Confederaçao
Geral dos Trabalhadores Portugueses – Internsindical Nacional
Confédération
de syndicats portugais
Introduction
Au Portugal, il existe deux confédérations principales de syndicats. La plus imposante et la plus ancienne se nomme la Confederaçao Geral dos Trabalhadores Portugueses - Intersindical Nacional (CGTP-IN). La structure organisationnelle de cette confédération a pour base des syndicats primaires ayant une portée relativement petite. Ces syndicats primaires sont réunis sous deux formes. Tout d’abord, ils forment des fédérations régionales, puis forment aussi des fédérations nationales qui couvrent une industrie particulière. Ce sont ces fédérations qui vont signer les conventions collectives à l’échelle industrielle. Dans le haut de cette structure se retrouve la confédération, soit la CGTP-IN.
La deuxième confédération syndicale majeure se nomme la União Geral de Trabalhadores (UGT). Sa structure organisationnelle diffère de la CGTP-IN par le fait que les syndicats primaires nationaux ne se rapportent pas à des fédérations régionales et nationales. L’UGT est donc composé simplement de syndicats primaires nationaux qui se chargent chacun d’un secteur d’activités particulier.
Il semble y avoir un plus grand nombre de syndicats membres de la CGTP-IN que pour l’UGT. Cependant, le nombre de syndicats affiliés à la confédération n’est pas représentatif de l’importance du syndicat dans le pays, car chaque syndicat peut contenir un nombre d’employés très varié. Malgré cela, la CGTP-IN apparaît souvent comme la plus importante confédération de syndicats au pays.
Historique du mouvement syndical
portugais
Les débuts du mouvement syndical au Portugal remonte au 19e siècle. C’est au milieu du siècle qu’on a vu apparaître les premières organisations syndicales de travailleurs. En 1875, fut établi le Parti Socialiste Portugais. Associé avec les premiers syndicats portugais, ils véhiculèrent ensemble deux idéologies distinctes, soit le socialisme et l’anarchisme. Jusqu’à la fin du siècle, le nombre d’organisations de travailleurs se multiplia de façon exponentielle. On retrouvait cependant une présence beaucoup plus forte de la tendance anarchiste au sein du mouvement syndical. L’idéologie socialiste disparue graduellement du mouvement.
En 1910, le Portugal devint une république et permit aux organisations de travailleurs de s’affirmer davantage. L’année suivante, la première grève générale eut lieu. Puis, après quelques années d’agitation au pays entre les associations d’ouvriers et le gouvernement républicain, la première confédération de syndicats fut créée sous le nom de l’Union Ouvrière Nationale (UON).
Alors que la situation économique au Portugal se détériora, notamment par une augmentation du coût de la vie, les syndicalistes se révoltèrent. Le régime républicain prit alors des mesures correctives contre ces révolutionnaires. Plusieurs se retrouvèrent en prison ou déportés. Les grèves devinrent plus violentes et des assassinats eurent lieu contre les militants. À la fin de la décennie, le gouvernement républicain fit des concessions pour satisfaire plusieurs demandes de l’UON, avec l’intention de garder sa présence au pouvoir. C’est alors que l’UON devint la Confédération Générale des Travailleurs (CGT).
En 1921, le Parti Communiste Portugais (PCP) est créé. Mais la présence communiste ne change aucunement les politiques des syndicalistes révolutionnaires du CGT. De plus, la confédération développa des relations étroites avec des syndicats étrangers, comme Industriel Workers of the World des États-Unis et la Confédération Nationale du Travail de l’Espagne qui l’aida à renforcer sa position.

En 1926, le Portugal est touché par un coup d’état militaire dirigé par le général Gomes da Costa, qui met fin au gouvernement républicain. Quelques années plus tard, Antonio Oliveira Salazar devint premier ministre. Suivant le fascisme de Mussolini, Salazar entraîna les portugais dans une dictature qui durera environ 50 ans. Face à ce pouvoir dictatorial, les classes ouvrières et les communistes firent preuve de résistance. Sans attendre, une législation est promulguée pour interdire les organisations syndicales existantes et établir le syndicalisme corporatif avec contrôle absolu de l’État. La CGT se retrouva durement affectée par son statut de clandestinité. En réaction à la création de syndicats corporatifs, une grève générale insurrectionnelle est déclarée où les syndicalistes révolutionnaires et les communistes militeront ensemble. Cette grève démontra la force des travailleurs, mais activa par le fait même la répression de la dictature de Salazar.
Après la deuxième guerre mondiale, les communistes et travailleurs anarcho-syndicalistes ont décidé de ne pas s’affilier avec les syndicats corporatifs. Ces derniers ont essayé, dans les années 50 et 60, d’attirer de nouveaux travailleurs, mais sans succès. Avec les changements socio-économiques d’après-guerre, l’action syndicale se devait d’être plus démocratique. Ainsi, lors du changement de dictateur de Salazar par Caetano, une certaine ouverture laissa le mouvement syndical reprendre du pouvoir. On vit alors apparaître l’Intersyndicale, une structure informelle regroupant plusieurs syndicats, qui gagna la confiance des travailleurs par une politique indépendante du régime de Caetano.
En 1974, après une cinquantaine d’années de dictature, le Mouvement des Forces Armées renversa le régime avec le peuple de la rue, ce qu’on nomma la «révolution des Œillets». Les actions démocratiques, dont celles revendiquées par les syndicats, reprirent leur statut légal.
De ce revirement de pouvoir, l’Intersyndicale fut remis en place formellement par le Parti Communiste et devint la CGTP-IN. De leur côté, les socialistes et quelques partis de droite formèrent la deuxième confédération syndicale au pays, l’UGT.
CGTP-IN
Confédéraçao Geral
dos Trabalhadores Portugueses –
Intersindical
Nacional
Philosophie de CGTP-IN
Dans la vision du CGTP-IN, le mouvement syndical consiste en une contribution des travailleurs, non seulement pour la défense de leurs droits et intérêts, mais aussi pour le développement et la libération de la société dont ils font partie.
La CGTP-IN puise ses racines dans un passé portugais rempli de traditions syndicales et de luttes de la classe ouvrière et des travailleurs portugais. Cette organisation portugaise représente donc une classe unitaire, démocratique, indépendante et de masse. Ensemble, ils travaillent pour défendre la prospérité de leur pays, la justice et la liberté. La CGTP-IN souhaite une société sans classe où l’on retrouve un agrandissement des libertés et de la démocratie dans l’environnement économique, social et culturel du pays. L’organisation syndicale vise à défendre les droits, intérêts et aspirations collectives et individuelles des travailleurs. Elle vise aussi à combattre les injustices, les inégalités, les discriminations, les exclusions, l’égoïsme, le racisme, la xénophobie et l’aliénation culturelle dans le but de construire une société sans classe.
La CGTP-IN a son siège social dans la ville de Lisbonne. Cette confédération syndicale est constituée de syndicats et de fédérations. Les syndicats affiliés exercent leurs activités sur le territoire national. Leur structure est basée sur la participation active des travailleurs qu’ils représentent et dirige l’activité syndicale dans leur secteur. Les fédérations sont, quant à elles, directrices, mais aussi organisatrices de l’activité syndicale des syndicats affiliés. Elles sont l’intermédiaire entre syndicats et confédération.
Les principaux objectifs de la CGTP-IN sont :
Ø organiser les travailleurs pour la défense de leurs droits collectifs et individuels;
Ø promouvoir, organiser et soutenir des actions qui soutiendront les revendications des travailleurs;
Ø bâtir la solidarité et l’unité entre tous les travailleurs;
Ø défendre les libertés démocratiques, les droits et les conquêtes des travailleurs;
Ø déployer des contacts et des coopérations avec des organisations syndicales étrangères pour développer une solidarité entre les travailleurs de monde entier.
Actions actuelles
L’année 2004 fut imprégnée par une profonde crise qui traversa plusieurs dimensions de la société portugaise. Elle fut touchée par une crise économique, une dégradation de la vie sociale et une crise politique, qui amena la méfiance chez les citoyens portugais envers leur gouvernement.
Pour 2005, les revendications politiques de la CGTP-IN concernent cinq objectifs stratégiques précis que voici :
La CGTP-IN approuve ses stratégies de développement économique et social lors des congrès. C’est le 30 et 31 janvier 2004 qu’a eu lieu le dernier congrès pour la CGTP-IN. Lors de ces congrès, les piliers de l’organisation syndicale sont présents pour élaborer le plan d’action des prochaines années.
Les comités participants à ce congrès sont représentés dans l’organigramme ci-dessous :

D’un côté on retrouve donc le conseil national avec sa commission exécutive,
son secrétariat, son commissaire national et spécifique. Puis de l’autre côté,
on retrouve l’assemblée plénière des syndicats avec son conseil fiscal et
l’organisation des réformes. L’Interjovem représente un groupement de
syndicats pour les jeunes travailleurs.
Coopération internationale
La CGTP-IN opère dans ses actions sur une portée internationale. Elle coopère avec des organismes syndicaux nationaux et internationaux pour défendre les problèmes sociaux reliés à la globalisation et le déséquilibre social qui en résulte. Ensembles ils revendiquent les droits ouvriers et sociaux et défendent une globalisation solidaire. Ils s’allient pour apporter une distribution plus équitable de la richesse et des revenus mondiaux afin d’assurer un développement durable.
Parmi ces actions internationales, la CGTP-IN se joint à la lutte des syndicats contre la politique des multinationales. Les sociétés multinationales ont un pouvoir important sur la globalisation. Ils influencent les gouvernements pour poursuivre des démarches qui déséquilibrent les marchés principalement par des délocalisations. Pour la CGTP-IN défendre les normes internationales en exigeant le respect des directives de l’OIT et l’OCDE est primordiale. De plus, la CGTP-IN considère que les services publics, comme l’éducation, doivent être exclus de la concurrence internationale et elle apporte donc son appui à ces services en vue d’empêcher les multinationales de les contrôler.
Sur le plan environnemental, la CGTP-IN appuie fortement les objectifs du Millénaire pour le développement. Également, dans le but de défendre le développement durable, le Portugal a souscrit à des engagements internationaux à la Déclaration de Rio et au Protocole de Kyoto. La CGTP-IN travaille dans le but de réaliser ces engagements.
Sa participation de coopération internationale touche aussi la défense de la paix. La CGTP-IN entreprend des actions concrètes avec des entités et organisations nationales, européennes et mondiales qui visent le développement de la paix, de la coopération et de la solidarité entre les nations. L’intervention de la CGTP-IN avec les travailleurs portugais vise entre autre à inciter le Portugal à émettre des lois pour la défense de la paix dans tous les espaces et instances internationales auxquels il participe.
Dans la globalisation des marchés, l’immigration a augmenté de façon drastique. Subséquemment, les caractères racistes et xénophobes ont ressorti davantage. Les immigrants sont ainsi souvent ciblés pour responsables des situations de crise économique et des chômages nationaux. La CGTP-IN combat ces positions hostiles face à l’immigration. Elle soutient l’intégration harmonieuse des travailleurs étrangers au Portugal. Elle défend le respect des diversités culturelles en combattant le raciste et la xénophobie. D’un autre côté, elle travaille aussi à promouvoir le droit des travailleurs portugais à l’étranger. Elle est donc en liaison avec les organisations syndicales des pays d’accueil et travaille avec les communautés portugaises établies à l’étranger. Ensemble, ils visent à promouvoir l’apport économique que les immigrants apportent aux pays d’accueil.
Dans ses activités de coopération internationale, la CGTP-IN est affiliée à plusieurs organismes syndicaux mondiaux. Voici les principaux :
Confédération Internationale des Syndicats Libres : créée depuis 1949, cette confédération regroupe la majorité des confédérations d’orientation majoritairement socio démocrate. CISL maintient des relations directes avec la CGTP-IN depuis 1999.
Fédération
Syndicale Mondiale : elle regroupe des syndicats de tous les pays
socialistes. La CGTP-IN coopère beaucoup avec cette organisation syndicale et
développe des relations de solidarité.
Confédération
Mondiale du Travail : la CMT a une présence active sur la scène
internationale en démontrant fortement sa position face à la globalisation. La
CMT a démontré une participation dans la procédure du Forum Social
Mondial.
Confédération Européenne des Syndicats :
la CES vise à promouvoir les droits humains, la paix, l’unification de l’Europe
et une stabilité au niveau de la vie sociale des travailleurs.
En plus d’être affiliée avec les grands organismes syndicaux internationaux, la CGTP-IN collabore avec de nombreux syndicats nationaux sur différents continents. Tout d’abord, sur le continent européen, la CGTP-IN suit activement l’élargissement de l’Union Européenne. CGTP-IN se préoccupe des grands changements syndicaux qui accompagnent les nouveaux candidats à l’Union Européenne. Sur le continent asiatique, en plus d’être en contact avec les mouvements syndicaux de plusieurs pays comme l’Inde, le VietNam et le Japon, la CGTP-IN maintient régulièrement des relations de coopérations avec les syndicats chinois. En Amérique du Nord, la CGTP-IN est entre autre en contact avec la CSN. Également, de façon sporadique, la confédération syndicale portugaise est en contact avec les mouvements syndicaux australiens et néo-zélandais. Puis elle est liée avec des confédérations régionales et continentales dans les pays arabes, africain et d’Amérique latine.
Références :
- Confederaçao Geral dos Trabalhadores Portugueses – Internsindical Nacional : www.cgtp.pt
- União Geral de Trabalhadores: www.ugt.pt
-
European Foundation for the Improvement of Living and Working
Conditions: http://www.eurofound.eu.int/index.htm
- Correspondances internationals: Portugal, pays de contrastes: http://www.ospaaal.org/corint/ed.frances/repe%204.htm
Portrait réalisé par Marie-Élise Paniagua Nolet (marie-elise.paniagua-nolet.1@ulaval.ca
) dans le cadre du cours GIE-64375
«Relations humaines dans les affaires internationales», Programme de MBA en gestion
internationale de l’Université Laval, Professeur Gérard Verna.