dissension se crée au sein du mouvement révolutionnaire. Sun est particulièrement opposé à ce personnage et tente de l'évincer du pouvoir. Sa tentative échoue et Sun Yat-sen doit à nouveau s'exiler au Japon. Il en profite pour réorganiser le Kuomintang. Il divorce et se remarie, puis retourne en Chine en 1917. En 1921, il est élu président de gouvernement national à Guangzhou, dans le sud de la Chine. C'est en 1923 qu'il s'adresse au public et qu'il édicte ses Trois Principes du Peuple et la Constitution des Cinq Yuans. Ces principes se veulent la fondation du pays et les Cinq Yuans en sont l'organisation du système politique.
Tout le long de sa carrière politique, Sun Yat-sen cherche à développer le pouvoir militaire de son régime. La Chine est déchirée par des seigneurs de la guerre en constante rivalité et aucun pouvoir ne semble pouvoir les soumettre. C'est pourquoi, en 1924, il accepte l'aide des Communistes. Sun Yat-sen croit que les objectifs révolutionnaires de ce groupe sont compatibles avec ceux du Kuomintang.
Entre temps, Sun Yat-Sen voyage beaucoup, fait des discours sur le futur de la Chine et la nécessité d'abolir les traités inéquitables avec les pays d'Occident. Toutefois, la guerre civile perdure. Malgré son infatigable dévotion à la cause, la santé de cet homme se détériore. et en mars 1925, il meurt d'un cancer du foie à Beijing. Il n'a que 59 ans, et il n'a jamais accomplit ses rêves d'unification de la Chine.
Sun Yat-sen est reconnu pour avoir élaboré les Trois Principes du Peuple. Le but ultime de ces principes est d'établir la paix, la liberté et l'égalité pour les citoyens de Chine. (Les termes sont libéralement traduit et une bonne partie de ce texte est condensée des écrits de Sun Yat-Sen, voir note 5)
Pour Sun Yat-sen, les chinois ont toujours été un peuple indépendant. Même au contact des autres peuples ils retiennent leurs caractéristiques chinoises. Même conquise la Chine n'oublie jamais sa fierté et cherche à se libérer. Le sentiment nationaliste n'est pas étranger aux chinois car il leur est transmis par leurs ancêtres. Il ne s'agit pas de se venger des Mandchous mais de reprendre le contrôle de la destinée de la Chine. De plus, dans le concert des nations, la Chine doit garder son indépendance. De même, la Chine doit faire connaître le raffinement de sa civilisation ainsi qu'enrichir sa culture au contact de ce qu'il y a de mieux dans le monde, pour atteindre un idéal de fraternité universelle.
Durant sa carrière, Sun Yat-sen a toujours cru que la Chine devait être une république. Pour cet homme, la monarchie est dépassée et il n'y a pas de raison d'en établir une autre. De plus, il croit que les périodes de chaos qui suivent les révolution sont dues au fait que chacun tente de s'asseoir sur le trône. Il prône également l'adoption d'une constitution afin que la Chine ait un gouvernement responsable. Il reprend la séparation des pouvoirs de Montesquieu et y rajoute deux pouvoirs de plus. Cela fait donc un pouvoir législatif, un pouvoir exécutif, un pouvoir judiciaire, un pouvoir d'examen et un pouvoir de censure. Les deux derniers sont tirés de gouvernements passés chinois et ont pour but de remédier à certaines faiblesses des systèmes occidentaux. Cette indépendance des pouvoirs est nécessaire pour que le peuple soit réellement souverain en chine et que la démocratie puisse se dérouler de manière satisfaisante.
Pour Sun Yat-sen, les inégalités de la distribution des richesses en Occident est un problème social qui ne doit pas être émulé par les chinois. De plus, ces inégalités donnent lieu à des instabilité économiques qui sont plus dommageables que les conflits politiques. Même s'il reconnaît qu'il y a beaucoup d'inégalités en Chine, Sun Yat-sen croit que la situation ne peut que s'empirer si la Chine adopte le capitalisme. La solution passe par l'étatisation de la propriété. Il y voit un principe plus profond, plus fiable et plus pratique que la propriété privée. C'est par la prise en charge par son gouvernement de l'alimentation, de l'habillement, du logement et du transport qu'l compte assurer les nécessités vitales pour chaque citoyen et contrer les instabilités économique.
Néanmoins, Sun Yat-sen, peut-être en raison de son propre goût pour les études, était aussi un fervent défenseur de l'éducation. Il en parle en ces termes:
« L’éducation est le fondement de l’édification du pays ; elle ouvre la voie au développement. Nous devons donc commencer sans délai à la promouvoir. Les efforts porteront sur l’enseignement des sciences politiques et du droit afin d’accroître les connaissances du peuple ; sur la formation aux métiers de l’industrie et du commerce afin de permettre le développement de ces secteurs ; sur l’enseignement secondaire, qui est le prolongement de l’école primaire et débouche sur l’enseignement supérieur ; sur la création d’écoles normales, premier pas vers la généralisation de l’enseignement ; et enfin, sur l’éducation des filles afin de développer leur intelligence et de mieux reconnaître leurs droits. Tous ces points sont inscrits dans le plan de développement de l’éducation du Parti ».(Zhang Lanxing, voir note 3)
Pourquoi est-il un héros aux yeux des
taïwanais?
À prime abord, on est en droit de se demander en quoi le Dr. Sun Yat-sen est un leader taïwanais. D'abord, Taïwan est le territoire que contrôle maintenant la République de Chine fondée par cet homme. Trois ans après la mort de Sun Yat-sen, le général Chiang Kai-shek a mené l'armée de réunification à Beijing. Cela accomplit, il a chassé les communistes du Kuomintang. Cet acte a initié une guerre civile qui devait s'étaler sur vingts ans, se soldant par la relative défaite du Kuomintang et sa retraite sur l'île de Taiwan.
Mais entre temps, le Kuomintang s'est réclamé de l'héritage de Sun Yat-sen. Ils lui ont bâti un immense mausolée à Nanjing et organisé un énorme cortège funèbre. Son enterrement est devenu un enchâssement politique dans le parti du Kuomintang de même que ses écrits sont devenus la pierre angulaire de son idéologie, d'abord sur le continent puis à Taiwan.
Le Kuomintang a dû fuir la Chine lorsqu'il a été défait par les communistes. Après cette retraite, le Kuomintang a tout simplement refusé d'admettre la défaite et a installé son gouvernement à Taipei. Donc indirectement, Sun Yat-sen a joué un grand rôle dans la politique de Taiwan.
Finalement, Sun Yat-sen n'a jamais gouverné Taiwan et son image offense moins les supporteurs de l'indépendance taïwanaise que certains autres personnages comme Chiang Kai-shek.
Sun Yat-sen est encore aujourd'hui respecté pour ses croyances humanistes et sa vaste culture.
Sun Yat-sen Memorial Hall à Taipei
Source:
http://www.dennisflood.com/photos/gallery/sys_hall.shtml
(1) http://www.president.gov.tw/1_roc_intro/e_xpresident/index.html
(2) http://en.wikipedia.org/wiki/Sun_Yat-sen
(3) http://www.ibe.unesco.org/International/Publications/Thinkers/ThinkersPdf/sunyatsf.pdf
(4) http://chnm.gmu.edu/revolution/d/582/
(5) http://acc6.its.brooklyn.cuny.edu/~phalsall/texts/sunyat.html
(6) http://www.roc-taiwan-fr.com/flag.html
(7) http://www.time.com/time/asia/asia/magazine/1999/990823/sun_yat_sen1.html
Portrait réalisé par Kathleen Trudel dans le cadre du cours GIE-64375 « Relations humaines dans les affaires internationales », Programme de MBA Gestion internationale de l’Université Laval, Professeur Gérard Verna.