La CLE Femmes et organisations décerne 4 bourses d’excellence
Lundi 9 avril 2018
La Chaire de leadership en enseignement – Femmes et organisations a récemment annoncé les récipiendaires de ses 4 bourses d’excellence 2017-2018. Chaque année, la Chaire décerne ces bourses visant à soutenir la réalisation d’un mémoire ou d’une thèse (2 bourses de 1 500$) ou encore d’un stage (2 bourses de 1 000$) en lien avec le thème «Femmes et organisations». La titulaire Sophie Brière a tenu à souligner la qualité des candidatures reçues cette année, les sujets d’étude étant «riches et diversifiés». Les bourses seront remises officiellement lors de la Cérémonie de l’excellence 2018 du 13 avril à FSA ULaval. Elles seront également soulignées dans le cadre de l’Université féministe d’été, le 24 mai 2018.Les récipiendaires
Andra Lorent
Andra Lorent, étudiante à la maîtrise en administration et politiques de l’éducation, rédige présentement son mémoire intitulé «Inégalité de parcours dans l’enseignement supérieur: le cas des femmes racisées issues de l’immigration». L’étude vise à donner la parole aux femmes dont les parcours universitaires peuvent avoir été influencés, directement ou indirectement, par des expériences de discrimination basées à la fois sur le sexe et sur l’origine raciale.
Andra Lorent, récipiendaire d’une bourse de maîtrise de la CLE Femmes et organisations
Dès le début de ses études en psychologie, Andra s’est intéressée à la situation des femmes marginalisées ou vivant en contexte de défavorisation socioéconomique, dans une perspective de justice sociale. Avec ses expériences diversifiées au sein du Ministère de l’Enseignement supérieur et à la condition féminine, Andra est sensibilisée au combat et à la position des femmes dans les organisations publiques, politiques, et plus particulièrement au sein des institutions d’enseignement supérieur. Elle poursuit des études de maîtrise en administration et politiques de l’éducation, sous la direction d’Annie Pilote, vice-doyenne à la recherche, aux études supérieures et à l’international de la Faculté des sciences de l’éducation. Quelle femme vous inspire le plus? Je suis inspirée par le parcours de Malala Yousafzai, cette jeune femme qui, par son courage et par sa détermination, incarne une cause qui me tient particulièrement à cœur: l’accès à l’éducation pour les femmes et les filles. Son combat acharné pour obtenir une éducation en dépit des dangers rappelle à quel point il est important d’être féministe en 2018. Ceci étant dit, j’ai la chance de travailler pour et avec des femmes exceptionnelles qui ont brisé le plafond de verre et se sont grandement distinguées dans des milieux traditionnellement masculins, autant en politique que dans l’enseignement supérieur. Elles constituent une source inépuisable d’inspiration quotidienne. Quels sont vos projets futurs? Je prévois déposer ma demande d’admission au doctorat en administration et politiques de l’éducation au courant de l’été. Je suis très emballée par l’idée de poursuivre mon projet de recherche et d’apporter ma contribution à un domaine de connaissances qui est encore peu abordé dans la littérature scientifique. J’aimerais également enseigner afin de transmettre ma passion pour le féminisme et pour l’éducation de façon plus large. Que représente «femmes et organisations» pour vous? Selon moi, la notion de «femmes et organisations» ne peut être séparée du combat actuel des femmes pour l’atteinte d’une zone paritaire dans les sphères du pouvoir et dans les instances décisionnelles et ce, peu importe le domaine. Je souhaiterais que par le biais de l’éducation, la reconnaissance du travail des femmes au sein des organisations devienne un allant de soi. Malheureusement, encore en 2018, la notion de «femmes et organisations» est associée au plafond de verre qui empêche les femmes de déployer leur plein potentiel. Or, j’espère que la prise de conscience collective que nous observons dernièrement permettra, au contraire, d’affirmer concrètement l’engagement collectif que nous avons pris en tant que citoyens pour l’égalité des sexes.Camille Michon
Camille Michon, étudiante à la maîtrise en psychopédagogie, travaille à son mémoire «Enquête sur l’expérience sportive des athlètes collégiaux et universitaires canadiens: Portrait des expériences vécues en sport par les athlètes transgenres». Le but ultime est de permettre à ces personnes de progresser ainsi que de saisir pleinement les opportunités de développement professionnel en contexte sportif.
Camille Michon, récipiendaire
Dans le cadre de sa recherche, Camille a collecté des données quantitatives grâce à un questionnaire en ligne qui a rejoint 25 athlètes transgenres ainsi que des données qualitatives obtenues lors d’entretiens individuels avec deux athlètes féminines qui s’identifient comme transgenres. La combinaison des statistiques ainsi que des témoignages pourront grandement aider à avoir une meilleure compréhension de l’expérience sportive des athlètes transgenres au Canada. Camille complète une maîtrise en psychopédagogie avec mémoire sous la direction de Guylaine Demers, professeure au Département d’éducation physique et titulaire de la Chaire Claire-Bonenfant – Femmes, Savoirs et Sociétés. Quelle femme vous inspire le plus? À cette question, deux femmes me sont venues en tête immédiatement. D’abord, ma mère, pour sa vision des femmes dans notre société, ses valeurs transmises tout au long de mon éducation et ses encouragements à continuer mes études. Puis, ma directrice de mémoire, Guylaine Demers, qui est pour moi l’une des figures les plus inspirantes qui soient dans ma vie. Sa passion, sa détermination, son audace et sa combativité à continuellement vouloir faire progresser l’inclusion des femmes dans toutes les sphères du sport représentent des éléments de motivation cruciaux dans mon cheminement académique. Assurément, c’est grâce à ces deux femmes que je suis devenue la femme que je suis aujourd’hui. Quels sont vos projets futurs? Après la réalisation de mon mémoire, mon intention est de m’associer avec des organismes comme Égale Action et le Réseau du sport étudiant du Québec de manière à les assister dans l’élaboration de formations éducatives auprès des fédérations, des entraineurs, des parents et des athlètes. De plus, les résultats issus de cette recherche pourraient servir à mettre de l’avant des politiques d’inclusion et des règlementations pertinentes dans les organisations sportives afin d’intégrer de façon efficace et sécuritaire les athlètes transgenres dans tous les sports. Que représente «femmes et organisations» pour vous? Pour moi, «femmes et organisation», c’est concrètement le levier qui permet d’avoir un impact direct pour l’inclusion des femmes en contexte sportif. En effet, si des changements se produisent au sein même de la structure de l’organisation sportive grâce à l’adoption de valeurs liées à l’équité, alors l’inclusion des femmes athlètes transgenres devient possible.Maïmounatou Altini Yattara
Maïmounatou Altini Yattara est étudiante au doctorat sur mesure en développement rural intégré (DRI) à l’Université Laval et à l’Institut polytechnique rural de formation et de recherche appliquée de Katibougou au Mali. Sa thèse, «Empowerment et économie sociale et solidaire pour la réduction des inégalités de genre au Mali: étude de 4 centres d’autopromotion des femmes dans les régions de Koulikoro, Kayes», porte sur l’implication des femmes au sein des organisations qui produisent, transforment et vendent des produits locaux et agricoles.
Maïmounatou Yattara Altini, récipiendaire d’une bourse doctorale de la CLE Femmes et organisations
Maïmounatou positionne son pays natal, le Mali, au cœur de ses recherches. Sa thèse, «Empowerment et économie sociale et solidaire pour la réduction des inégalités de genre au Mali: étude de 4 centres d’autopromotion des femmes dans les régions de Koulikoro, Kayes» porte sur l’implication des femmes au sein des organisations qui produisent, transforment et vendent des produits locaux et agricoles. Elle réalise présentement un doctorat sur mesure en développement rural intégré, sous la direction de Patrick Mundler, professeur à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation, et d’Isabelle Auclair, professeure au Département de management. Quelle femme vous inspire le plus? La femme qui m’inspire le plus est celle qui défend et se bat pour les causes des femmes en général et celles des milieux ruraux en particulier. Je viens d’une minorité ethnique qui subit de nombreuses injustices et avant même de me former dans le domaine agricole, j’étais déterminée dans la lutte contre les injustices. Avec mes stages et interventions dans le milieu rural, j’ai été beaucoup affectée par la souffrance qu’endurent mes sœurs qui vivent dans ce milieu sous une forte tradition et une domination masculine fortement internalisée. C’est ce qui a amplifié ma détermination à m’engager dans la lutte contre les injustices que subissent les femmes et les personnes en situation de vulnérabilité. Quels sont vos projets futurs? Dans l’avenir, après la thèse, je formulerai un ou des projets qui découleront des résultats de recherche de ma thèse et qui pourront contribuer à aider les femmes sans revenu en général et les femmes rurales en particulier à développer leur confiance en soi et leur estime de soi, car c’est une pièce importante dans le processus d’empowerment des femmes sous domination masculine. Ces projets fouilleront à fond les barrières traditionnelles qui bloquent les femmes dans cette situation de subordination afin de trouver des failles exploitables pour mieux aider les femmes rurales à exercer des activités dans une action collective plus forte et plus dynamique et générer des revenus qu’elles pourront gérer à leur guise. Que représente «femmes et organisations» pour vous? Pour moi «femmes et organisations», c’est la conjugaison des efforts afin de construire un groupe ou des groupes plus fort(s) qui font bouger les choses, même celles qui paraissent difficiles ou impossibles à changer. Dans «femmes et organisation», je vois également la construction d’une nouvelle identité plus forte qui arrive à donner plus de reconnaissance aux statuts des femmes dans les communautés. C’est aussi une forte implication des femmes dans les décisions politiques afin d’amener les hommes à changer leur vision sur le statut des femmes et aller vers une communauté et une société plus égalitaire. Il s’agit donc de structures au sein desquelles les femmes vont développer de nombreuses compétences à travers les formations, l’information et les échanges d’expériences.Emilie El Khoury
Emilie El Khoury, étudiante au doctorat en anthropologie, rédige sa thèse «Lutte armée ou radicalisation violente? Expériences subjectives et perspectives de femmes beyrouthines, bruxelloises et montréalaises de confession musulmane». Elle s’intéresse à la radicalisation violente depuis la montée de Daesh (ISIS), et des pressions de tous genres qu’elles subissent depuis que Daesh existe et est reconnu mondialement.
Emilie El Khoury, récipiendaire
Belgo-libanaise, Émilie s’intéresse à l’impact que Daesh (mieux connue sous le nom d’État islamique, c’est une organisation terroriste, militaire et politique) a eu sur la société aujourd’hui, et plus spécifiquement sur les personnes de confession musulmane. Son terrain de recherche vise à mettre en relief les perceptions et les représentations subjectives des femmes musulmanes de toutes obédiences confondues, provenant de trois villes différentes – Montréal, Beyrouth et Bruxelles – en lien avec la radicalisation violente depuis la montée de Daesch. Après avoir complété un Master en anthropologie à l’Université libre de Bruxelles et un DEA en anthropologie à l’Université Libanaise de Beyrouth, elle a choisi de poursuivre ses recherches de doctorat à l’Université Laval, sous la direction d’Adbelwahed Mekki-Berrada, professeur au Département d’anthropologie. Quelle femme vous inspire le plus? J’avoue qu’il y en a plusieurs, dont Margueritte Yourcenar, Saba Mahmood, Firouzeh Navahandy. Mais si je dois choisir une personne, ça serait Ruth Benedict. Cette femme de renom a fait des travaux fondateurs sur le rôle de la culture et de la personnalité en anthropologie. Sa curiosité, sa persévérance et son implication m’inspirent chaque jour. Quels sont vos projets futurs? Dès que je finirai mon doctorat, j’aimerais devenir une professeure en anthropologie ou faire un postdoctorat. J’aimerai aussi pouvoir continuer de faire de la recherche en parallèle de ma future activité d’enseignement dans un centre de recherche ou dans un organisme qui me permettra de le faire. Que représente «femmes et organisations» pour vous? À mon sens, ça peut faire référence à des femmes qui font partie d’une organisation quelconque ou au contraire à des femmes qui seraient associées directement ou indirectement, avec ou sans leur consentement, à une ou des organisations. Par exemple, ces femmes qui n’ont pas accès à des organisations, car les barrières systémiques et la pression sociale les empêchent d’atteindre leurs objectifs. Ou bien ces femmes qui se distancient d’organisations, je pense à Daesh, mais qu’elles se font tout de même engouffrée contre leur gré. J’ose croire que l’avenir réserve une plus grande inclusion et une plus grande compréhension des femmes.À propos de la Chaire
Créée en 2014, la Chaire de leadership en enseignement – Femmes et organisations souhaite porter un nouveau regard sur la place des femmes au sein des organisations et mieux comprendre les différents contextes et dynamiques qui engendrent leur sous-représentation dans différents domaines. Elle a ainsi comme objectif d’identifier des stratégies et moyens novateurs susceptibles d’amener des résultats plus significatifs et durables. Félicitations aux lauréates!Dernières nouvelles
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