COMMUNIQUE DE PRESSE

Amnesty International Belgique francophone
Contact: MARIE NOEL, mnoel@aibf.be

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MEXIQUE

Les " disparitions " érigées en crime pour la première fois au Mexique
Index AI : AMR 41/043/00

23 août 2000

La décision prise par les autorités du district fédéral de Mexico d'ériger les " disparitions " en infractions pénales marque un progrès important dans la lutte contre cette grave forme de violation des droits humains. Ne manque plus à présent que la volonté politique de donner à ce geste une réelle portée, a déclaré ce jour (mercredi 23 août 2000) Amnesty International.

L'Asamblea Legislativa del Distrito Federal (Assemblée législative du District fédéral) a pris le 19 août une mesure qui fera date : elle a approuvé à l'unanimité l'adjonction au Code pénal de dispositions prévoyant que les représentants de l'administration du district fédéral reconnus coupables de " disparition " peuvent être condamnés à des peines comprises entre quinze et quarante ans d'emprisonnement.

" À présent, les autorités doivent impérativement mettre au point une stratégie afin d'empêcher de nouvelles "disparitions" et déférer à la justice les auteurs présumés de ces crimes, a commenté l'organisation de défense des droits humains. " De même, les autorités fédérales et celles de chacun des 31 États de la République mexicaine doivent, dans les meilleurs délais, inscrire la criminalisation de cette pratique dans la législation. "

Amnesty International continue de recevoir des informations faisant état de " disparitions " de personnes arrêtées par les forces de sécurité mexicaines, essentiel-lement dans le cadre d'opérations anti-insurrectionnelles et antidrogue. Par ailleurs, plus de 400 cas de " disparitions " survenues dans les années 70 et 80 n'ont toujours pas été éclaircis, ce qui prolonge la douleur indicible des proches des victimes et renforce leur sentiment d'injustice.

" Il faut mettre fin au climat d'impunité qui entoure et favorise la perpétration de violations des droits humains au Mexique, a affirmé Amnesty International. Les autorités doivent mettre en œuvre tous les moyens possibles pour faire la lumière sur chaque cas de "disparition", déférer à la justice les responsables présumés et indemniser comme il se doit les victimes et leurs proches. "

Complément d'information

L'initiative du texte sur les " disparitions " revient à Rosario Ibarra de Piedra, dont le fils, Jesús Piedra Ibarra, a " disparu " en 1975 ; il aurait été enlevé par la police judiciaire de l'État à Monterrey (État du Nuevo León). Les autorités n'ont jamais élucidé son cas, à l'instar de celui de plus 400 personnes. Au cours des vingt-cinq dernières années, Rosario Ibarra a inlassablement fait campagne pour amener les autorités à enquêter sur ces faits et à déférer à la justice leurs auteurs présumés. Au fil des années, Rosario Ibarra et les membres de l'organisation qu'elle a créée, le Comité Pro Defensa de Presos, Perseguidos, Desaparecidos y Exiliados Políticos (Comité pour la défense des prisonniers, des personnes persécutées ou "disparues " et des exilés politiques, également désigné sous le nom de Comité Eureka), ont été victimes de menaces et d'actes d'intimidation.

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