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Self Employed Women’s Association |
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Ce site a pour objectif de vous faire découvrir la Self Employed Women's Association (SEWA), un syndicat de l’Inde tout à fait hors du commun. |
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Mise en contexte En Inde, le secteur informel, qui comprend des travailleurs à domicile, des vendeurs, des travailleurs manuels et des prestataires de services, compte pour 70% du PIB et pour plus de 40% des exportations[1]. Les femmes y occupent une place prédominante. En effet, 94 % des femmes indiennes au travail œuvrent dans le secteur informel[2]. En tant qu’auto employée, elles n’ont droit à aucune protection quelconque, sont souvent illettrées et sujettes à l’exploitation. La Self Employed Women's Association (SEWA), une organisation syndicale féminine en Inde, a voulu aider les femmes dans cette situation. Il s’agit d’un tout nouveau type de syndicat[3]. |
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Histoire
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Difficultés rencontrées pour être reconnu comme syndicat Au départ, les dirigeants responsables d’enregistrer les syndicats sous « The Indian Trade Union Act » de 1926 ont refusé ce statut à la SEWA. Ces dirigeants n’avaient encore jamais entendu parler d’un syndicat pour le secteur informel. Ils ont demandé à la fondatrice et à ces quelques nouveaux membres « Contre qui est-ce que vous voulez vous organiser? Contre qui est-ce que vous vous battez? Qui est l’employeur ? Qui sont les employés? Comment est-ce que vous pouvez exister comme un syndicat ? Leur argument de taille a été qu’un syndicat n’était pas nécessairement pour se battre contre un employeur, mais plutôt une organisation qui unissait les travailleurs. Finalement, en avril 1972, la SEWA était enregistrée sous « The Indian Trade Union Act » de 1926 comme syndicat[6]. |
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Membres La SEWA est un syndicat qui supporte les femmes qui sont en dehors du cadre de protection des lois au travail et des bénéfices (assurance santé, pension de retraite, etc). Les membres de la SEWA sont donc des travailleuses qui n’ont pas de relations fixes employeurs-employées et dépendent de leur propre travail pour survivre. Ce qui ne signifie pas qu’elles sont des médecins ou des avocates, mais plutôt des femmes dans une situation économique précaire. Les membres se répartissent majoritairement en 3 catégories, les femmes qui travaillent à domicile (pour tisser, faire de la poterie, etc), des vendeuses (de légumes, de vêtements, etc), celles qui offrent leurs services (services de lavage, agricultrice, transport de marchandises, etc)[7]. La SEWA est composée uniquement de femmes. Ce n’est pas que les femmes soient opposées au principe d’une organisation mixte, mais vu les rapports hommes-femmes qui subsistent en Inde, il serait très difficile pour elles de faire entendre leur voix en présence de leurs époux ou de leurs pères[8]. Jusqu’en 1994, les membres de la SEWA étaient davantage urbains, mais suite à des campagnes de sensibilisation, le nombre de membres dans les campagnes a augmenté. Actuellement, la SEWA compte 700 000 membres répartis dans 7 états indiens différents[9].Les membres de ce syndicat sont regroupés selon le type de travail qu’ils effectuent. Chaque groupe possède des représentants élus qui interviennent au nom de leur groupe respectif. Le 2/3 des organisateurs du syndicat sont des représentants élus, afin de s’assurer que les vrais problèmes des membres soient relevés[10].
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Philosophie
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Objectifs C’est à travers cette philosophie que la SEWA a défini ces 2 objectifs : assurer aux femmes le plein emploi et l’indépendance. Le plein emploi implique que les travailleuses soient assurées de la permanence de leur activité, d'un revenu régulier, de la sécurité alimentaire et d'une protection sociale (soins de santé et logement accessibles, etc.). Par l'indépendance, la SEWA veut faire en sorte que chaque femme soit en mesure, tant individuellement que collectivement, d'assumer son autonomie sur le plan économique et qu’elles aient un pouvoir décisionnel[12].
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ApprochesPour atteindre ses objectifs, la SEWA travaille sur 4 approches. Ces approches touchent autant à la structure sociale qu’économique de ses membres, car pour la SEWA, les 2 sont interdépendantes. Tout d’abord, SEWA organise ses membres en collectivité pour détenir plus de pouvoir de négociation et de représentation. La deuxième approche de la SEWA est que les femmes doivent avoir accès à des crédits pour faire l’achat de matériel et ainsi devenir indépendantes. La troisième approche de la SEWA est qu’à travers l’éducation, les femmes peuvent acquérir les outils nécessaires pour atteindre une certaine autonomie. Finalement, à l’échelle gouvernementale, la SEWA s’efforce de faire changer les politiques en places afin que les femmes puissent obtenir une sécurité et une reconnaissance sociale (sécurité d’emploi, assurance santé, pension, etc).
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RéalisationsLa SEWA ne se contente pas d’être un syndicat ordinaire et a établit à travers ses approches plusieurs réalisations en parallèles qui ont grandement facilité la vie des femmes du secteur informel. Ainsi, une centaine de coopératives dans divers domaines tels la finance, l’artisanat, la production agricole, la santé et le logement existent maintenant à l’intérieur de l’organisation pour répondre aux besoins de ses membres[13]. Par exemple, une coopérative sous forme de marché, la « Kutch Craft Association » a été inaugurée par la SEWA, afin que ses membres aient l’opportunité de vendre eux-mêmes le fruit de leurs efforts, c’est-à-dire leurs fabrications artisanales. De cette façon, les femmes ont pu récolter un meilleur salaire et même vendre leurs produits à l’échelle nationale et internationale[14]. La « SEWA Bank », la plus importante des coopératives, fût créée en 1974. Elle comprend actuellement plus de 125 000 membres et son but est d’aider les femmes à débuter leurs petites entreprises et à conserver leurs économies[15]. C’est une banque totalement indépendante et son capital provient des contributions des femmes membres[16]. La SEWA a également mis sur pied une école de formation où 20 000 femmes participent chaque année à des programmes d’éducation dédiés à l’alphabétisation, la formation informatique, médicale, la recherche et la communication[17]. Puis, la SEWA a réussit une première victoire au niveau gouvernemental en gagnant une politique nationale qui était un droit des femmes vendeuses. Ainsi, les villes concernées doivent maintenant fournir une place séparée pour les vendeurs informels, afin qu’ils puissent étaler leur marchandise. Auparavant, les femmes qui venaient s’asseoir dans une zone publique pour vendre leur fourniture, commettaient une offense selon l’ancien régime britannique qui subsistait toujours à ce niveau. Par conséquent, elles se faisaient souvent battre et prendre leur fourniture. La SEWA a donc pris des mesures pour remédier à cette situation et a gagné sa cause[18].
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La lutte se poursuit…La SEWA se bat actuellement pour que ses membres vendeuses aient une carte d’identité et que le gouvernement leur assure une sécurité sociale. En attendant, la SEWA a créé elle-même une sécurité d’emploi pour une partie de ses membres. En voici un exemple : en 2000-2001, une grande sécheresse est survenue, affectant grandement les récoltes agricoles. Pour remédier à la cause, la SEWA a créé une sécurité d’emploi en développant des programmes d’artisanat en parallèle, ce qui a permis aux victimes de subvenir à leur besoin durant cette période. Vu le succès rencontré, la SEWA veut maintenant étendre l’artisanat comme un programme de sécurité d'emploi pour tous ses membres. En plus, la SEWA milite actuellement pour que l’organisation soit reconnue comme un Syndicat Central au niveau national[19].
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Scène internationale L'action conduite par la SEWA a débouché sur des résultats à l'échelle de la planète. Le bureau International du Travail a voté la convention accordant le plein statut de travailleur aux travailleurs à domicile partout dans le monde. La SEWA a également donné naissance à des réseaux internationaux du secteur informel : l’Alliance Internationale des Vendeurs Ambulants, StreetNet, qui est composée d’organisations et de groupes militants de onze pays sur les droits des vendeurs ambulants et le réseau HomeNet, un réseau de syndicats, tels que la SEWA et d’autres groupements syndicaux qui représentent des travailleuses à domicile[20]. En plus, HomeNet, StreetNet, la SEWA et d’autres syndicats et organisations internationales ont formé en 1997 un autre réseau, le WIEGO (Women in Informal Employment Globalizing and Organizing). Il s’agit d’une coalition créée pour renforcer la position des femmes dans le secteur informel. En Afrique du Sud, une organisation syndicale, la Self Employed Women’s Union (SEWU) s’est créée sur le modèle de la SEWA et, plus récemment, une organisation semblable s’est créée en Turquie.
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Plus qu’un syndicat ordinaire La SEWA est un syndicat structuré démocratiquement qui s’est donné des moyens auxiliaires impressionnants: des coopératives dans plusieurs domaines différents, un programme de formation à différents niveaux. Ce syndicat révolutionnaire a permis à des milliers de femmes indiennes d’améliorer leur qualité de vie et de faire reconnaître leurs droits. Ce modèle exceptionnel a d’ailleurs été repris à d’autres endroits dans le monde. Les syndicats indiens, reconnus dans le secteur formel, ont longtemps contesté à la SEWA sa qualité de syndicat. Selon eux, la SEWA est une organisation non gouvernementale (O.N.G) parce que ses membres ne sont pas des salariées dans le sens traditionnel et légal du terme. Mais la SEWA a bel et bien été reconnue comme organisation syndicale par les Secrétariats professionnels internationaux (SPI). C’est un syndicat qui a voulu aider une classe de personnes qui habituellement, était considérée comme extérieure à tout syndicat existant. Ainsi, la SEWA est un syndicat tout à fait différent des syndicats traditionnels auxquels nous sommes habitués, mais un syndicat qui a réussit à trouver la voie de la réussite[21].
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