Noriega a débuté
sa carrière militaire en entrant à l'école militaire du Pérou grâce à une bourse
offerte par son pays. Pour obtenir cette bourse, il a dû avoir recours à l'aide
son demi-frère qui possédait de nombreuses relations au sein du gouvernement
panaméen. Tout au long de son ascension, l'aide de son demi-frère lui sera
toujours précieuse et ce jusqu'à sa mort tragique.
C'est aussi à cette époque qu'il
commença à entretenir des liens avec le service de renseignement des États-Unis
: la CIA. En échange d'informations sur les mouvements gauchistes de l'Amérique
du Sud, Noriega recevait des fonds de la CIA. Tout au long de sa carrière
militaire, il a su garder et améliorer ses contacts au seins des agences
gouvernementales américaines. C'est grâce à ces fonds qu'il a pu se forger un
réseau de contacts qui lui sera d'une aide précieuse pour son propre avancement
dans la hiérarchie militaire de son pays. Sans le soutient tactique et financier
des Américains, jamais Noriega n'aurait pu se rendre maître de son pays.
Cependant, il ne faut pas mettre tous les mérites de sa progression rapide au
sein de l'armée à la seule aide de la CIA. Noriega a le don de se mettre
toujours du bon côté des intrigues et des complots. Et à cette époque, les
renversements de régimes étaient choses
courantes.
À sa
sortie de l'école militaire, il obtint le grade de lieutenant et alla servir
dans la Garde Nationale panaméenne. C'est durant cette première affectation
qu'il put se faire connaître de ses supérieurs en pourchassant et torturant tous
les opposants du régime en place. C'est aussi à ce moment qu'il commença à
mettre en place ce qui sera plus tard la base de son service de renseignement
panaméen.
En 1968,
à la suite d'un coup d'État où il joua un rôle important, il fut nommé
lieutenant colonel et responsable, sous le nouveau régime du Général Torrijos,
du service tout entier de renseignement panaméen : le G-2. Ce service va
permettre à Noriega de rassembler des informations sur toutes les personnalités
importantes du Panama. Cette manne d'information va lui permettre d'assurer son
emprise grandissante sur le pays. Il faut attendre la mort de Torrijos et
l'arrivée d'un nouveau dictateur, le général Dario Paredes, pour que Noriega
obtienne le titre de chef d'état major des armées panaméennes. Avec ce nouveau
titre et son service de renseignement panaméen, Noriega était, dans les faits,
l'homme le plus puissant de tout le Panama.
Ensuite, de 1983
à 1989, Noriega commença à éprouver de sérieuses difficultés diplomatiques avec
le gouvernement des États-Unis. Certains sénateurs américains commencèrent à
s'inquiéter dû nombres grandissants d'allégations dans les journaux américains
selon lesquelles Noriega s'adonnerait au trafic de la drogue, d'armes et de
blanchiment d'argent. La situation, dans les faits, étaient pire que cela.
Noriega avait transformé le Panama en un véritable paradis pour tous les
trafiquants en facilitant le transport de la drogue, en mettant à leurs
dispositions les institutions financières du pays et même en accueillant sur son
territoire des trafiquants notoires tel que Pablo Escobar. Il vendait même des
renseignements, obtenus par la DEA américaine, aux trafiquants de drogue,
corrompait les agents de la CIA et il était en contact avec les services de
renseignements cubains et israéliens pour ne nommer que ces deux
là.
