COLSIBA

 

 

COORDINADORA LATINOAMERICANA DE SINDICATOS BANANEROS

 

INTRODUCTION

Notre objectif est de vous faire connaître une organisation syndicale majeure au Costa Rica : COLSIBA. À travers ce site, nous vous présenterons une brève description du secteur de la banane, du pays, de cette organisation syndicale, la situation sociale et les conditions de travail des travailleurs du secteur de la banane ainsi que la relation de COLSIBA avec les autres mouvements syndicaux.

Encore aujourd’hui, la production de bananes est l’une des activités agricoles les plus importantes au monde. Riche en minéraux, des millions de tonnes de ce fruit sont transigés sur le marché mondial. Comme dans plusieurs cas, un très petit groupe s’est approprié la richesse, alors que des milliers de personnes travaillant à la production n’ont pas accès à des conditions de travail respectables.

 

LE SECTEUR DE BANANE

Il y a plus de 120 pays qui produisent des bananes, dont le Costa Rica. La production mondiale est estimée à 85 millions de tonnes, dont 30 millions de tonnes de plantains. Les pays les plus pauvres de la planète fournissent 42% de la production mondiale de bananes. Ce qui donne place à beaucoup d’abus et à des conditions de travail non acceptables.

La culture de la banane est au centre de discussion entre les gouvernements des pays producteurs et des pays consommateurs, des entreprises transnationales et nationales, des organisations syndicales et des écologistes. Ces derniers luttent pour changer les conditions de production qui ont présentement des conséquences néfastes sur l’environnement et sur la qualité de vie des populations concernées.

 

LE COSTA RICA

Le Costa Rica n’a pas connu les mêmes révolutions que ses pays voisins. Il peut se vanter d’avoir un passé plutôt calme. En 1949 on y abolie même l’armée. Ce pays a acquis une stabilité sociale intéressante, notamment à partir des années ’40 avec la création d'un système d'assurances sociales. La « Caja Costaricense de Seguro Social » (Caisse costaricaine de Sécurité Sociale) sera créé en 1941.

Vers les années 1985, un mouvement propre au Costa Rica surgit : le solidarisme. Ce mouvement s’étendra à d’autre pays par la suite. La progression du syndicalisme fait peur aux partis libéraux, certaines organisations américaines et même quelques Églises qui associent le mouvement syndical au communisme. Les pressions faites par ces organisations sont à la base du solidarisme qui vise alors à défaire « la supposée » image de révolte que véhiculent les syndicats.

Ils instaurent alors une forme d'alliance entre les patrons des compagnies bananières et les ouvriers afin de contrer les alliances entre travailleurs et travailleuses. Les instigateurs du solidarisme proposent de négocier dans l’harmonie, d’adopter une attitude passive, de discuter directement avec les patrons pour résoudre les conflits, etc. Bref tout pour diminuer l’importance et l’impact d’un syndicat. Son objectif est d’inculquer aux travailleurs des valeurs entrepreneuriales et une conception du monde beaucoup plus néolibérale.

Vers le début des années 1990, pour répondre à ce mouvement et aux divers plans d'intégration socio-économiques, tels l'ALCA (Zone de Libre Échange des Amériques), le PPP (Plan Pueblá - Panamá) ou aux traités de libre commerce, les différentes unions, syndicats et regroupement se réunissent pour former un mouvement multisectoriel qui soit assez fort pour y faire face. Plusieurs organisations verront le jour, dont COLSIBA.

 

COLSIBA

COLSIBA est une organisation qui réunit principalement les travailleurs et travailleuses des plantations de bananes, toutefois, elle compte également des membres parmi d’autre secteur d’activité comme les plantations de cannes à sucre, de café, de fleurs et diverses autres industries agricoles.

Aujourd’hui, COLSIBA est devenu un regroupement de dix (10) organisations majeures (SITRABI, UNSITRAGUA, COSIBAH, FETRABACH, A.T.C. TRABANIC, COSIBACR, SITRAIBANA, SINTRAINAGRO, FENACLE ), et est présente dans huit (8) pays différents incluant le Costa Rica (également le Belize, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, le Panama, la Colombie et l’Équateur) . Elle regroupe 45 000 travailleurs et travailleuses.

 

LA PHILOSOPHIE ACTUELLE

La philosophie de Colsiba se définie principalement par sa mission et ses objectifs :

COLSIBA a pour mission «  d’améliorer les conditions de vie (économiquement et socialement) et de travail des travailleurs et travailleuses des bananeraies Latino Américain ».

Elle travaille sur le développement d’un plan stratégique afin d’atteindre les objectifs suivants :

  1. Développer l’organisation de COLSIBA ;
  2. Établir et faire la promotion de relation entre des organisations similaires ;
  3. Promouvoir une position commune face à la crise ;
  4. Instaurer un sceau syndical « COLSIBA » ;
  5. Initier et faire la promotion d’un dialogue avec les compagnies transnationales ;
  6. Faire la promotion de l’organisation dans le secteur de la production indépendante ;
  7. Lutter pour la liberté syndicale, la solidarité et le droit au convention collective ;
  8. Préserver l’environnement et la santé des travailleurs ;
  9. Stimuler la participation et l’intégration des femmes au mouvement syndical ;
  10. Établir des conditions de travail, des conditions de vie pour la famille des travailleurs et bannir l’exploitation des enfants.

Vous pouvez consulter le détail de chacun de ces objectifs en consultant le site suivant : www.colsiba.org Vous y trouverez également toutes les actions syndicales posées ou en préparation pour atteindre ces objectifs.

 


Plantations fermés au Costa Rica après des inondations– des milliers d’emplois perdus



Les travailleurs des plantations Zavala et Talamanca au Costa Rica sont en grève suite aux arrêts de paiement des salaires qui ont suivi les inondations

 

SON HISTOIRE

COLSIBA a été fondé à San José, au Costa Rica, au mois de mai 1993 par Gilberth Bermúdez, le Secrétaire général de SITRAP. SITRAP, était à l’époque la plus importante centrale syndicale pour les travailleurs des bananeraies au Costa Rica.

COLSIBA a les mêmes objectifs que les mouvements syndicaux internationaux : unir les travailleurs, lutter contre l’exploitation et la violation des droits des travailleurs. Elle arrive en réponse à une importante crise dans la production et l’exportation des bananes. Elle arrive également à un moment opportun pour contrer le mouvement de solidarisme qui a déstabilisé les syndicats.

Face à cette détérioration importante, COLSIBA met en place d’importante activité de formation et de communication. Il s’unit également d’autres organisations dans les pays voisins. Les regroupement syndicaux ont compris qu’une volonté et une solidarité entre les différents syndicats étaient nécessaire pour effectuer un rapprochement qui permettrait d’augmenter les échanges d’expériences et de conseils ainsi que leur positionnement face aux entreprises.

 

SA STRUCTURE

Afin de bien planifier ses actions et ses méthodes, COLSIBA organise une conférence syndicale à tout les deux (2) ans. Le but de cette conférence est de faciliter les relations entre les différents organismes mais surtout de favoriser les échanges d’informations au sujet des impacts de la production et de la commercialisation des bananes sur les conditions de travail. Des accords sont alors adoptés pour mettre en place une façon de faire similaire entre les organisations. Afin de vérifier l’application de ces accords, un comité coordonnateur formé de deux représentants de chaque organisation se rencontreront deux à trois fois pendant l’année. La responsabilité et la représentativité politique de ce comité sera pris en charge par trois personnes désignées : un coordonnateur, un coordonnateur-adjoint et un coordonnatrice des femmes. Ses représentants seront nommés pour deux ans.

 

SYNDICATS DES BANANERAIES : LES PRINCIPAUX DÉFIS

1) La Gestion totale de la Qualité

Comme dans plusieurs secteurs d’activité, la plupart des entreprises mettent en place des programmes de participation des employés, comme les cercles de qualité, qui envoi un message contradictoire aux employés. En incitant une implication plus importante de la part de l’employé pour améliorer l’efficacité de la production, l’employeur augmente le sentiment d’appartenance de l’employé et bénéficie de la grande créativité de ceux-ci. Les salariés se préoccupent alors davantage de la production ce qui augmente encore plus l’accumulation du capital grâce au développement de la participation gratuite des salariés. Par la même occasion, ils détournent les intérêts fondamentales et réduisent l’autonomie syndicale.

La mise en oeuvre de ces programmes garantit aux entreprises la continuité de leur domination sur les employés en créant une fausse harmonie dans les relations de travail.

 

2) La mondialisation

La mondialisation a un effet très négatif sur les conditions de travail offertes aux travailleurs des bananeraies. Les gouvernements veulent attirer des investissements étrangers, sans toutefois mesurer les conséquences sur leur citoyen.

Heureusement, tout comme les entreprises, les organisations syndicales ont eu recours aux nouvelles technologies pour réorganiser leurs activités d’un point de vue stratégique. COLSIBA, en plus de développer des ententes et des relations avec des pays voisins aux prises avec les mêmes problématiques, développe des ententes avec les pays importateurs de bananes. Notamment avec Banana link, une organisation anglaise qui appuie les cultures équitables, le développement durable, la production et l’exportation équitable des bananes.

 

LA FIXATION DE QUOTAS

Depuis quelques années, des quotas de production ont été octroyés aux sociétés transnationales « bananières » ce qui leur a apporté une importante croissance économique.

Au Costa Rica, notamment, ces nouvelles limites ont eu des répercussions bénéfiques puisque leurs parts de marché a augmenté en fonction de leurs capacités d’exportation. Heureusement, il y a eu une conséquence positive pour l’environnement également puisque ces nouveaux quotas ont aidé à freiner momentanément l’expansion incontrôlée des surfaces cultivées et ont limité de sérieux dégâts environnementaux.

Toutefois, les variations pour ces entreprises sont dues aux périodes de maturation d’autres fruits et non à la fixation de quotas. Ces entreprises ont accès à un marché important, celui des États-Unis qui est régi uniquement par la loi de l’offre et de la demande. De plus, la Chine importe depuis 1998, plus de 300.000 caisses de bananes en provenance de différents pays, 7% provient de la production du Costa Rica.

 

DEMANDES SYNDICALES

COLSIBA veut exercer une plus grande pression lors des prochaines négociations sur les quotas et les droits de douanes de la banane . Elle souhaite discuter également de l’introduction de clauses sociales et environnementales dans le commerce de la banane :

Voici quelques requêtes :

Il existe déjà des conventions internationales qui vont dans ce sens, mais elles ne sont pas appliquées.

 

LE CONDITIONS DE VIE ET DE TRAVAIL

Au Costa Rica comme dans la plus part des pays d’Amérique latine, les régions de production de bananes sont de véritables camp d’esclavage. Il n’y a pas d’autre choix : La culture de la banane est la principale source d’emplois.

Les enfants commencent à y travailler très jeune, on ne connaît pas d’autre alternative. Les familles sont pauvres et peu éduquées ce qui les poussent à envoyer leurs enfants travailler. À l’opposé, le travailleur plus âgé, épuisé, se fera remplacer rapidement, même après avoir donné des années aux entreprises bananières. La main d’œuvre plus jeune est moins chère et sans aucune conscience syndicale.

COLSIBA doit faire des campagnes plus importante, informer et éduquer les jeunes et adapter son discours afin de faire prendre conscience aux jeunes du combat qu’elle mène et de tout le travail qu’il reste à faire.

 

D’AUTRES DÉFIS

La déréglementation du travail mise en oeuvre par les gouvernements d’Amérique central vise à réduire les capacités de défense des organisations syndicales. Également, la présence des travailleurs immigrés est particulièrement grave. Ils sont victimes de violations des droits de l'Homme, de leurs droits politiques et économiques et on été obliger d’émigrer pour gagner leur vie.

Payé mois cher qu’un local, les travailleurs immigrés ne peuvent pas se syndiquer.

 

LA SANTÉ

Nous gardons toute notre vie les séquelles des pesticides, dont on abuse dans les plantations. D’autres comme les insecticides, herbicides et fongicides peuvent également causer la mort lors du travail quotidiens des nombreux travailleurs.

La volonté d’augmenter la production et les nouvelles technologies ne prennent pas en considération la détérioration de l’environnement et les impacts nocifs sur la santé des gens.

Les syndicats du secteur de la banane sont de plus en plus informés des législations internationales et nationales sur les limitations de leur usage et sur la protection contre ces produits. Malheureusement, faute d’appui gouvernemental, les compagnies bananières font ce qu’elles souhaitent.

Solution : établir des liens entre des centres scientifiques et techniques et des centres de santé gouvernementaux et non gouvernementaux pour faire un meilleur diagnostic et analyser les impacts possibles des effets aigus et chroniques de tous ces pesticides sur la santé et sur l’environnement.

 

CONCLUSION

Actuellement, les compagnies bananières contrôlent totalement la législation entourant le travail. Souvent au moyen de pratiques illégales, elles empêchent l’organisation de syndicats. Elles se servent d’intimidation tant verbale que physique, de menaces, de licenciement et de “listes noires” pour intimider les employés et freiner la présence des syndicats.

C’est pourquoi il est important d’appuyer des organisations comme celle de COLSIBA. Elle a déjà réussi l’exploit de réunir différentes centrales syndicales, dans différents pays. Sa force, son réseau et son expérience peuvent assurément bien servir les travailleurs et travailleuses du Costa Rica.

En conclusion, une citation du poète Costaricain Isaac Felipe Asofeiza qui explique bien la situation actuelle: « Bien que l’avenir se présente sans beaucoup d’étoiles, il ne fait jamais plus sombre qu’à l’aube ».

 

 
Sources

 

http://www.acdi-cida.gc.ca/cida_ind.nsf/0/210d9f7ba495927285256bf4006679b4?OpenDocument

http://action.web.ca/home/clccomm/fr_readingroom_solidarity.shtml?x=40833&AA_EX_Session=0bc5a07b82a1b51a81def55c27db1630

http://www.colsiba.org

http://www.bananalink.org.uk/espanol/sobre/sobre.htm

http://bananas.xs4all.be/Francais/WorkingConditions.htm

http://www.gvom.ch/info/cr/f127.html

http://www.ilo.org/public/english/dialogue/actrav/regact/projects/rla01agm.htm

http://www.ilo.org/public/french/staffun/staff/americas.htm

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http://www.ilo.org/public/english/protection/safework/integrap/docs/french/reponses/cri_f.pdf

http://www.oit.org.pe/sindi/french/casos/cri/cri27.html

http://www.peuples-solidaires.org/reseau-solidarite/appel%20255%20equateur.htm

http://www.plannagua.qc.ca/nagua_fr/secteurs_fr/secteurs_03_4_fr.html

http://www.union-network.org/UNIsite/Regions/Americas/rio2002/pdf/Rio%20media%20brief%20Fr.pdf

http://www.wdmscotland.org.uk/bananas/bananas.htm

http://www110.hrdc-drhc.gc.ca/pdf/pdf_f/legislation_travail.pdf

 

 

Dossier réalisé par Marie-Jasmine Cantin-Obando dans le cadre du cours GIE-64375 « relations humaines dans les affaires internationales » programme de MBA gestion internationale de l’Université Laval, professeur Gérard Verna