Landsorganisationen i Sverige

(LO)

 

 

 

  

 

 

 

Historique :

 

La LO, principale organisation syndicale ouvrière créée en 1898, a toujours été très près du parti social-démocrate suédois (SAP). « Au milieu des années 1930, la LO et le SAP adoptaient une politique de classe qui visait à institutionnaliser une version musclée de l’État-providence keynésien[1], ce qui permit l’éclosion d’une solidarité au sein de la classe ouvrière. […] Au tournant du siècle, les principaux syndicats suédois avaient obtenu un pouvoir de négociation national, mais ce n’est qu’en 1941 que la LO obtint celui de contrôler l’utilisation de l’outil qu’est la grève.  A cet égard, les syndicats accusaient un retard par rapport aux employeurs : l’organisation qui allait devenir le principal représentant de ces derniers, la SAF, disposait du pouvoir nécessaire depuis sa création. »[2]

 

LO regroupe aujourd’hui seize filières de travailleurs du secteur privé et public.  Au total, LO regroupe environ 1,918,800 membres dont environs 882,445 femmes.  Comme on  peut le voir sur le graphique, ci-dessous, la Suède a le taux de participation des femmes le plus élevé dans la vie ouvrière, selon les données de l’OCDE en 2001.  

 

 

Les 16 filières de la LO ont un statut indépendant.  LO est avant tout une organisation de coordination, et de recherche, mais signe les accords concernant les assurances.  LO est également responsable de la coordination pour les activités internationales, les formations syndicale, l’éducation, l’égalité des sexes et la sécurité sociale.  Les filières ont l’entière responsabilité de leur secteur d’activité au niveau régional et local.  L’image que reflète LO est très importante vis à vis du public. 

Une des tâches les plus importante de la LO est de protéger l’intérêt du mouvement syndicale face au parlement, aux autorités et autres organisations. De ce fait, les mesures législatives affectant la société sont proposées à LO afin que celle-ci donne son avis.  LO possède des représentants au sein des autorités gouvernementales et est impliquée dans les affaires d’emplois Suédois ainsi que dans la politique de développement.  Les fréquents contacts de la LO avec le parti social-démocrate, ont amenés le parti du congrès à élire un représentant au comité exécutif du parti. 

 

 

Structure :

 

Le congrès se trouve à la tête du syndicat, et est renouvelé tous les quatre ans.  Le congrès est constitué de 300 délégués élus par les syndicats affiliés et par les 130 membres du conseil général.  Le congrès décide des activités et règlements principaux qui seront étudiés durant les quatre prochaines années du nouveau congrès.  Le conseil général ainsi que le conseil exécutif sont élus par les membres du congrès. 

 

Le conseil exécutif est composé d’un Président, d’un Premier Vice-Président et secrétaire, d’un Deuxième Vice-Président et d’un Troisième Vice-présidents.  Les membres actuels sont :

*      Mme Wanja Lundby-Wedin, Présidente

*      Mr Erlan Olauson, Premier Vice-Président et Secrétaire

*      Mme Ulla Lindquist, Seconde Vice-Présidente

*      Mr Leif Håkansson, Troisième Vice-Président

Les membres du conseil exécutif ont élu domicile à la maison mère de la LO à Norra Bantorget à Stockholm.  Ils se rencontrent toutes les deux semaines afin de discuter des situations et conflits hebdomadaires et de prendre les décisions qui s’imposent.  Le conseil est assisté d’environs 160 employés pour son travail quotidien. 

Quand au conseil général il se rencontre deux fois par ans et prennent des décisions sur d’importants rapports et décide à la demande générale de la négociation des salaires. 

 

Pour ce qui est de la structure des adhérents au syndicat, elle se fait en deux temps.  Tout d’abord, les 16 filières ou syndicats nationaux s’organisent en branches régionales ou en clubs au sein des entreprises.  Le syndiqué est donc affilié à un club, ou si l’entreprise n’en a pas il est directement lié à la branche régionale.  La LO s’est quand à elle divisée en 19 districts (un pour chaque région suédoise), qui eux même supervisent les organisations municipales. 

 

 

Rôle :

 

Le rôle de la LO a radicalement changé d’orientation au long de son existence.  A ses débuts la question centrale était la question des salaires, avec le temps cela s’est transformé en un système de coordination central  des procédures de négociation des salaires. 

De 1950 à 1980, la négociation des salaires en Suède était une question qui n’intéressait pas seulement LO mais également ses homologues, SAF (la confédération des employeurs suédois).  C’est durant cette période qu’a été développé ce que l’on appelle encore aujourd’hui le  modèle suédois.  En effet la plupart des « théoriciens des ‘‘ressources de pouvoir’’ ont fait du mouvement syndical suédois un exemple. »[3]  Ses fondements remontent aux années 1950-1960 alors qu’une « nouvelle alliance des cols blancs et des cols bleus axés sur la prestation de services publics de qualité pour tous et l’insertion du principe de remplacement du revenu dans les programmes suédois d’assurance sociale»[4] a été posée.

 LO et ses filières réclamaient une augmentation de salaire pour les personnes les moins payées.  Avec une telle politique, les petites entreprises se sont vues fermer les portes mettant par conséquent au chômage plusieurs personnes.  Les entreprises les plus efficaces dans le secteur industriel se sont vues à l’inverse, prospérer et  augmenter la production.  Depuis 1980 aucun accord n’a été conclu entre LO et SAF concernant l’augmentation du salaire.  Chaque syndicat signe un accord avec son homologue, et des adaptations sont faites par chacune des compagnies en fonction des besoins.

 

« Dans les années soixante, quelques éléments importants du parti et de la LO mirent en relief l’importance du soutien à la mère au travail. Ce changement d’attitude allait tout à fait dans le sens des tendances économiques, en ceci qu’il coïncidait avec la croissance du secteur des services, important employeur de femmes dans la plupart des pays de l’OCDE. En Suède, la participation des femmes au marché du travail augmenta rapidement pour atteindre un niveau supérieur, si bien que le taux de syndicalisation des femmes ne tarda pas à rejoindre leur taux de participation au marché du travail. […] Dans années soixante-dix, tant les syndicats membres de la LO et de la TCO du secteur public que les syndicats affiliés à la TCO dans le secteur privé adoptaient la politique solidaire de la LO en matière de négociation de salaires. »

 

Le rôle de la LO aujourd’hui est d’être un forum de discussion sur les possibilités d’augmentation de salaire.  Cela inclut l’encadrement, la coordination et la stratégie de négociation des demandes d’augmentation de salaire de la part des femmes dans le but de réduire la différence de rémunération entre les deux sexes.  La coopération s’est révélée positive.  La plupart de ses demandes se sont développées suite au développement différé entre la LO et TCO (confédération suédoise des professions libérales) – SACO (confédération suédoise des associations professionnelles).

 

 

Actions :

 

En 1991, SAF perd les élections face aux conservateurs.  Ces derniers profitent de l’occasion pour tenter de mettre en place un programme de flexibilité néolibéral.  Un des objectifs crucial était la révision des lois du travail.  Ils veulent obtenir la « flexibilité numérique » liée à la croissance du nombre de travailleuses et de travailleurs soumis à un mode de production « juste à temps » que pour affaiblir la position des responsables syndicaux locaux. »  Au programme du gouvernement Bildt sur la révision des lois du travail :

*      doublement du taux de cotisation des salariés

*      remplacement du système d’assurance-chômage géré par les syndicats par un système dirigé par le gouvernement

*      retrait du droit de déduction fiscale pour les cotisations syndicales

*      réduction des taux de prestations relatifs a différents programmes sociaux

L’élection d’un gouvernement social-démocrate en 1994 redonne de l’espoir aux syndicats.  Le nouveau gouvernement agit très rapidement afin de réactiver l’ancienne législation du travail.  Il demande en contrepartie aux syndicats de « s’efforcer de mettre en place un nouveau système d’établissement des salaires qui puisse conjuguer la stabilité macro-économique et la décentralisation, et signer avec les employeurs des conventions collectives en s’appuyant sur une nouvelle structure régissant les relations du travail en général. »[5]  Lors des négociation en 1995, LO travailla d’arrache pieds dans le but d’arriver à un compromis satisfaisant avec les syndicats.  Un comité composé d’économistes de la LO, TCO, SACO, et SAF fut créé, et porta  le nom de comité Edin, du nom de son président.  Le comité n’eu pas le résultat souhaité.  Dès le mois de Mars 1995, un nouveau comité présidé par Tony Hagström fut créé.  Les syndicats et associations patronales y étaient largement représentés.  Les propositions émanent de ce comité rappelaient beaucoup trop les lois du gouvernement Bildt.  LO et TCO n’appuyèrent pas les propositions.  En 1995 les sociaux-démocrates ont renié leurs promesses face aux pressions de la finance internationale pour résoudre le problème du déficit.  « Tout en relâchant substantiellement les normes relatives aux variations du temps de travail, la commission recommandait l’élimination du soutien législatif à la réglementation du temps de travail par les conventions collectives nationales. […] [LO a] toutefois persuadé les sociaux-démocrates de retirer les propositions de changements au régime d’assurance-chômage et, au printemps 1997, de consacrer 4 milliards de couronnes[6] au maintien des services sociaux en 1997 (avec 8 milliards additionnels promis chaque année pour les deux années suivantes) et encore 6 milliards de couronnes injectés dans le système d’éducation des adultes et l’éducation post secondaire. Au congrès du SAP, à l’automne 1997, le gouvernement a également promis d’augmenter les allocations pour enfants, de hausser les taux d’indemnisation à 80 pour cent en janvier 1998 et de ramener la période de congé de maladie payée par l’employeur à son niveau d’origine, tout cela à la demande des syndicats. »[7]

 

Plusieurs personnes reconnaissent que cet accord est l ‘équivalent moderne de l’accord signé entre la LO et à SAF en 1938.  Ces mêmes personnes attribuent à la LO le succès des négociations de 1998.

 

Voilà que la LO s’attaque à un nouveau problème.  Lors du dernier congrès de la LO en Juin 2004,  a été adopté le projet de travail de LO au niveau international intitulé « Unité et Solidarité au delà des frontières ».  Le détail de ce projet est disponible sur le site de la LO  (http://www.lo.se/home/lo/home.nsf/unidView/913E3BE874A391D5C1256F01003D6183/$file/internationellariktlinjer_engelska_nt.pdf)

 

 

Relations internationales :

 

Les syndicats ouvriers suédois ont de tout temps travaillé dans une perspective internationale.  Dans le but de supporter les démocratie et liberté des syndicats ouvriers dans les pays en voie de développement, la mondialisation des entreprises et la coopération avec l’Union Européenne, les syndicats ont créé de fortes relations au niveau internationales. 

 

En effet il n’y a pas de restriction concernant la mobilité des capitaux entre pays et entreprises.  Il est donc nécessaire pour un syndicat national et ces organisations internationales de développer des règles qui mettront les syndicats sur un même pied d’égalité que les entreprises.  La LO a depuis des années donné priorité au travail avec la ILO « Internationella arbetsorganisationen » (syndicat ouvrier international), et est une des plus importante supportrice quand à la ratification de la convention et recommandations de ILO.  Le cœur des principes syndicaux (liberté d’association, travaille forcé, travail des enfants, discrimination) a gagné une plus ample reconnaissance dans le cercle international.  Malgré le fait que ces principes ont été inclus avec succès dans tous les accords, le travail doit continuer.  Le cœur des conventions de la ILO a pris de l’élan avec les négociations de l’Union Européenne.  Le travail doit être d’autant plus intense dans les pays en voie de développement.  Dans ce but la LO et la TCO ont créés une association commune LO-TCO (le secrétariat de l’aide au développement aux syndicats internationaux).  Dans cette association on ne retrouve pas seulement la LO et la TCO mais également de syndicats affiliés.  LO est appuyé concrètement par la Olof Palme International Centre en coopération avec le parti social-démocrate, KF (coopération internationale), et ABT (l’association des professeurs). 

 

Au niveau international, LO travaille avec la Confédération Internationale des Syndicats Libres (ICFTU).  ICFTU s’est vu demander par la LO suédoise de lutter pour les droits des ouvriers afin d’attirer la sympathie des syndicats étrangers.  LO a de tout temps fait parti de la confédération des syndicats européens (ETUC).  Leur participation a augmenté depuis l’entrée de la Suède dans l’Union Européenne.  LO est activement engagé dans les activités de ETUC.  Etant membre de l’union européenne LO se voit enrôlé dans des activités diverses telles l’économie européenne.  LO est également impliqué au sein de l’OCDE et travaille sur le comité consultatif des syndicats.  LO n’est pas seulement impliqué dans diverses actions au sein de l’Union, elle est également rattachée à des  syndicats de l’Europe centrale et de l’est.  LO a promu le projet appelé le « Projet de lois sur les travailleurs Baltes ».  De plus LO participe au réseau des syndicats de la mer baltique.

 

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Références :

 

http://en.wikipedia.org/wiki/Confederation_of_Swedish_Enterprise

http://en.wikipedia.org/wiki/Socialdemokratiska_arbetarpartiet

http://forium.money.msn.fr/currency/fr/convertisseur_devises.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat

http://lexin.nada.kth.se/swe-eng.shtml

http://sap.se/ (aller sur « other languages »)

http://www.eiro.eurofound.ie/2001/05/inbrief/se0105199n.html

http://www.erudit.org/revue/socsoc/1998/v30/n2/001470ar.pdf (Mahon, Rianne, Sociologie et société, Vol. XXX, n°2, 1998, p1-23)

http://www.fileane.com/eleusgate/atelier3/global_politiques_sociales.htm

http://www.lo.se/home/lo/home.nsf/unidView/E2A56001E93D5F3EC1256E760040952D

http://www.saco.se/templates/saco/general.asp?id=1989

http://www.svensktnaringsliv.se/index_english.asp

http://www.tco.se/TCO_english-index.asp

 

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Portrait réalisé par Valérie Sniadoch dans le cadre du cours GIE 64375

" Relations humaines dans les affaires internationales",

Programme de Maîtrise en Études Internationales de l'Université Laval, Professeur Gérard Verna



[1] « L'État Providence (1945) a pour fonction de redistribuer les revenus grâce au développement de la solidarité avec la sécurité sociale»

 

[2] Mahon, Rianne, Sociologie et société, Vol. XXX, n°2, 1998, p1

[3] Mahon, Rianne, Sociologie et société, Vol. XXX, n°2, 1998, p2

[4] Mahon, Rianne, Sociologie et société, Vol. XXX, n°2, 1998, p2

[5] Mahon, Rianne, Sociologie et société, Vol. XXX, n°2, 1998, p9-10

[6] 1 Swedish Krona = 0.18036 Canadian Dollar

[7] Mahon, Rianne, Sociologie et société, Vol. XXX, n°2, 1998, p11-13