Grande conférence – Edoh Kossi Amenounvé
Date 29 octobre 2026
Heure 17h à 19h
Lieu Amphithéâtre Québecor (0610)
Événement gratuit
À propos de
l'événement
Le Laboratoire d’ingénierie financière de l’Université Laval (LABIFUL), en collaboration avec FSA ULaval, vous invite à la grande conférence d’Edoh Kossi Amenounvé, directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA).
Monsieur Amenounvé présentera le potentiel des économies africaines ainsi que les perspectives qu’elles offrent aux investisseurs de la diaspora et de l’international. Sa conférence s’articulera autour de la question suivante:
Comment les bourses africaines peuvent-elles être de véritables leviers du financement des économies du continent à l’ère de la transformation numérique et de la transition écologique?
La conférence sera suivie d’un cocktail de réseautage.
À l’heure où l’Afrique fait face à des défis majeurs de financement de son développement, les marchés de capitaux doivent davantage s’affirmer comme des instruments stratégiques de transformation économique. Ainsi, en marge des questions liées au développement des marchés boursiers africains, la problématique majeure est de s’interroger sur comment faire de ces marchés de véritables leviers de financement des économies du Continent, capables d’accompagner simultanément la transformation numérique, la transition écologique et l’émergence d’un nouveau modèle de croissance.
Dans cette perspective, les bourses africaines disposent d’un potentiel important. Elles permettent de mobiliser l’épargne domestique et internationale, de diversifier les sources de financement des entreprises et des États et d’orienter les capitaux vers les secteurs créateurs de valeur et d’emplois. Toutefois, pour jouer pleinement ce rôle, les bourses africaines doivent franchir une nouvelle étape de leur développement et devenir davantage accessibles, profondes, innovantes et intégrées.
La priorité est de mobiliser davantage l’épargne africaine. Le Continent dispose d’une épargne importante, mais celle-ci reste encore insuffisamment orientée vers le financement de l’économie productive. Les marchés de capitaux doivent donc renforcer leur capacité à transformer cette épargne en investissements de long terme. Cela suppose notamment d’élargir et de diversifier la base des investisseurs, en accordant une attention particulière aux investisseurs institutionnels, aux particuliers, à la diaspora africaine et aux jeunes générations.
La transformation numérique constitue à cet égard un puissant accélérateur. Elle offre la possibilité de réduire les coûts d’accès au marché, de simplifier l’intervention des investisseurs, d’améliorer la diffusion de l’information financière et de rapprocher les marchés boursiers des citoyens et des entreprises. La digitalisation peut également favoriser une plus grande transparence, une meilleure connaissance des investisseurs et une amélioration de l’efficacité des infrastructures de marché. Les bourses africaines s’attèlent à tirer pleinement parti des nouvelles technologies pour construire des marchés plus accessibles, plus rapides et plus inclusifs.
Cette transformation numérique doit cependant s’accompagner d’un renforcement de la confiance. La sécurité des infrastructures, la protection des investisseurs, la qualité de l’information financière et la cybersécurité deviennent des conditions essentielles du développement des marchés. L’innovation ne peut être durable que si elle repose sur un cadre réglementaire adapté et sur des standards élevés de gouvernance et de transparence.
La deuxième transformation majeure est celle de la transition écologique. L’Afrique est confrontée à un paradoxe : elle contribue relativement peu aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en étant particulièrement exposée aux conséquences du changement climatique. Dans le même temps, le Continent doit financer des investissements considérables dans les énergies renouvelables, les infrastructures résilientes, les transports propres, l’agriculture durable et l’accès à l’énergie.
Les marchés de capitaux ont donc un rôle déterminant à jouer dans la mobilisation des financements nécessaires à cette transition. Le développement des obligations vertes, sociales, durables et liées à des objectifs de durabilité constitue une réponse concrète à cet enjeu. Il permet de mettre en relation les besoins de financement des projets à impact avec les investisseurs recherchant à la fois rendement financier et impact environnemental ou social.
Pour être pleinement efficaces, ces instruments doivent toutefois s’inscrire dans des cadres crédibles, transparents et harmonisés, permettant aux investisseurs d’identifier clairement les projets financés et de mesurer leur impact. Les Bourses africaines s’inscrivent pleinement dans cette dynamique.
Le troisième levier réside dans l’intégration et la profondeur des marchés africains. La fragmentation actuelle des marchés constitue encore un frein à la mobilisation de capitaux à grande échelle. L’intégration régionale doit permettre d’élargir les viviers d’investisseurs, d’accroître la liquidité, de faciliter la circulation des capitaux et de donner aux entreprises africaines un accès plus important au financement. L’expérience de la BRVM et du marché financier régional de l’UEMOA démontre qu’un marché régional intégré peut constituer un puissant outil de mutualisation des ressources et de financement du développement.
Il est également nécessaire de renforcer le financement des PME et des entreprises en croissance, qui constituent l’essentiel du tissu économique africain mais restent encore largement dépendantes du financement bancaire. Les bourses africaines s’emploient à poursuivre l’innovation de leurs offres de services afin de proposer des solutions adaptées aux différentes catégories d’entreprises et à leurs besoins de financement.
Enfin, les bourses africaines doivent davantage se positionner comme des plateformes de financement de la transformation du Continent. Elles doivent contribuer à orienter l’épargne vers les priorités stratégiques de l’Afrique : infrastructures, industrialisation, numérique, énergie, transition écologique, entrepreneuriat et inclusion financière.
L’enjeu est de construire des marchés de capitaux africains qui saisissent l’opportunité de passer d’un rôle d’infrastructure financière à celui de véritables plateformes stratégiques de transformation économique.
La combinaison de la digitalisation, de la finance durable, de l’intégration régionale et de la mobilisation de l’épargne africaine à travers les marchés de capitaux peut permettre au Continent de mieux financer son propre développement et de renforcer progressivement son autonomie financière.
