(Nice
1807 – Caprera 1882)

« Lorsque
Giuseppe Garibaldi naît le 4 juillet 1807, sa mère prie pour que le petit
Peppino « soit prêtre pour ne pas faire la guerre! ». Or, la guerre,
il la fera toute sa vie, et elle transformera ce petit marin en
condottiero légendaire, bientôt connu comme « le héros des deux
mondes ». Après avoir mis ses talents au service de la cause
indépendantiste en Amérique du Sud, Garibaldi consacrera le reste de sa vie à la
lutte pour l’indépendance et l’unité italiennes. Son exploit suprême sera la
légendaire expédition des « Mille », en 1860, alors qu’à la tête de
son armée de volontaires, il libère le Midi italien du joug bourbonien et livre
la région au roi d’Italie. Immortalisé dans la littérature mondiale par
Alexandre Dumas et par d’autres écrivains célèbres, Garibaldi continuera à
incarner jusqu’à nos jours le symbole de l’unification de l’Italie et de
l’héroïsme international. »[i]

Guiseppe est naît à Nice,
le 4 juillet 1807. À cette époque la ville appartient à l’empire français avant
de redevenir Piémontaise en 1814.
Il a reçu une éducation
religieuse, sa mère voulant faire de lui un prêtre. Il a donc une formation très
pieuse, et apprend les rudiments du latin et de l’Italien, ainsi que le glorieux
passé de l’Italie romaine.
Cependant, en 1821, il
choisit de devenir marin. Il navigue et fait escale dans tous les ports du Moyen
orient. L’escale à Rome le déçoit, lui qui s’attendait à retrouver la grandeur
antique. La ville dépérit, en effet, sus l’autorité du Pape Léon XII.
En 1933, il adhère à la
Jeune-Italie de Mazzini, dont le but est de libérer l’Italie de la présence
étrangère, en évitant que celle-ci ne tombe sous l’autorité du seul royaume
Piémontais.
L’année suivante, il
s’enrôle dans la marine Sarde et suite à l’échec d’une expédition militaire
visant à déstabiliser la monarchie Sarde, il est condamné à mort pour traîtrise
et recherché par la police.
Il prend la fuite, et
s’exile en Amérique du sud, où il y passera 13 ans.
Garibaldi se met au service
de l a république du Rio Grande do sol, en révolte contre l’empereur du brésil.
Il arme un navire, le Mazzini et écume la côte atlantique.
En 1939, il enlève sa bien
aimée Anita. La brésilienne, Anna Maria Ribeira de Silva, est déjà marié, mais
elle laisse son marie pour les bras de Guiseppe. Il l’épouse en 1942, et elle
deviendra la compagne de toutes ses premières luttes.
L’année précédente, il
combat en Uruguay et en Argentine, à la tête de volontaires italiens, les
« chemises rouges » (employées normalement dans les abattoirs de
Montevideo), pour l’indépendance de l’Uruguay contre le dictateur argentin
Rosas.
Les victoires des
« chemises rouges » , dont l’héroïsme bientôt légendaire soulève
l’enthousiasme de l’opinion italienne, font connaître dans le monde entier le
nom de Garibaldi.
En 1848, à l’annonce des
révolutions italiennes, Garibaldi rentre en Italie, où il reforme une légion
avec Mazzini. Ils se battent aux cotés de l’armée piémontaise, contre
l’Autriche, pour l’indépendance de la Lombardie; vaincu a Mazzone, Garibaldi
doit passer en Suisse.
Après la fuite de Pie IX
(24 novembre 1848), à Gaète, il accourt à Rome et monte une nouvelle légion de
volontaire pour défendre la république romaine. Le 9 février 1949, le Pape est
déchu et la république est proclamée. La France décide alors d’envoyer un corps
expéditionnaire afin de venir en aide au Pape. Le 1er juillet, lors
de la bataille de Janicule, les Garibaldiens capitulent face à la victoire
française.
Après cet échec, une
période difficile commence pour Garibaldi. Anita décède. Recherché par toutes
les polices de l’Italie, il s’exile à nouveau en Amérique. Il redevient marin,
erre entre l’Amérique, la Chine et l’Angleterre, l’Afrique du Nord, avant de
rentrer en Italie en 1954.
Là, il achète la petite île de Caprera entre la Corse et la Sardaigne qui sera sont lieu de refuge après chaque défaites.
Dès qu’éclate la guerre de
libération contre l’Autriche (1959), il se range aux cotés de Victor-Emmanuel II
et de Cavour. À la tête de volontaires, après des combats très meurtriers, il
réussi à vaincre les troupes autrichiennes.
Il tentera ensuite de
déclencher un soulèvement en Italie centrale, mais Victor-Emmanuel l'en
dissuadera.
L’unité de l’Italie est
donc en route. C’est dans cette idée que Garibaldi prépara la plus fameuse de
ces expéditions, dans le but de libérer la Sicile et l’Italie du Sud de la
domination des Bourbons de Naples.
Le 4 avril 1860, une
révolte éclate à Palerme ce qui fragilise le pouvoir des Bourbons. Dans la nuit
du 5 au 6 mai, Garibaldi part de Gènes avec 1087 « chemises rouges » à
destination de la Sicile. Le 15 mai, les mille remportent la victoire de
Calatafimi contre le Bourbons et le 27 mai, ils entrent dans Palerme.
Le 7 septembre, Garibaldi
et ses troupes entrent dans Naples. Inquiet face à la progression rapide de ce
républicain fougueux, Victor Emmanuel marche sur Naples et laisse à Garibaldi le
soin de briser la résistance napolitaine sue le Volturno.
Le 26 octobre 1861,
Garibaldi salue Victor Emmanuel en tant que roi d’Italie. Alors qu’est proclamé
le royaume d’Italie, il est chargé de présider le congrès des sociétés de
secours mutuels à Florence. Il en profite pour mettre sa popularité au service
de la création des sociétés de tirs, afin de faire des soldats italiens des
« citoyens libres ». En fait, il s’agit de diffuser l’idéal unitaire
et patriotique, pour préparer la conquête de Venise et de Rome; le dessein de
Garibaldi étant de faire de Rome la capitale de l’Italie.
N’obtenant pas de soutien
de la part du gouvernement royal, il monte, seul, plusieurs expéditions.
Il tente, sans succès,
d’envahir le Trentin, et échoue également dans un débarquement à Calabre, en
août 1962. Blessé, fait prisonnier, Garibaldi est amnistié et retourne dans son
île à Caprera.
En 1867, il tente une
nouvelle aventure contre l’État pontifical, cette fois protégé par le
gouvernement de Napoléon III, qui se terminera par une nouvelle défaite devant
les murs de Rome. Il est à nouveau arrêté et renvoyé dans son île.

Maintenant que l’Italie est
réunifiée, Garibaldi se retourne vers une autre cause à défendre. En octobre
1870, il offre ses services à la république française et au gouvernement de
défenses nationale face au royaume de Prusse. Le 25 et 26 novembre, avec ses
deux fils, Ricciotti et Menotti, à la tête de 10 000 tirailleurs français de
l’Armée des Vosges, il remporte une victoire à Dijon.
En février 1871, il est élu
député dans 4 départements, mais il est très mal accueilli à Bordeaux par la
majorité conservatrice, qui, sous prétexte qu’il est étranger, invalide son
mandat.
Garibaldi revient à Caprera
et refuse le commandement en chef de la garde nationale parisienne.
En 1874, il devient député
de Rome, et reçoit du parlement italien une rente nationale de 10 000 lires. En
1879, Garibaldi préside le congrès de la Ligue de la Liberté et de la Paix, et
la même année, il fonde la Ligue pour la Démocratie, au programme radical.
Garibaldi réclame notamment l’instauration du suffrage universel et l’abolition
de la propriété ecclésiastique. En 1880, il démissionne de son mandat de député
et se retire définitivement de la vie politique.
La même année, il épouse
Francesca Anmasina, la mère de ses trois enfants, puis, retiré a Caprera, il se
consacre à la rédaction de ses Mémoires qui parurent en édition posthume en
1888. Atteint d’une bronchite, Giuseppe Garibaldi décède le 2 juin 1882, à
Caprera. Le 8 juin suivant, le héros de l’unité italienne se voit honoré de
funérailles officielles. Il repose sous une énorme pierre tombale qui fait face
à la mer.
Récapitulatif
chronologique
4 juillet 1807
:
naissance à Nice. |
|
Les premières années de le vie de Garibaldi,
montrent comment les
conditions nécessaires à la naissance du mythe étaient préexistantes. Il a pu
incarner certaines convictions et certaines valeurs répandues au sein du
mouvement révolutionnaire mazzinien ( qui veut une Italie unifiée et
républicaine).
C’est l’exil et la
condamnation à mort qui pose les prémices du processus d’héroïsation en 1934,
alors que le jeune homme n’a que 26 ans.
Le « héros des deux
mondes »
Ses victoires en Amérique
latine, confère au mythe une dimension internationale.
De plus, d’autres faits
viennent compléter le mythe : le mariage de Garibaldi, la naissance de son
fils Ricciotti, puis la mort de sa femme Anita, donnent une dimension humaine au
mythe, voire romantique.

Le mouvement de sympathie
envers Garibaldi se répand à l’étranger jusqu’à créer une Garibaldimania
en Angleterre.
L’apothéose
du mythe (1860 – 1882)
Le
mythe a permis à Garibaldi d’user de son influence pour mener à bien son
entreprise d’unification de l’Italie, avec l’expédition des Mille.
Le
mythe Garibaldien apparaît comme un des grands mythes fondateurs de l’Italie. Il
est aussi complété par l’intégration de la vie privée de Garibaldi apportant des
idées de simplicités et d’authenticité. Garibaldi incarne alors l’honneur de la
patrie et ses arrestations par l’autorité lui apportent un statut de
martyr.
« Le rapport de
Garibaldi à la foule montre l’ambivalence de la nature du mythe : proximité
et démarcation, homme du peuple et héros, genre romanesque de la vie de
Garibaldi. Sa mort donne lieu à une communion nationale autour du personnage
largement relayée à l’étranger. Le mythe Garibaldien est alors devenu un élément
incontournable de la vie et de la politique italienne, et à moindre degré
mondial. »[ii]
http://www.librepensee.ch/Art_19_LP_113.htm :
pour le 120ème anniversaire de sa mort: Guiseppe Garibaldi
http://fr.encyclopedia.yahoo.com/articles/ni/ni_236_p0.html
: article encyclopédique
http://perso.wanadoo.fr/david.colon/sc-po/garibaldi.pdf
: fiche de lecture relative au mythe de Garibaldi, par Jérôme Grévy
http://www.19e.org/personnages/etranger/garibaldi.htm
: biographie réalisée par Marc Nadaux
http://perso.club-internet.fr/delpiano/ONPA_Garibaldi_html.htm :
biographie
http://jlblille.free.fr/histoire/garibaldi_bio.htm : chronologie
http://www.onlipix.com/personnages/gar.htm : portraits, photos,
sculptures..
http://perso.club-internet.fr/eisenbei/AP5-No21.htm
: Garibaldi et l’Armée des Vosges
http://grognards-alsace.ouvaton.org/ordres_de_bataille_et_compte_rendus/nuit/nuit.htm
: description de la bataille de nuit contre les Prussiens le 18 décembre
1870
Portrait
réalisé par Claire Murati, dans le cadre du cours GIE 64375 « relations
humaines dans les affaires internationales » du professeur Gérard Verna